« Il y a des gens qui pensent que les organisations syndicales, on est toujours en chicane. C’est vrai que parfois, on a des secteurs qui s’accrochent. On a parfois des décisions à prendre, comme est-ce que l’on s’affilie à un tel ou un autre, ça fait partie de notre vie et on est d’accord avec ça. La multiplicité des organisations syndicales ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solidarité entre nous… Quand on est devant un phénomène qui fait en sorte de viser à briser l’unité syndicale, c’est là que notre solidarité revient, au-delà de notre affiliation syndicale », a lancé le président de la CSN pour bien faire sentir la présence de sa centrale devant les syndiqués Métallos de l’Usine Alma.
D’ailleurs, juste avant que le président de la CSN ne prenne la parole, deux ambulances sont passées devant les travailleurs, tous feux clignotants et sirènes au vent. Les ambulanciers sont membres de la CSN et ont posé ce geste en guise de support.
« Depuis 150 ans, les travailleurs et les travailleuses se battent contre les industries, pas pour les mettre à terre mais bien pour avoir des conditions de travail. C’est ça le sens du syndicalisme au Québec et partout sur la planète. Aujourd’hui, on voit des compagnies comme la vôtre qui essaient de nous ramener 100, 150 ans en arrière. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’ils veulent briser fondamentalement ? Oui, ils veulent diminuer nos conditions de travail mais ce qu’ils veulent briser, c’est la solidarité ouvrière. Quand tu as juste des sous-traitants dans une usine, il n’y en a pas de solidarité entre ces travailleurs là. C’est impossible et même à la limite, ils ne se connaissent pas, donc, ils ne se parlent pas… Ils ne veulent plus de regroupements syndicaux comme le vôtre qui se tiennent debout et qui sont capables de leur faire face », a lancé avec force Louis Roy.
Du côté de la CSN, une des raisons qui pousse ce syndicat à venir appuyer les gars d’Alma, c’est que Rio Tinto Alcan est aussi en lutte avec la CSN.
« Rio Tinto Alcan, on les connait bien nous aussi. C’est aussi le patron de plusieurs de nos membres. On les connait bien aussi au niveau international alors que ça fait des années qu’il y a des rencontres entre les syndicats qui vivent sous une multinationale. On fait ces rencontres internationales car ça fait longtemps qu’on s’est rendu compte que quand ils décident de faire un modèle (patern) à quelque part, ils essaient après ça de le passer partout sur la planète. Les affaires de principe, comme la sous-traitance, ils vont s’essayer partout. Ils ont déjà commencé, ils n’ont pas été capables à certains endroits et là ils s’essaient encore aujourd’hui et c’est pour ça qu’il faut tenter de les arrêter maintenant car c’est compagnies là, quand elles commencent, elles n’arrêtent pas… Il n’est pas question de les laisser passer ici à travers le syndicat d’Alma pour imposer la sous-traitance », de conclure Louis Roy.
« Quand on est devant un phénomène qui fait en sorte de viser à briser l’unité syndicale, c’est là que notre solidarité revient, au-delà de notre affiliation syndicale » - — Louis Roy, président de la CSN
Le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Marc Maltais, est ensuite revenu au micro pour demander à tous une minute de silence en l’honneur et en souvenir du confrère Robin Turgeon de la Compagnie du chemin de fer Roberval Saguenay, décédé tragiquement au travail dimanche dernier.
Cette minute de silence a été respectée à la lettre et quelques travailleurs ont même porté une mitaine à leur visage pour essuyer quelques larmes.
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