Au départ, un mariage double dans une même famille, c’est déjà un événement rare. Mais, quand ces mêmes deux couples célèbrent ensemble, 60 ans plus tard, leurs noces de diamant, l’addition donne un chiffre qui sort vraiment de l’ordinaire:120 ans d’amour ! Le 25 juin 1952, les deux frères demeurant à Hébertville, Fernand et Lucien Labonté, unissaient alors respectivement leur vie à deux amies et petites-cousines demeurant à Lac-à-la-Croix, Gaby Potvin et Gaétane Duchesne. Samedi dernier, 60 ans plus tard, plus de 160 invités ont célébré en grand ces doubles noces de diamant, un événement extrêmement rare de nos jours.
Du côté du couple Fernand Labonté et Gaby Potvin, on compte 9 enfants, 20 petits-enfants et 12 arrière-petits-enfants et deux autres à venir sous peu.
Et du côté du couple Lucien Labonté et Gaétane Duchesne, le décompte fait état de 10 enfants, 20 petits-enfants et 11 arrière-petits-enfants.
Quand toute cette marmaille se réunit pour une grande fête, ça grouille de joie, de bonheur et de souvenirs qui unissent ces deux grandes familles soudées ensemble.
Un mariage exceptionnel
« Le mercredi 25 juin 1952, à 8 h 30 du matin comme c’était la tradition à l’époque, le soleil était radieux et plus de 250 invités prenaient place dans la petite église de Lac-à-la-Croix » se remémore avec enthousiasme Gaby Potvin.
Et de préciser Fernand qui célèbrera bientôt ses 84 ans alors que Lucien en a 82 bien sonnés : « Ce sont nos parents qui ont choisi la date, entre la fin des semences et avant la période des foins, comme ça se faisait à l’époque. J’étais le plus âgé de la famille et c’est moi qui avais annoncé en premier que je voulais me marier. Mon frère Lucien, le 2e, a alors décidé d’en faire autant et les parents respectifs ont décidé d’un mariage double. »
Le jour du mariage, le dîner s’est déroulé chez les parents des épouses et le souper du côté des Labonté.
«Papa (Wilbrod Labonté et son épouse Oveline) avaient construit à côté de la maison familiale une plate-forme extérieure pour danser et on avait engagé l’orchestre d’Hébertville. On a dansé jusqu’aux petites heures du matin. — Et le voyage de noce ? — Ce n’était pas la coutume à l’époque. On s’est installé les deux couples sur une petite ferme que nous avaient achetée nos parents. On avait 10 vaches à lait. L’hiver, Lucien allait travailler sur les chantiers dans le bois », relate Gaétane Duchesne.
Quatre ans plus tard, chacun des couples avait déjà trois enfants et Lucien s’est acheté une terre dans le secteur de Lac-à-la-Croix.
Ils ont ainsi élevé leurs familles respectives en travaillant la terre.
« On était pauvres, on ne sortait pas beaucoup et la terre produisait ce que l’on avait besoin pour vivre. On n’avait pas de télé, pas de réfrigérateur, pas d’électricité », souligne Gaby.
Ils étaient pauvres mais heureux et les enfants n’ont jamais manqué de rien.
«On s’amusait beaucoup et nos parents nous ont légué de solides valeurs. On est rendu à la 4e génération avec ces mêmes valeurs », ajoute Louise, fille de Fernand et une des responsables du comité organisateur de ces noces doubles de diamant.
Avec autant d’enfants à la maison, l’avant-midi était ponctué par la préparation du dîner avec la soupe, le repas principal et le dessert. Et, après dîner, on recommençait la même chose pour le souper.
« Ce sont nos parents qui ont choisi la date, entre la fin des semences et avant la période des foins, comme ça se faisait à l’époque » - — Fernand Labonté
Les deux couples ont même partagé la même voiture pendant quelques années. Ils synchronisaient alors leur sorties pour aller à la messe, à des noces, faire les courses ou visiter la parenté.
Sur leurs fermes respectives, Fernand et Lucien ont vu arriver la mécanisation. Ils se rappellent encore l’achat de leur premier tracteur, un modèle « Alice Charmer » qui venait ainsi remplacer en partie les chevaux.
Les deux agriculteurs de l’époque ont vu ainsi grossir progressivement leurs fermes respectives et ce sont leurs fils qui ont aujourd’hui pris la relève. Du côté de Fernand, par exemple, la petite ferme de départ avec ses 10 vaches, compte aujourd’hui quelque 125 têtes dont plus de 60 vaches laitières.
« C’est sur que l’on a vécu des hauts et des bas avec quelques accidents de parcours… raconte Lucien. Mais ce qui compte, c’est que l’on a eu plus de joies que de peines. »
Fernand et Gaby coulent des jours paisibles à la Résidence Havre Curé-Hébert à Hébertville alors que Lucien et Gaétane habitent toujours leur maison à Lac-à-la-Croix.
Chose certaine, samedi, assis à la table d’honneur principale, ils admiraient les deux tables d’honneur secondaires où prenaient place leurs deux grandes familles respectives qui le temps de cette soirée, n’en faisaient qu’une dans l’harmonie.
Pour tous les détails de ces événements et pour d'autres nouvelles, visitez régulièrement le www.lelacstjean.com ou inscrivez-vous à notre envoi quotidien.

