Les gens qui vivent au bord du lac Saint-Jean connaissent bien le « bois de grève » que les vagues rejettent sur la rive. Cependant, il y en a une autre forme. En effet, depuis mercredi matin, les employés syndiqués de l’Usine Alma font la queue derrière le bureau du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma pour y récupérer une, deux ou trois cordes de « bois de lockout» qu’ils ont racheté, maintenant que le conflit de travail est terminé. Chaque corde est revendue 30 $ et l’argent retournera dans le compte courant du Syndicat pour amortir en partie les frais du conflit de travail. Plus de 200 cordes de bois de chauffage étaient ainsi disponibles.
« On était prêts… », a commenté avec le sourire le président Marc Maltais quand il a été questionné sur ce sujet.
Lors du déclenchement du conflit, au début du mois de janvier, le syndicat avait mis en place trois points stratégiques de piquetage, soit sur l’Avenue des Pins, près de l’entrée de l’usine, aux coins de l’Avenue Boudreault et du boulevard Maurice-Paradis ainsi qu’en face de la bâtisse du syndicat.
À ces trois endroits, on avait installé des foyers afin de permettre aux lockoutés de se réchauffer près du feu, lors des journées froides de l’hiver dernier.
Au début du conflit, les dons en bois de chauffage sont arrivés de partout, de la part de syndicats, du député Claude Patry, des travailleurs de l’usine Grande-Baie, de simples citoyens ou d’entreprises solidaires à la cause des travailleurs.
« Plus de 200 cordes de bois de chauffage étaient bien cordées derrière la bâtisse du syndicat » -
Ce bois donné généreusement a été utilisé en premier.
Également, le syndicat a procédé à l’achat de bois en longueur. Lors de leurs quarts de piquetage devant la bâtisse du syndicat, les lockoutés avaient le loisir de se rendre dans la cour arrière pour y scier en buches ces arbres, les fendre et les corder en prévision d’accumuler des réserves si le conflit devait perdurer.
C’est ainsi que plus de 200 cordes de bois de chauffage étaient bien cordées derrière la bâtisse du syndicat.
Les employés en profitent donc pour s’approvisionner en bois de première qualité, à un prix plus qu’intéressant.

