L’urbaniste de profession a troqué ses souliers vernis pour des bottes d’escalade et sa règle à dessin pour des bâtons de marche. Si ici, janvier, c’est le cœur de l’hiver, en Argentine, c’est le cœur de l’été.
Denis Verrette parle de son « aventure » comme d’une quête personnelle, d’un défi qu’il s’est lancé à lui-même, de la réalisation d’un de ses plus grands rêves.
Il ne prétend pas être un athlète de haut niveau mais bien un individu comme Monsieur-Tout-le-Monde qui a beaucoup de constance dans son entraînement physique.
En hiver, il est un adepte du ski de fond et se réjouit et se considère comme privilégié de savoir qu’à Alma, à quelques minutes de la ville, l’on puisse avoir accès à l’un des plus beaux équipements du Québec, le Centre Dorval qui bénéficie de conditions idéales pour un bon entraînement. En été, il est un adepte de la randonnée pédestre.
Mais Denis Verrette ne s’est pas lancé dans cette aventure comme ça. Il a déjà quelques montagnes à son actif dont le Mont Kilimandjaro, à l’été 2007, le plus haut sommet de l’Afrique à 5895 mètres ainsi que le Mont Elbrouz, situé dans le Caucase (Russie) et considéré comme le point culminant de cette chaîne de montagnes. Il est donc le plus haut sommet d’Europe à 5642 m, si l'on considère que le Caucase est inclus dans l'Europe.
Pour se rendre à Mandoza, aux pieds des Andes, en Argentine, il faut compter quelque 24 heures d’avion, avec les transferts. Comble de malheur, en arrivant là-bas, il manquait les deux sacs de voyage de Denis, deux sacs de hockey remplis d’équipements techniques spécialisés et choisis pour cette aventure.
« On était le 2 janvier et on commençait les préparatifs pour partir le 5. Je n’ai pas pris de chance et j’ai commencé à regarder pour me racheter des vêtements et louer certains équipements nécessaires. Heureusement, deux jours plus tard, les bagages sont arrivés à temps », relate Denis Verrette qui n’aurait pas voulu manquer son voyage alors qu’il était si près du but.
Le 5 janvier, ils se sont rendus au Parc provincial d’Aconcagua, dans un petit village situé à 2950 m d’altitude. Et quand on regarde vers le haut de la montagne, le sommet est à 6962 m, soit une escalade à venir de quelque 4012 m.
« Cela représente une distance d’environ 35 kilomètres en ligne droite mais c’est bien plus que le double que l’on a franchi avec les détours et les transports de matériel aller-retour entre les quatre camps de base. En tout, il nous a fallu 11 jours pour atteindre le dernier point et le 12e jour, on savait que le sommet était là, à notre portée. Avant et pendant l’escalade, ce n’est jamais acquis que tu vas atteindre le sommet. On ne sait pas à 100 % dans quoi on s’est embarqué. La journée de l’ascension du sommet, j’étais heureux mais pas exagérément émotif comme l’ont été d’autres membres de notre expédition », raconte Denis Verrette.
Pendant qu’il relatait ce dernier droit avant le sommet, il était évident que Denis Verrette revivait en pensées ce moment magique, son visage traduisait le sentiment de fierté qu’il a alors éprouvé en prenant la pose devant la croix marquant le sommet effectif de l’Aconcagua.
Si l’escalade a pris 12 jours, incluant les temps de repos et d’acclimatation au manque d’air, il n’aura fallu que deux jours et demi pour revenir au camp de départ, dont une trotte de 26 kilomètres la dernière journée.
Questionné sur le coût de son voyage, Denis Verrette estime le tout, incluant l’encadrement de guides spécialisés, à un peu plus de 4000 $.
A-t-il une autre montagne en tête ?
« Oui, je regarde peut-être pour le Mont McKinley en Alaska. Une belle montagne à 6200 pieds mais dans des conditions froides. Pour le moment, je vais payer ma carte de crédit et l’on verra », lance en riant Denis Verrette qui doit déjà commencer à regarder des dates possibles.
Dans l’onglet « ACTUALITÉ », voir aussi « L'Aconcagua est une montagne relativement facile à escalader » ainsi que « Le premier message de Denis Verrette ».
