Jean Poirier à titre de médiateur spécial au dossier, secondé par le conciliateur Jean Nolin, a donc fait son travail de forcer un rapprochement des parties qui pourrait déboucher sur un avancement dans ce dossier qui stagne depuis le premier janvier dernier au moment ou la haute direction de Rio Tinto Alcan a imposé un lockout à ses quelque 780 travailleurs de l’Usine Alma.
Lundi, vers 16 h 30, la partie syndicale est allée rejoindre la partie patronale pour une première rencontre de quelque 60 minutes qualifiée de positive.
Puis, mardi, une autre rencontre face-à-face s’est déroulée entre les parties où l’on a convenu de la reprise des négociations une fois que l’on aura harmonisé les horaires de chacun.
Du côté de la compagnie, on a déjà fait savoir que l’offre finale déposée à la fin de décembre dernier ne tient plus attendu qu’elle a été rejetée massivement par les travailleurs.
Quant au syndicat, la question du plancher d’emploi ainsi que la sous-traitance demeurent des enjeux majeurs dans ce conflit.
Depuis le début du conflit cependant, les deux parties ont mentionné à quelques reprises qu’elles étaient « condamnées à s’entendre » et naturellement que tous souhaitent que cette fois-ci sera la bonne et que l’on pourra déboucher sur un règlement satisfaisant pour les deux parties.
Cette reprise des négociations ne signifie pas pour autant que les parties révisent leur actuelle position. Du côté de la direction le lockout à l’Usine Alma est maintenu.
Du côté syndical, les membres de l’exécutif affichaient fièrement leur chandail orange pour aller s’asseoir à la table de négociation.
Également, il n’est pas question pour le moment de déroger au plan de match et la grande manifestation du samedi 31 mars prochain est toujours maintenue.
On attend jusqu’à 10 000 militants syndicaux de partout à travers le monde qui seront présents à Alma. Notamment, les officiers de différents syndicats à travers la planète devraient représenter plusieurs dizaine de millions afin de faire sentir à la haute direction de Rio Tinto qu’elle est surveillée dans ses agissements partout sur la terre.
Sur les lignes de piquetage depuis le 31 décembre et officiellement en lockout depuis le 1er janvier dernier, les quelque 780 travailleurs de l’aluminerie Alma tiennent les rangs serrés aux entrées de l’usine alors que le site du bureau du syndicat, sur la rue des Pins, est devenu le lieu quotidien de rencontres et de manifestations de toutes sortes.
« Depuis le début du conflit cependant, les deux parties ont mentionné à quelques reprises qu’elles étaient condamnées à s’entendre » -
Hier notamment, un parasol a fait son apparition et des manifestants en shorts profitaient du beau temps pour promener leurs traditionnelles pancartes.
Réactions d’Étienne Jacques
En fin d’après-midi, nous n’avions pas encore reçu d’informations sur la réaction du no 1 régional de Rio Tinto Alcan.
Étienne Jacques, chef des opérations, Rio Tinto Alcan Métal primaire Amérique du Nord, prononçait une allocution à Montréal dans le cadre d’un déjeuner-causerie de la Série Enjeux - La tribune des industriels, organisé par Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ).
Sa conférence avait pour thème: « Rio Tinto Alcan, une figure de proue de l'industrie de l'aluminium au Québec et au Canada ».
Étienne Jacques devait tenir un point de presse à l’issue de cette conférence et devait répondre aux questions des journalistes.
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