En février dernier, ce dossier épineux a été éclipsé par la question de l’enquête sur les malversations dans le monde de la construction. Jean Charest a un bulldozer d’attaché au pied dans ce dossier et les révélations de la télévision d’État sur le sujet ne font qu’alourdir le poids à la cheville de notre premier ministre. Le Québec veut une enquête publique sur le monde de la construction, seul Jean Charest n’est pas de cet avis.
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Rappelons d’abord qu’en février dernier, le ministère des Finances du Québec annonçait « que le gouvernement autorise la Société des loteries du Québec à offrir des jeux de hasard et d'argent en ligne. Le jeu en ligne étant un secteur en plein développement, Loto-Québec doit canaliser l'activité de jeu déjà existante vers un site sécuritaire, légal et intègre. C'est aussi une façon de lutter contre l'économie souterraine. »
En créant une loterie pour financer Expo 67, l’ancien maire de Montréal, Jean Drapeau, avait deux visions : amener de l’argent frais pour un projet grandiose et contrer la mafia, la pègre et le crime organisé qui déjà à cette époque, faisaient leurs choux gras avec les paris illégaux.
Québec a vite repris le projet en main, nationalisant en 1969, sous l’égide de Loto-Québec, la passion du jeu des Québécois et Québécoises. Ce sont des dizaines et des dizaines de milliards de beaux dollars que Loto-Québec a versé dans les coffres de l’État sous forme de profits.
Taxe déguisée diront certains, mais elle est volontaire avant tout diront d’autres. On joue ou on ne joue pas. On achète des billets ou pas. Tout le monde est libre… ou presque.
Loto-Québec rivalise d’ingéniosité pour attirer sa clientèle vers ses jeux ou ses lucratifs casinos. Pour se donner bonne conscience, elle injecte même quelques millions $ par année pour aider les personnes atteintes de jeu compulsif, un peu comme si la Société des alcools du Québec finançait les activités des alcooliques anonymes ou d’Al-Anon.
Dans une province où la religion avait tant encadré la morale, l’envers de la médaille démontre allègrement comment l’immoralité peut devenir quotidienneté dans les moeurs.
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Loto-Québec se montre bienveillante dans ce dossier, citant des études en exemple et annonçant même la création d’un comité de suivi du jeu en ligne formé d'experts de différents milieux.
Les seuls qui ont véritablement signifié une vraie opposition à ce projet, ce sont les directeurs de santé publique des 18 régions du Québec qui demandent au gouvernement et à Loto-Québec de retarder le projet et proposent des solutions concrètes.
En se référant aux exemples de la Suède et de la Colombie-Britannique, les autorités de la santé publique croient qu’un nouveau site de jeu en ligne étatisé aurait le potentiel de créer entre 105 907 et 156 699 nouveaux joueurs à problème au Québec.
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Au Canada, on estime que chaque joueur pathologique entraîne annuellement des coûts sociaux de 56 000 $.
On serais-tu tanné de payer dans le vide ?




