Le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma entend s’immiscer dans la présente campagne électorale. Via une pleine page de publicité, le syndicat demande des changements afin que soient abolies les ententes secrètes qui ont notamment permis à Rio Tinto Alcan de vendre de l’énergie électrique excédentaires à Hydro-Québec, dans le récent conflit de six mois à l’Usine Alma de RTA.
La publicité en question fait notamment référence au récent conflit.
« Les Métallos de l’Usine Alma tiennent à remercier chaleureusement tous les citoyens, syndicats, politiciens et commerçants qui nous ont soutenus alors que nous subissions un lock-out difficile financé par Hydro-Québec », peut-on lire en introduction à ce message.
Le STAA rappelle que ce support a fait toute la différence et a permis de protéger, pour le futur, des emplois de qualité en obtenant un plafond de sous-traitance.
« Cependant, les conventions collectives de toutes les usines de Rio Tinto Alcan viennent à échéance en 2015 et le gouvernement serait, en cas de conflit, obligé d’acheter l’énergie (90 millions pour six mois seulement 2/3 de l’Usine Alma). Ce scandale a assez duré ! Exigeons, ensemble, plus pour nos ressources », ajoute le texte.
En cette veille d’élection, le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma exige que le prochain gouvernement corrige les erreurs du passé en mettant fin aux ententes secrètes.
Au cours de la présente campagne électorale, les dirigeants syndicaux et les travailleurs vont certainement interpeler les candidats sur cette question des ententes secrètes.
D’une part, le Parti Libéral et son candidat Jeannot Boulianne vont certainement se faire rappeler à l’esprit qu’ils ont refusé de modifier les règles du jeu.
Quant à Alexandre Cloutier, ce dernier est intervenu à de multiples reprises sur la question et même déposé une pétition à l’Assemblée nationale sur le sujet.
« Au cours de cette élection, le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma exige que le prochain gouvernement corrige les erreurs du passé en mettant fin aux ententes secrètes » -
Cependant, les travailleurs de l’Usine Alma ont encore en tête le passage remarqué sur la ligne de piquetage de la chef Pauline Marois, le 1er mai dernier.
Devant quelque 250 lockoutés de l’Usine Alma, elle avait usé de prudence dans le dossier de la vente d’électricité à Hydro-Québec par RTA. Rappelant que son pouvoir était limité du fait qu’elle est dans l’Opposition, elle s’était timidement engagée à… regarder le dossier.
« Si jamais nous sommes au pouvoir et que le conflit est toujours là, on va regarder toutes les avenues juridiques possibles », s’était-elle limitée à dire.
De toute évidence Pauline Marois était alors en mode « électoral » alors que ça sentait déjà les élections.
Le conflit social au Québec avait cependant forcé Jean Charest à reporter à aujourd’hui cette campagne électorale.
Devant les employés syndiqués de l’Usine Alma, Pauline Marois se retrouvait sur un champ de mines alors que son Parti, à l’époque de Lucien Bouchard, avait consenti de nouvelles concessions à Alcan, à l’époque. Ces mêmes clauses ont été modifiées dans l’entente secrète de 2006 qui a amène la présente situation que l’on a connue tout au long du conflit où Hydro-Québec devait obligatoirement acheter l’électricité excédentaire de Rio Tinto Alcan.
Rappelons que le but premier du passage de Pauline Marois dans la région ce premier mai était cependant comme invitée principale dans le cadre de l’assemblée d’investiture d’Alexandre Cloutier qui regroupait quelque 350 personnes.
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