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Un plan d’action pour affronter une problématique méconnue

Maltraitance Courtoisie

Maltraitance

France Paradis
Publié le 18 Juin 2012
Publié le 18 Juin 2012
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Maltraitance des aînés

Sujets :
Agence , Ministère de la Famille , Université de Sherbrooke , Saguenay , Québec

Profitant de la journée mondiale dédiée à cette problématique encore méconnue, le 15 juin dernier, Le Plan d’action régional pour contrer la maltraitance des aînés 2012-2015, a été présenté publiquement. Il interpelle directement le réseau de la santé et des services sociaux et ses partenaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean, et ce, tant en matière de prévention que de prestation des services aux personnes âgées qui en sont victimes. »

La présentation en a été faite par la présidente-directrice générale de l’Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay—Lac-Saint-Jean, Martine Couture, qui était alors en compagnie de la responsable régionale de la coordination de l’intervention en maltraitance, Suzanne Boisclair.

Deux études pancanadiennes réalisées à dix ans d’intervalle (Podnieks et autres, 1990; Pottire Bunge, 2000) avancent respectivement que 4 % et 7 % des personnes âgées vivant à domicile sont aux prises avec une forme ou une autre de maltraitance infligée par leurs proches.

Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, où on compte 49 456 personnes de 65 ans et plus, cela suggère qu’entre 1900 à 3400 aînés en seraient victimes.

« L’ampleur de ce problème de société et l’évolution démographique invitent à prendre des mesures pour être mieux disposé à y faire face, a soutenu la présidente-directrice générale de l’Agence. La population des 65 ans et plus augmentera de façon importante au cours de la prochaine décennie : si la tendance se maintient, les aînés seront 20 000 de plus (+ 39 %) au Saguenay—Lac-Saint-Jean en 2022. »

Le plan régional découle du Plan d’action gouvernemental en matière de maltraitance envers les personnes aînées pour 2010-2015 du ministère de la Famille et des Aînés. Il s’inscrit dans la même lignée que les plans gouvernementaux visant à contrer la violence envers les femmes, les jeunes et les enfants, et compte quatre grandes actions structurantes :

— 1 : Campagne de sensibilisation grand public (Yvon Deschamps);

— 2 : Création d’une chaire de recherche universitaire sur la maltraitance (Université de Sherbrooke);

— 3 : Création d’une ligne téléphonique provinciale d’écoute et de référence : Aide-Abus-Aînés (1 888 489-2287);

— 4 : Mise en place de coordonnateurs dans toutes les régions du Québec.

Martine Couture a souligné que la responsable de la coordination régionale a réalisé, en collaboration avec des professionnels de l’Agence, des intervenants du réseau de la santé et des services sociaux et d’organismes communautaires, un portrait diagnostique et un inventaire des ressources pouvant agir en matière de maltraitance des aînés.

« Une centaine d’acteurs-clés ont participé à une importante consultation, en février dernier, ce qui a permis de nourrir le contenu du plan d’action régional dont l’objectif est de mieux coordonner nos actions et de tracer une trajectoire de services connue et efficace », a précisé la pdg de l’Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

Problématique difficile à circonscrire et à documenter, la maltraitance des personnes âgées consiste en « un acte unique ou répété dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne âgée qui en est victime » (Organisation mondiale de la santé, 2012).

« Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, où on compte 49 456 personnes de 65 ans et plus, cela suggère qu’entre 1900 à 3400 aînés en seraient victimes de maltraitance » -

Il peut s’agir de gestes volontaires où la personne qui maltraite est consciente du tort qu’elle cause ou de gestes posés par des personnes qui ne réalisent pas qu’elles sont responsables de maltraitance, entre autres par manque de connaissance ou de ressources ou parce qu’elles souffrent d’épuisement.

Types de maltraitance et ampleur du phénomène

La maltraitance sévit dans un contexte de rapports de confiance et de dépendance avec des membres d’une même famille, des proches, des intervenants de la santé et des services sociaux, des professionnels des domaines légal et financier, etc. Il en existe plusieurs types:

— Psychologique ou émotionnelle (ex.: atteintes à la dignité, l’estime de soi ou à ses valeurs, dénigrement de ses croyances ou de ses pratiques religieuses, humiliation);

— Physique (ex.: se faire frapper, pousser, lancer des objets, administrer de force des aliments, enfermer, rudoyer);

— Financière ou matérielle (ex.: se faire soutirer de l’argent, voler des bijoux, des biens ou des espèces, frauder par vol d’identité, par télémarketing);

— Sexuelle (ex.: se faire harceler, subir des attouchements ou être victime d’exhibitionnisme, de viol ou se faire ridiculiser parce qu’on souhaite exprimer sa sexualité);

— Violation des droits (ex.: être victime de discrimination en raison de son âge, se voir imposer un traitement médical).

— Âgisme (attitude ou comportement visant à déprécier les individus du fait de leur âge).

La maltraitance des aînés cause des sentiments de peur et d’isolement qui, souvent, freinent leur participation à la société et entraînent d’importants coûts sociaux et économiques. En plus des possibles séquelles physiques ou psychologiques, temporaires ou permanentes, les aînés victimes de maltraitance subissent des contrecoups qui diminuent leur qualité de vie, par exemple:

— un sentiment croissant d’insécurité;

— le repli sur soi;

— une perte de poids, une maladie ou de l’anxiété;

— la dépression et la confusion.

Deux études pancanadiennes réalisées à dix ans d’intervalle (Podnieks et autres, 1990; Pottire Bunge, 2000) avancent respectivement que 4 % et 7 % des personnes âgées vivant à domicile sont aux prises avec une forme ou une autre de maltraitance infligée par leurs proches.

Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, où on compte 49 456 personnes de 65 ans et plus, cela suggère qu’entre 1900 à 3400 aînés en seraient victimes.

« L’ampleur de ce problème de société et l’évolution démographique invitent à prendre des mesures pour être mieux disposé à y faire face, a soutenu la présidente-directrice générale de l’Agence. La population des 65 ans et plus augmentera de façon importante au cours de la prochaine décennie : si la tendance se maintient, les aînés seront 20 000 de plus (+ 39 %) au Saguenay–Lac-Saint-Jean en 2022. »

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