Réagissant à ce qu’ils qualifient de laxisme de la part du gouvernement dans le dossier des algues bleues et conformément à l’engagement pris, la semaine dernière, par Pauline Marois, le député de Verchères et porte-parole du Parti Québécois en matière d’environnement, Stéphane Bergeron; le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier ainsi que le député de Roberval, Denis Trottier, ont livré ces premières mesures. « Les lacs et cours d’eau du Québec constituent une ressource précieuse pour l’ensemble des Québécoises et Québécois. Ils doivent donc être protégés efficacement. Le Québec est actuellement confronté à un sérieux problème de cyanobactéries. Pourtant, le gouvernement ne fait rien ! Certaines mesures peuvent être prises dès maintenant pour peu que le gouvernement manifeste une volonté réelle de résoudre le problème. Combien de temps la situation devra t elle se détériorer avant que le gouvernement se décide enfin à agir et à mettre de l’avant des solutions, dont certaines sont pourtant à portée de main ? », questionne Stéphane Bergeron.
PropositionsSelon les représentants du Parti Québécois, bien que la problématique de la prolifération des algues bleues découle d’une combinaison de facteurs, certaines mesures peuvent d’ores et déjà être prises en compte pour limiter les dégâts et surtout pour les prévenir.
Ainsi, le Parti Québécois propose d’éliminer les phosphates dans les détergents à lessive et à vaisselle; de mettre en place un processus de revégétalisation des rives des lacs et cours d’eau et de s’assurer de l’application de la réglementation sur les fosses septiques.
« Pourquoi ne pas agir comme l’ont fait plusieurs pays et États américains? Il existe maintenant des produits sans phosphate qui sont tout aussi efficaces et dont le prix est comparable aux autres produits. Dès l’ouverture de la session parlementaire, le Parti Québécois déposera donc un projet de loi pour interdire au Québec l’utilisation de détergents contenant des phosphates », indique Stéphane Bergeron.
Le Parti Québécois interpelle également la ministre Beauchamp afin qu’elle adopte des mesures visant à assurer la revégétalisation des rives, telle que le prévoit déjà la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables existante.
Le Parti Québécois réclame également l’application rigoureuse de la réglementation sur les fosses septiques pour tous les riverains.
Le problème des cyanobactéries est complexe et nécessite la collaboration de plusieurs secteurs de la société québécoise. Évidemment, des gestes sont aussi nécessaires en agriculture, mais le Parti Québécois souhaite une action concertée des différents intervenants concernés, notamment les groupes environnementaux. Il faut un effort de la part de l’ensemble des citoyens afin d’en arriver à des solutions concrètes et viables pour le bien-être collectif.
Le gouvernement du Québec a annoncé la tenue, fin septembre 2007, d'un rendez-vous stratégique sur les algues bleu-vert. En présence du Premier ministre Jean Charest, ce rendez-vous stratégique réunira de nombreux spécialistes et intervenants dans le domaine et permettra d'établir des consensus sur de nouvelles actions à entreprendre pour faire face à la problématique des algues bleu-vert.
Actuellement, à l'échelle du Québec, seulement 13 lacs font l'objet d'un avis de santé publique de non-consommation ou d'interdiction d'utilisation du plan d'eau. Dans les autres cas répertoriés, soit 72 lacs, le phénomène des algues bleu-vert est localisé à certains secteurs du plan d'eau et entraîne plutôt une simple mise en garde.
La ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, a également entrepris une tournée des régions affectées par les fleurs d'eau d'algues bleu-vert. Cette tournée lui permettra de se familiariser davantage avec ce phénomène, de rencontrer de nombreux intervenants régionaux et de souligner les bonnes pratiques déjà mises de l'avant dans certaines régions.
