Un budget crève-cœur… et déficitaire de 532 144 $

Commission scolaire du Lac-St-Jean

France Paradis france.paradis@tc.tc
Publié le 27 août 2014
La présidente Roxanne Thibeault et la directrice générale Christine Fortin ont exposé toutes les conséquences du budget 2014-2015.
TC MEDIA - France Paradis

MOT DESCRIPTION. Confronté à de nouvelles compressions de 1,3 M $, le conseil des commissaires de la Commission scolaire du Lac-St-Jean a dû se résoudre ce mardi soir, en séance spéciale, à adopter un budget 2014-2015 déficitaire de 532 144 $. Ce budget présente donc des revenus de 88 538 952 $ et des dépenses de 89 071 096 $. Il s'agit d'un véritable budget crève-cœur car pour la première fois, les commissaires doivent réduire certaines dépenses liées directement à la qualité pédagogique.

« C'est triste et désolant de devoir couper ainsi des services, de diluer la couleur et la saveur que l'on avait données à nos écoles. Ça fait mal au cœur d'adopter ce budget-là », a lancé avec dépit Christine Fortin, directrice générale de la commission scolaire, après que le couperet soit tombé sur les prévisions budgétaires de la prochaine année.

La situation devient de plus en plus compliquée pour la Commission scolaire qui doit faire face à cette compression de plus de 1,3 million $, ce qui porte à plus de 5,5 millions $ les compressions subies depuis 2010.

En résumé, pour cette année, les compressions imposées par le gouvernement se détaillant comme suit: effort général, 414 239 $; effort additionnel pour les dépenses administratives, 10 602 $; appui à la réussite, 527 214 $; adaptation scolaire, 75 316 $; réforme de la comptabilité scolaire, 106 596 $; protecteur de l’élève, 16 170 $; antécédents judiciaires, 6731 $; entretien des installations, 77 000 $ et subvention du transport pour les établissements privés, 43 000 $.

Également, à cette compression de 1,3 M $ de cette année, s’ajoute pour la Commission scolaire un montant non résorbé de 500 000 $ provenant des coupures des années antérieures. Cela porte donc l’effort demandé à 1,8 million de dollars pour l’année scolaire 2014-2015.

La Commission scolaire a réussi à compresser des dépenses à la hauteur de 1,3 million de dollars par rapport à l’an dernier, avec pour résultat un budget déficitaire de 532 144 $. Ce déficit, autorisé par le gouvernement, sera puisé à même le surplus libre de l’organisation et devra être résorbé au cours des prochaines années. Au terme de l’année scolaire 2014-2015, ce surplus libre sera presque épuisé.

Les revenus anticipés au budget de l’organisation sont de 88,5 millions $. Ce montant comprend les subventions (80 %), les taxes scolaires (14 %), les ventes de biens et services (3 %) et les autres revenus (3 %).

Les dépenses anticipées de l’organisation sont de 89 millions $. Ce montant comprend les salaires (75 %), les services, honoraires et contrats (13 %), les fournitures et matériel (5 %) et les autres dépenses (7 %).

« La situation que nous vivons est sans précédent. Toutes les avenues possibles ont été analysées dans le but d’adopter un budget équilibré. Cependant, depuis 2010, les compressions s’accumulent pour les commissions scolaires et nous avons fait le choix d’adopter un budget déficitaire pour 2014-2015 afin de préserver la qualité des services offerts aux élèves », souligne Roxanne Thibeault, présidente de la Commission scolaire.

Cette dernière est elle aussi exaspérée par la situation budgétaire.

« Malgré tous les efforts, nous avons dû faire des choix difficiles et toucher à certains budgets en lien avec la pédagogie. Les services de base ont été préservés. Ce qui a été touché sont les budgets donnant une marge de manoeuvre aux établissements leur permettant de développer des projets à leurs couleurs. Cependant, il est indéniable que tout le personnel ne négligera pas les efforts et travaillera avec acharnement pour atténuer les effets des compressions et pour continuer à offrir des services de qualité pour la réussite des élèves », lance Roxanne Thibeault.

Elle peut se rabattre sur le fait que la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean a toujours fait preuve d’une gestion rigoureuse et responsable. Son coût de gestion administrative représente d'ailleurs seulement 5,2 % de son budget global, soit une très bonne performance au regard des réseaux publics et parapublics alors que le coût de gestion administrative moyen des municipalités et des écoles privées est de 14 %.