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Sécurité routière: Québec propose six mesures prioritaires

France Paradis
Publié le 13 Juillet 2007
Publié le 27 Juillet 2010
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Rapport de la Table québécoise de la sécurité routière

Le premier rapport de la Table québécoise de la sécurité routière a été déposé récemment. Fruit d'un an et demi d'échanges et de consultations entre les 41 membres de la Table, il propose notamment des solutions concrètes afin d'améliorer le bilan routier du Québec.

Sujets :
Table , Transports , Québec

« Jamais autant de partenaires n'auront été réunis pour trouver des moyens tangibles d'améliorer le bilan routier au Québec. En cette Année de la sécurité routière, nous pouvons être fiers de l'étape que nous franchissons. Je tiens à remercier chacun des membres de la Table et son président, Jean-Marie De Koninck, pour le travail accompli qui, j'en suis persuadée, contribuera à sauver des vies et préservera nos familles de véritables drames humains liés aux accidents de la route», a souligné la ministre des Transports, Julie Boulet, lors du lancement de ce rapport.

Après une amélioration importante du bilan routier au cours des trente dernières années, on constate malheureusement depuis 2001 une augmentation du nombre de victimes sur les routes du Québec.

Six actions prioritaires

« Il est clair que la sécurité routière est un enjeu de société et que nous avons la responsabilité d'agir. Beaucoup d'efforts de sensibilisation ont été faits au cours des dernières années. Nous devons poursuivre la sensibilisation, mais nous devons également aller plus loin et adopter des mesures plus sévères qui contribueront à changer le comportement des conducteurs », soutient la ministre. En ce sens, elle a présenté une série de mesures auxquelles le gouvernement entend donner suite rapidement. Plus précisément, la ministre a présenté six actions prioritaires visant l'introduction de sanctions plus sévères pour les grands excès de vitesse et la récidive; la mise en place de projets pilotes pour les radars photographiques et les caméras aux feux rouges; des sanctions plus sévères pour la conduite avec les facultés affaiblies; l'interdiction pour le conducteur d'utiliser le combiné d'un téléphone cellulaire lorsque le véhicule est en mouvement; l'accès graduel à la conduite et les limiteurs de vitesse pour les camions lourds. En matière de vitesse au volant, le gouvernement proposera dès l'automne des changements législatifs et règlementaires afin d'introduire des sanctions plus sévères pour les grands excès de vitesse, notamment en augmentant le nombre de points d'inaptitude. Les conducteurs qui seront pris en infraction à une vitesse équivalant à un dépassement de 40, 50 ou 60 km/h, selon la vitesse affichée dans la zone d'infraction, se verront imposer le double des points d'inaptitude normalement prévus et le double de l'amende actuelle. Leur permis de conduire sera également suspendu pour une durée de 7 jours pour la première infraction et de 30 jours pour une récidive. Malgré les progrès réalisés, en 2005, près de 30 % des conducteurs décédés à la suite d'un accident de la route avaient une alcoolémie supérieure à la limite légale. Dans ce contexte, la ministre proposera des changements législatifs en vue d'augmenter de 30 à 90 jours la durée de la suspension immédiate du permis de conduire pour une première infraction pour conduite avec les capacités affaiblies. Dans le cas d'une récidive, le véhicule sera aussi saisi pour une période de 30 jours. Quant à la personne conduisant avec une alcoolémie supérieure au double de la limite permise, elle se verra appliquer des sanctions plus sévères. La ministre a également annoncé qu'elle recommandera la suspension du permis de conduire pendant 24 h pour la personne conduisant avec une alcoolémie se situant entre 0,05 et 0,08, s'inspirant ainsi de ce qui se fait dans les autres administrations canadiennes. Elle a également annoncé un projet pilote d'utilisation de radars photographiques et de caméras aux feux rouges dans les lieux où il y a des accidents attribuables au non-respect des limites de vitesse ou des feux de circulation. Au total, on comptera neuf sites avec des radars photographiques et six avec des caméras aux feux rouges réparties dans trois régions. « La mise en place de ces moyens technologiques a fait ses preuves dans plusieurs pays dans le monde en contribuant à améliorer le bilan routier. Les lieux d'implantation seront publicisés et connus des usagers afin de ne pas piéger les Conducteurs », a annoncé la ministre Boulet. Quant au fameux cellulaire au volant qui représente une distraction qui augmente de façon considérable le risque d'être impliqué dans un accident, en ce sens, la ministre proposera que soit dorénavant interdit pour le conducteur l'usage du combiné du téléphone cellulaire lorsque le véhicule est en mouvement. La ministre a également annoncé que seront introduites de nouvelles mesures d'accès graduel à la conduite automobile, notamment par l'instauration de cours de conduite obligatoires pour les nouveaux conducteurs, par l'imposition du permis de conduire probatoire pour les 25 ans et plus, et par un accès graduel aux points d'inaptitude pour les moins de 25 ans. Finalement, la ministre a annoncé que des mesures législatives seront introduites au Code de la sécurité routière afin d'instaurer le limiteur de vitesse à 105 km/h pour les camions lourds, prévu dans le Plan d'action 2006-2012 de lutte contre les changements climatiques lancé l'an dernier. En complément à ces actions, on entreprendra une tournée à l'automne 2007, en compagnie du président de la Table, Jean-Marie De Koninck. Cette tournée régionale interpellera tous les usagers de la route, notamment les jeunes. Des actions sont entreprises immédiatement afin de permettre le dépôt de modifications législatives à l'automne et une adoption souhaitée avant la fin de l'année. Les mesures annoncées s'inscriront à l'intérieur d'un plan d'action gouvernemental, qui comprendra des cibles ambitieuses et réalistes s'inspirant des succès obtenus par des administrations étrangères performantes en matière de sécurité routière. « Notre grand défi pour améliorer la sécurité routière au Québec est de susciter l'adhésion des citoyens, des partenaires et des décideurs aux mesures annoncées. C'est pourquoi nous entendons poursuivre sur cette voie afin de travailler en concertation pour améliorer le bilan routier du Québec », de conclure Julie Boulet.

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