La CSST a rendu publiques ce matin les conclusions de son enquête afin de sensibiliser les milieux de travail à l’importance d’utiliser un système de retenue tel que la ceinture de sécurité lors de l’utilisation de chariots élévateurs. De plus, elle rappelle aux employeurs leur obligation de s’assurer que l’organisation du travail et les méthodes et techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. Rappelons que depuis 10 ans, en moyenne chaque année au Québec, trois travailleurs perdent la vie lors d’accidents impliquant un chariot élévateur.
Le chariot élévateur se renverse
Le jour de l’événement, Luc Tremblay charge, à l’aide d’un chariot élévateur, la remorque destinée à la récolte de brocolis. Il y dépose une première palette contenant des boîtes de carton, puis une deuxième. Au moment d’aller en chercher une autre, il recule et braque les roues sur une dalle de béton comportant un dénivelé de 35 cm. Le chariot élévateur franchit le dénivelé et se renverse. Éjecté de son poste de conduite, Luc Tremblay est écrasé par le cadre de protection. Son décès est constaté à l’hôpital.
La CSST retient trois causes
Le franchissement d’un dénivelé de 35 cm, pendant un virage à gauche en marche arrière, provoque le renversement du chariot élévateur. De plus, l’opérateur est libre de tout système de retenue à l’intérieur du poste de conduite du chariot élévateur. Finalement, la gestion de la sécurité des travaux est déficiente puisque l’employeur laisse à l’opérateur du chariot élévateur le choix des méthodes et des techniques pour accomplir le déplacement et le chargement de la remorque.
La CSST exige de sécuriser la zone de travail et le port de la ceinture
À la suite de l’accident, la CSST a exigé de l’employeur Potager Grandmont de sécuriser le dénivelé en bordure de la dalle de béton et de s’assurer en tout temps du port de la ceinture de sécurité lors de l’utilisation de chariots élévateurs.
La CSST considère que Potager Grandmont a agi de manière à compromettre la sécurité des travailleurs.
En conséquence, un constat d’infraction lui a été délivré. Pour ce type d’infraction commise après le 1er juillet, l’amende peut varier de 10 000 $ à 40 000 $.
L'utilisation d'un dispositif de retenue : une exigence
Le port de la ceinture de sécurité est obligatoire pour les caristes. En plus d'exiger la présence d'un système de retenue (telle une ceinture de sécurité) empêchant le cariste d'être écrasé par la structure du chariot lors d'un renversement, le Règlement sur la santé et la sécurité du travail précise que ce dispositif de retenue doit être utilisé.
Pour contrer les accidents, il importe pour l’employeur de bien gérer la santé et la sécurité du travail dans son entreprise. Il doit planifier, organiser et diriger les travaux, notamment en identifiant et en corrigeant les situations à risque, en établissant les bonnes méthodes de travail, en s’assurant que les travailleurs les appliquent et en leur rappelant les mesures de sécurité qu’ils doivent prendre.

