C’est avec le sourire que Noël Doyle et sa conjointe rencontrent les journalistes depuis 6h en ce mardi matin, le lendemain de la diffusion de l’émission Dans l'oeil du dragon. Lors de son passage devant le jury d’entrepreneurs chevronnés, l’Almatois a fait l’unanimité avec sa Cordoclip.
Du jour au lendemain, il est passé d’un inconnu avec un projet, à un entrepreneur entouré d’une solide équipe de gens expérimentés. «Je veux profiter de la manne, dit-il. Ça fait 30 ans que j’attendais cela.»
L’entrepreneur almatois considère que ce type d’opportunité n’arrive qu’une fois dans une vie. «Il y a cinq dragons indépendants de fortune et emballés par mon produit. Je me fie à leur expertise pour mener à un niveau international mon produit», soutient M. Doyle.
Dans les prochaines semaines, les équipements d’une valeur d’environ 500 000$ qu’il avait entreposés à Montréal se remettront en marche et une ligne téléphonique prendra les commandes. «J’aimerais que l’assemblage se fasse ici à Alma. Nous essayons de gérer les sous, même si nous avons l’appui des dragons», précise l’homme d’affaires.
De père en fils
L’invention de la Cordoclip revient à son père qui lui a ensuite légué son idée: «J’étais convaincu du succès après une année, mais il y a beaucoup d’étapes avant la mise en marché: le brevetage, les études de marché, les analyses de coûts, etc.»
Selon M. Doyle, le plus difficile est de trouver des investisseurs: «Nous vivons dans un monde dur en affaire. Quand on négocie, tout le monde essaie de tirer le maximum de profit. Le projet bloquait tout le temps à l’étape de l’argent. On a toujours espoir de trouver, mais ça a pris 30 ans».
Même si son père est aujourd’hui décédé, Noël Doyle est convaincu qu’il l’a aidé dans ses démarches. «Je sens qu’il est là et je sens que ma mère m’aide aussi», affirme-t-il avec émotion.
Un moment stressant
La candidature de Noël Doyle n’avait pas été retenue par Radio-Canada. L’homme d’affaires a donc décidé d’aller passer des auditions à Chicoutimi et il a été sélectionné. Son passage devant les dragons a été un moment très stressant: «Nous avons passé par toutes les gammes d’émotions. J’avais un texte préparé et je bloquais tout le temps quand j’essayais de le pratiquer. La veille, j’avais passé une nuit blanche. J’ai décidé de laisser tomber mon texte et d’y aller avec mes tripes».
«Les Dragons c’est le tournant d’une vie. Je me disais que s’il y en avait juste un de mon bord, ça fonctionnerait, raconte Noël Doyle. Quand on sait que c’est une émission vu par des milliers de personnes et qu’on a de l’orgueil, on ne veut pas être la risée ». Loin d’être la risée, M. Doyle a obtenu l’accord de «cinq dragons en 3 secondes».
Après avoir tant travaillé pour arriver à ses fins, il peut maintenant savourer son succès, ce qui ne l’empêche pas de s’inquiéter des autres entrepreneurs. «Je trouve cela déplorable le manque de ressources dans la région pour les entrepreneurs. Ça les empêche d’aller plus loin dans leur rêve», conclut-il.
