Avec la même transparence qui a guidé les responsables du projet depuis le début, aucune question n’a été évitée et les spécialistes assis en avant ont répondu avec franchise et précision à toutes les interrogations et craintes venant autant des résidents à proximité de l’aéroport que de la part des nombreux pilotes privés que l’on retrouvait dans l’assistance.
Les compagnies associées comme CAE et Aviatech Services Techniques de même que le Centre de formation québécois en aéronautique du Cégep de Chicoutimi étaient présents.
Le directeur général de l’Aéroport d’Alma, Nicol Minier a longuement expliqué la constitution du CED, un organisme sans but lucratif qui vise à recruter une vingtaine de membres officiels d’ici juin 2012.
Il a ensuite mis en relation le lien étroit qui subsistera entre le Centre et la 3e Escadre à Bagotville pour la surveillance-radar, les communications et l’utilisation des zones aériennes de la région, dont la zone de l’aéroport d’Alma, le corridor menant vers le lac Saint-Jean puis en direction du secteur Nord de St-Ludger-de-Milot pour des pratiques.
Notamment, à l’intérieur de la zone aérienne désignée de l’aéroport d’Alma qui s’étend cinq kilomètres autour de l’aérogare, les drones devront prendre une altitude de plus de 3000 pieds avant de quitter vers les zones de pratique.
À cet effet, Christian Larouche, superviseur des opérations et ancien chef des opérations à la Base de Bagotville a été très clair : les avions utilisés seront dirigés par un pilote expérimenté à partir du sol et non pas des avions programmés d’avance pour effectuer une mission donnée.
Chaque vol sera donc extrêmement bien encadré et au moment du décollage ou de l’atterrissage d’un drone, l’aéroport sera fermé pendant une heure ou deux à toute circulation aérienne pour les pilotes privés ou commerciaux.
Cependant, toutes les personnes intéressées sauront toujours 48 heures à l’avance la tenue d’un tel exercice.
C’est notamment pourquoi la zone aérienne de l’aéroport sera placée sous le couvert d’une zone de fréquence obligatoire pour tous les pilotes qui y entreront.
Cette particularité ne devrait pas faire une grande différence pour les pilotes privés qui empruntent l’aéroport et qui ont déjà recours aux moyens traditionnels de communication par radio pour obtenir des informations sur la météo, les conditions de la piste ou la circulation aérienne dans le secteur.
Premier projet
Le premier projet qui verra véritablement le jour au sein du CAD sera le projet MISKAN de la firme CAE.
Comme l’a d’ailleurs expliqué Gilles Laflamme, directeur des solutions opérationnelles, ce projet consiste à faire l’essai en vol de différents senseurs développés par l’entreprise pour analyser par exemple au sol, à partir des airs, l’état des feux de forêt, l’état des cultures, la vérification des installations des lignes électriques ou des pipelines, etc…
À cet effet, CAE utilisera un petit avion drone, le Diamond DA42, fabriqué ici au Canada, à London en Ontario et qui a la pleine autorisation de Transport Canada qui supervise et autorise toute activité au CED.
Cet appareil a plus de 500 000 heures de vol à son actif et son contrôle sous télécommande à partir du sol a plus de 100 000 heures de tests. Il a été choisi pour sa capacité portante de quelque 415 kilogrammes de charge.
Le Centre devrait générer, d’ici 2018, quelque 20 emplois et des retombées économiques directes de quelque 70 millions $ dans la région » -
Quand ce projet démarrera en 2012, l’entreprise CAE prévoit faire des tests pendant 6 à 8 mois à raison de deux ou trois vols par semaine. Ces vols seront toujours effectués de jour et jamais au-dessus de zones urbaines.
Avenir prometteur
En 2009, au moment où l’Aéroport d’Alma a entamé ses démarches pour créer son Centre d’excellence des drones, ce marché représentait mondialement un potentiel de quelque 4,4 milliards $. Il est présentement de 8,7 MM $ et devrait atteindre 62 MM $ d’ici 10 ans.
Dans l’industrie aérospatiale mondiale, le Canada est au 4e rang et toute cette activité se déroule à quelque 63 % au Québec.
Questionné sur la part de marché que le CED pourrait retirer de cette manne, on estime que les revenus directs prévus seront de 17 833 600 $ d’ici 2018 et que l’ensemble des activités et dépenses dans la région relié aux activités du CED devrait atteindre quelque 70 M $ à la même date.
La possibilité de réaliser des tests quatre saisons, la présence d’un territoire sécurisé et la grande disponibilité des fréquences radio sont des éléments clés qui militent en faveur du CED.
« C’est une question de timing. On est à la bonne place au bon moment et c’est à nous d’aller chercher notre part », a lancé avec enthousiasme Pascal Pilote, président d’Aéroport Alma visiblement grandement satisfait de la participation à cette soirée.
