Tous ces calculs sont basés sur des chiffres officiels de la compagnie, de sources syndicales, de documents publics d’économistes et de documents officiels d’Hydro-Québec.
Ainsi, pour la période de trois mois, du premier janvier au 31 mars, soit un cycle de 91 jours, RTA a vendu pour quelque 40 millions $ en énergie non utilisée à Hydro-Québec. La salle de cuves Girard, toujours en opération, a produit quant à elle quelque 36 400 tonnes de métal gris. Au prix moyen de 2100 $ la tonne, sur trois mois, à la bourse LME des métaux à Londres, cette production a généré des revenus anticipés de 76 440 000 $, soit des revenus nets de quelque 34 millions $ basé sur un coût de production de quelque 1167 $ la tonne à l’Usine Alma.
Précisons que ce coût de production de 1167 $ la tonne à l’Usine Alma provient d’un document de la compagnie qui a été élaboré sur la base du tarif L d’Hydro-Québec de 4,5 cents du kwh (43 $ le mégawatt/heure) afin de créer un comparatif de la performance de l’Usine Alma par rapport aux autres alumineries au Québec qui bénéficient du même tarif L grande puissance fournie par Hydro-Québec. Cependant, le réseau hydroélectrique de RTA produit à un coût avoisinant le 1,2 cent du KWH, bien en deçà du tarif L, ce qui influe à la baisse son coût de production à l’Usine Alma. Certaines sources parlent même d’un coût de production inférieur à 1000 $ la tonne.
Et finalement, à raison de 2 145 000 $ en salaires et avantages sociaux non versés à chaque semaine, les premières semaines de conflit, du premier janvier au 31 mars, soit 13 semaines, cela représente un autre montant de 27 885 000 $ que RTA n’a pas eu besoin de décaisser.
Le grand total pour ces trois mois est donc de 102 114 500 $. Si on annualise ce chiffre, on en arrive à un montant de 408 458 000 $ pour l’année 2012 que pourrait générer l’Usine Alma dans les coffres de RTA en vente d’électricité, de métal et en salaires et avantages sociaux épargnés.
Si on se base sur le même calcul. Si l’usine était en pleine opération à raison de 438 000 tonnes de métal par an et si ce métal était vendu à un prix moyen LME de 2100 $ la tonne, le tout génèrerait alors des revenus bruts de 919 800 000 $. Si on calcul le coût de production de ces 438 000 tonnes à raison de 1167 $ la tonne, il en aurait coûté 511 146 000 $ de frais de production pour ainsi dégager une marge de bénéfice de 408 654 000 $ en pleine opération comparé à 408 458 000 $ dans une usine en conflit et produisant au tiers de sa capacité réelle.
« Ces chiffres là, ça met en évidence le scandale que l’on dénonce depuis le début et ça remet du poids sur notre argumentation. Tant et aussi longtemps que le rapport de force ne sera pas égal, avec des ventes de quelque 40 millions $ en électricité à Hydro-Québec, quel est l’intérêt pour cette compagnie-là de revenir s’asseoir à la table de négociation » - — Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma
Invité à commenter ces chiffres, Marc Maltais, président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma s’est montré cinglant :
« Ces chiffres là, ça met en évidence le scandale que l’on dénonce depuis le début et ça remet du poids sur notre argumentation. Tant et aussi longtemps que le rapport de force ne sera pas égal, avec des ventes de quelque 40 millions $ en électricité à Hydro-Québec, quel est l’intérêt pour cette compagnie-là de revenir s’asseoir à la table de négociation. Leur seul intérêt est mathématique et ils font de l’argent pareil», clame Marc Maltais.
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