Le texte de base de ce que l’on peut qualifier de « résolution Asselin » a été déposé hier soir à la table du conseil de Ville d’Alma. Quelques instants auparavant, lors d’une rencontre à huis clos, le document a été présenté aux représentants syndicaux, à leur grande satisfaction.
Il est proposé et résolu unanimement:
« que le conseil de Ville d’Alma demande au gouvernement du Québec, par le biais du premier ministre, monsieur Jean Charest, d’utiliser tous les moyens nécessaires afin d’obliger la société Rio Tinto Alcan inc. et le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma à revenir à la table de négociation, et ce, afin de dénouer l’impasse actuelle et de trouver rapidement une solution au conflit de travail qui affecte cruellement le tissu social ainsi que l’économie régionale du Saguenay—Lac-St-Jean. »
Les quatre MRC de la région, soit Lac-St-Jean-Est, Domaine-du-Roy, Maria-Chapdelaine et du Fjord-du-Saguenay de même que Ville de Saguenay devraient adopter, si ce n’est déjà fait, un texte similaire.
Jeudi, Marc Asselin jouera une carte maîtresse dans ce dossier alors qu’il présentera sa résolution aux membres de la Conférence régionale des élus afin d’obtenir leur assentiment.
Sans vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, Marc Asselin est confiant de rallier tous les élus politiques municipaux de la région derrière lui.
Il a déjà déposé une demande officielle de rencontre avec le premier ministre Jean Charest qui sera de passage à Saguenay, le 23 février prochain.
« Au moment où on se parle, je n’ai pas eu de réponse officielle. Avec un dossier bien étoffé comme celui-là et un appui de l’ensemble de la région et jeudi, je vais présenter cette résolution aux élus de la CRÉ. À partir de là, nous allons avoir un poids politique suffisamment lourd pour avoir l’aide du premier ministre dans ce dossier là. C’est à dire que le premier ministre a le pouvoir de demander à ce que les parties se rassoient à la table de négociation pour trouver une solution. C’est bien important, car il ne faut pas laisser aller cette problématique là sur un long terme car ça va ne faire que de dégénérer », a soutenu Marc Asselin à l’issue de la séance spéciale du conseil où la résolution a été acceptée.
Marc Asselin rappelle qu’il travaille sur cette résolution depuis un certain temps, même avant que les syndiqués de l’Usine Alma ne lui rendent visite. Il se demandait comment convaincre les gens d’appuyer et sur quel principe on devait bâtir cette résolution.
Le référendum de la CRÉ passé en 2005 sur l’utilisation de nos ressources naturelles est devenu la clé de voute du projet de résolution.
« Jeudi, je vais présenter cette résolution aux élus de la CRÉ. À partir de là, nous allons avoir un poids politique suffisamment lourd pour avoir l’aide du premier ministre dans ce dossier là » - — Marc Asselin, maire de Ville d’Alma
Dans une proportion de 92 %, la population régionale avait alors donné un mandat très clair en regard que toute l’énergie privée, produite dans la région à des fins industrielles, serve exclusivement au développement industriel et à la création d’emplois au Saguenay—Lac-St-Jean.
« Ce référendum est universel en ce sens où tous ceux ici au niveau des entreprises qui se servent de nos ressources naturelles, la population exige en échange que l’on fasse travailler nos gens chez nous avec cette énergie. C’est cette approche là que j’ai pris. J’ai sondé plusieurs personnes et avec l’intervention du syndicat, la semaine passée, ça l’a précipité les choses. Ça l’a permis au niveau médiatique d’informer les autres élus et ça l’a été plus simple dans les discussions qui ont suivies », mentionne Marc Asselin.
Ce dernier rappelle également que depuis le début, ce dossier là dépasse largement les frontières d’Alma. C’est régional comme impact, d’où la nécessité d’une résolution régionale unanime.
Vente d’énergie
La résolution Asselin y va de considérants très larges sur le conflit et ses conséquences directes sur les 800 travailleurs syndiqués et l’ensemble de l’économie de la région.
Une fois le principe de l’utilisation de nos ressources naturelles bien exposé dans les considérants, la résolution vise directement un des nœuds du problème.
« Considérant que les élus municipaux déplorent le fait que la réduction de production d’aluminium à l’usine Alma occasionnée par ce lock-out permet à la société Rio Tinto Alcan de vendre l’électricité inutilisée à Hydro-Québec, plutôt que de servir aux emplois tel qu’affirmé par cette consultation populaire du 6 novembre 2005. »
Le texte réaffirme également que « les élus municipaux considèrent que la stabilité et la paix sociale font partie des éléments essentiels d’attraction pour investir dans notre région, notamment la phase II de l’aluminerie Alma ».
Ainsi, tous les éléments sont mis sur la table et le maire Marc Asselin entende défendre avec acharnement sa résolution devant le premier ministre Jean Charest lors de la rencontre dont il anticipe la confirmation pour le 23 février prochain.
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