Le Mouvement Action Chômage LSJ dénonce le premier ministre

Financement des organismes « au mérite »


Publié le 13 mars 2017

Caroline Jean et France Simard sont respectivement coordonnatrices du MÉPAC et du Mouvement action chômage Lac-Saint-Jean.

©Photo: TC MEDIA - France Paradis

DÉNONCIATION. France Simard, coordonnatrice du Mouvement action chômage Lac-Saint-Jean, a vraiment mal pris la déclaration du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l'effet que le financement des organismes communautaires allait au mérite et non pas en fonction de la mission de l'organisme.

Que l'on finisse par rehausser la subvention de notre mission de base. — France Simard

« Venant de Philippe Couillard, ce qui m'a vraiment choqué, c'est le fameux ''nous regardons la situation de tous les organismes à leur mérite''. Ça se peut tu de répondre ça… à leur mérite ! », lance France Simard, outrée.

« Clairement, Philippe Couillard ne connait pas son dossier de défense collective des droits ni de l'action communautaire. C'est criant qu'il y a des organismes de façon générale qui ne sont pas bien, ça ne suffit pas leur financement. Ça fait neuf ans que l'on n'a pas été ni rehaussé, ni indexé, alors que le coût de la vie, lui, a augmenté de 13 %. On a un grand recul  », ajoute Caroline Jean, coordonnatrice du MÉPAC.

Cette dernière rappelle également que les organismes ne sont pas financés au mérite, mais bien basé sur la mission globale de l'organisme.

« C'est une nuance majeure que Monsieur Couillard n'a visiblement pas compris. S'il connaissait son dossier, il se rendrait devant l'évidence qu'il n'a pas le choix de nous financer… Il devrait y avoir une reconnaissance de ce travail essentiel pour la population. Les organismes en défense collective des droits à eux seuls répondent à plus de 12 000 personnes sur le territoire et font plus de 25 000 interventions directes auprès de la population », d'ajouter Caroline Jean.

Service

Les propos de Philippe Couillard encore coincés dans la gorge, en entrevue à TC MEDIA, France Simard a dénoncé cette attitude du premier ministre qui démontre sa méconnaissance du dossier des organismes et surtout, des enjeux qui se trament derrière toute l'action des organismes communautaires dans la société.

Depuis 2011, avec un budget de seulement 30 000 $ par année, France Simard tient à bout de bras le Mouvement Action chômage Lac-Saint-Jean. Ce montant couvre son salaire, ses frais de représentation et le petit loyer qu'elle occupe au presbytère St-Sacrement.

« Depuis 2011, c'est plus de 13 450 prestataires de l'assurance-emploi que l'on a aidés, dans tous les domaines de la société. Cet argent que l'on est allé chercher en prestations d'assurance-emploi à Ottawa, c'est de l'argent pour des gens qui ne se sont pas retrouvés au Québec à demander de l'aide de dernier recours. On a sauvé de l'argent pour le Québec », affirme haut et fort France Simard.

Depuis la rentrée de janvier, France Simard passe son temps à chercher du financement pour assurer les activités de son service. Une aide providentielle de 2000 $ de la part du budget discrétionnaire du député Alexandre Cloutier de de Monsieur Couillard a permis de passer janvier-février, mais depuis le 23 février, l'organisme a cessé ses opérations et ne reprendra qu'au moment où la nouvelle subvention annuelle arrivera en avril prochain, dans le nouveau budget 2017-2018.

« Ce que je veux, c'est que l'on finisse par rehausser la subvention de notre mission de base. Ça fait deux ans consécutifs que je suis obligé de fermer une période assez grande. Durant ce temps-là, je ne peux pas m'occuper de mes dossiers et si les gens appellent, je ne peux pas les aider, je ne suis plus là », se désole France Simard.

Avec 30 000 $, pour un organisme sous régional qui s'occupe de tout le secteur Lac-Saint-Jean, il est évident que ce n'est pas suffisant.

Depuis 2012, France Simard estime à près de 50 interventions auprès des députés et ministres afin de discuter de la situation du financement, mais rien n'a bougé.

Ce mercredi-midi, dans le stationnement de l'ancien presbytère St-Sacrement, à Alma, le Comité des organismes de défenses des droits invite la population à une activité de solidarité pour dénoncer une nouvelle fois ce sous-financement des organismes.

« On veut vraiment envoyer le message que la population et les groupes de manière élargie sont derrière le Mouvement action chômage et qu'il y a une réelle solidarité. Ce qui arrive à ce mouvement cette année, c'est ce qui attend la défense collective des droits à court et moyen terme. Les élus décident de nous laisser mourir à petit feu… », de conclure Caroline Jean.

En octobre dernier, plus de 200 personnes avaient manifesté à Alma pour réclamer un meilleur financement des organismes communautaires dans le cadre d'une grande marche de solidarité.

©Photo: TC MEDIA - France Paradis