Notamment, à cet effet, dans un protocole d’entente intervenu entre la municipalité et al coopérative, St-Gédéon dispose d’un premier droit de refus pour s’impliquer financièrement dans le projet.
C’est donc une autre rencontre houleuse sur cette question qui s’est déroulée vendredi, à la salle municipale de St-Gédéon. Notamment, on remarquait dans le coin arrière de la salle la présence de deux policiers de la Sûreté du Québec, demandés par la municipalité pour éviter tout débordement.
Encore une fois, la rencontre a donné lieu à de vifs échanges entre les tenants de ce projet et les opposants et ce sont sensiblement les mêmes arguments qui sont revenus sur le plancher.
Dans la salle, on retrouvait notamment de nombreux citoyens et agriculteurs en faveur de ce projet. Ils affichaient d’ailleurs un autocollant de Val Éo sur leur vêtement. Sur la simple base des applaudissements, les gens en faveur du projet étaient plus nombreux que les opposants.
Le maire Jean-Paul Boucher a fait un appel au respect et à la retenue avant d’inviter le consultant Jean-Claude Lusinchi, président du Comité d’évaluation du projet éolien, à livrer son rapport et ses recommandations.
L’ancien directeur du service d’urbanisme de Ville d’Alma et responsable du projet de la venue de l’usine Alma de Rio Tinto Alcan, s’était vu confier le mandat, au début du mois de juin, de faire l’analyse du dossier afin « de voir à minimiser les impacts et maximiser les retombées pour la communauté de St-Gédéon ».
Jean-Claude Lusinchi a lui-même choisi les membres de ce comité où on retrouvait des gens de différents secteurs, dont des gens des rangs Belle-Rivière et Sinaï, directement impactés par le projet.
Le maire Jean-Paul Boucher ainsi que le directeur général de Val Éo, Patrick Côté, siégeaient sur ce comité à titre d’observateurs.
À l’issue du travail de ce comité. Jean-Claude Lusinchi a présenté quelque 10 engagements formels et écrits de la part de Val Éo ainsi que cinq recommandations dont le conseil jugera à propos de mettre de l’avant.
Le comité s’est principalement attardé sur les grandes préoccupations de la population transmises lors de la séance publique d’information d’avril dernier, par l’entremise du travail du Centre québécois de développement durable associé au dossier et les commentaires des opposants principalement regroupés au sein du Regroupement des Défenseurs du Milieu de vie.
Ainsi, à l’intérieur même de son rapport, Jean-Claude Lusinchi dépose une série de lettres formelles de la part de Val Éo qui représentent des engagements écrits de la part de la coopérative.
Espacement maximal des résidences :
Val-Éo s’engage à rechercher un espacement maximal entre les éoliennes et les résidences, ceci dans l’objectif d’atteindre une distance séparatrice approximative d’un kilomètre tel que démontré dans une carte de positionnement préliminaire. Dans le cas où Val-Éo doit repositionner certaines éoliennes suite aux études d’impact ou aux avis des autorités réglementaires, nous nous engageons à présenter les modifications requises au Comité de suivi et à tenir compte des commentaires du Comité de suivi par rapport au nouveau positionnement. L’annonce d’une réduction du nombre d’éoliennes faite récemment facilitera encore plus l’accroissement des distances entre les éoliennes et les résidences car le projet passe de 12 à 8 éoliennes.
Création d’un fonds :
Val-Éo versera 20 000$ chaque année (totalisant 400 000 $ pour les 20 premières années d’exploitation) à un fonds qui sera créé et placé sous la gestion du comité de suivi ou d’une fiducie afin de permettre de compenser d’éventuelles pertes de valeur marchande. Puisque des pertes de valeur des résidences sont improbables selon les études disponibles, le fonds pourrait être utilisé à d’autres usages si aucune réclamation n’est faire ou le comité de suivi le décide ainsi.
Respect de niveaux sonores
Afin d’assurer le respect d’un environnement sonore calme, val-Éo s’engage à ce que le projet respecte en tout temps la limite sonore appliquée la nuit pour les milieux ruraux calme, (soit 40 décibels), et à rechercher une émission sonore encore moindre par un espacement accru. La configuration actuelle du projet permet, selon les études en main, d’atteindre un niveau sonore aussi bas que 35 décibels près des maisons, ce qui est inférieur au bruit ambiant dans une chambre calme; les éoliennes de Val-Éo ne seraient donc pas audibles à partir des maisons. Des mesures du bruit ambiant seront réalisées durant le cours des opérations de production pour contrôler les niveaux sonores. Par ailleurs les éoliennes sont équipées d’un mode permettant de réduire automatiquement le niveau de production et d’émission sonore selon les directions et vitesses de vent. Val-Éo dispose donc de moyens concrets au plan technique pour s’engager à respecter les niveaux de bruit.
Études d’impact :
Par ailleurs, Val-Éo s’est engagé à ce que des études complémentaires couvrant les sujets les plus fréquemment mentionnés par les citoyens soient effectuées et rendues publiques avant les audiences du BAPE.
Création d’un comité de suivi
Val-Éo s’engage aussi à faciliter la création d’un comité citoyen de suivi en collaboration avec la municipalité et la communauté et à collaborer pleinement avec un tel comité. Les membres de ce comité seraient choisis en collaboration avec la municipalité par un appel public et majoritairement auprès de citoyens habitants dans les secteurs limitrophes du projet.
Rappelons que Val-Éo est une coopérative locale qui regroupe 58 fermes ainsi que des municipalités et organisations de la communauté. Val-Éo développe un projet éolien de 24MW composé de 8 éoliennes qui produiront 65 000MWh, soit suffisamment d’énergie pour alimenter plus de 2500 résidences chauffées à l’électricité.
Le projet Val-Éo rapportera environ un demi-million de redevances annuelles dans la communauté, incluant une redevance à la municipalité de 96 000 $, pour un total de 10 millions sur la durée d’exploitation initiale du projet.
Si le projet est retenu par Hydro-Québec, Val-Éo s’engage à offrir l’opportunité aux municipalités et aux citoyens de la région d’investir dans le projet.
Le Regroupement des Défenseurs du Milieu de vie a eu une réaction partagée à la suite de cette assemblée du conseil.
Dans un communiqué diffusé en fin de journée, le RDMV crie victoire au niveau de l’implication financière de la municipalité: Un référendum avant tout implication financière.
De préciser toutefois le communiqué : « Par contre, cette consultation devrait être sur le fond de la question: Est-ce que la population veut d’un parc de méga-éoliennes à Saint-Gédéon. NON, c’est certain selon nous que les gens sont majoritairement contre le projet lui-même. Le RDMV dénonce l’existence même d’un protocole d’entente qui lie Val-Éo et la municipalité: Comment s’impliquer autant sans que la population se soit exprimé et ait été consulté de manière démocratique? »
Selon l’organisme, l’acceptabilité sociale n’est tout simplement pas au rendez-vous ici et les citoyens de Saint-Gédéon présents, en plein vendredi, démontraient bien leur colère.
« Avec la résolution de la municipalité de Saint-Gédéon, Val-Éo présentera à Hydro-Québec un projet très affaibli puisqu’il n’a en main aucune implication financière des deux niveaux de gouvernements locaux. Ni la MRC Lac-St-Jean-Est, ni la municipalité de Saint-Gédéon ne seront partenaires financiers officiellement au moment du dépôt de la soumission le 6 juillet prochain. Pour nous, la demande d’un référendum, c’est une preuve que la municipalité se questionne fortement tant qu’à l’acceptabilité sociale du projet », de poursuivre l’organisme.
« Le travail de sensibilisation du RDMV a donc porté fruits. Les gens sont de plus en plus nombreux à comprendre les véritables impacts sur notre communauté, suite à l’installation industrielle en milieu habité. En plus, les risques financiers sont grands et ce n’est pas le mandat de nos élus de soutenir financièrement des entreprises privées de la sorte. Notre bataille n’est pas terminée aujourd’hui et nous sommes prêts à la poursuivre, advenant le cas ou Hydro-Québec, contre vent et marée, décidait de venir installer chez-nous ses vire-vent de malheur. Ce qui est déplorable, c’est le climat de tension que toute cette histoire à créé à l’intérieur de notre municipalité. Espérons que les esprits se calmeront d’ici le mois de novembre prochain, moment ou Hydro-Québec prononcera son jugement », a lancé de façon laconique, à la fin de l’assemblée du conseil, Marlène Claveau, porte-parole du RDMV.

