« On est jeune, faut faire de quoi » — Gino Gilbert

Incendie de la Ferme Gilbert & Fils:140 bêtes périssent


Publié le 27 mars 2017

La ferme est une perte totale, seule une partie de la laiterie a été épargnée.

©Photo: TC MEDIA - France Paradis

RECONSTRUCTION ? « Si on pense reconstruire ? On n'aura pas le choix, on est jeunes, faut faire de quoi », lance d'un trait Gino Gilbert en regardant le spectacle de désolation qui s'offre devant lui. La ferme familiale Gilbert & Fils à St-Henri-de-Taillon n'est plus qu'un amas de ruines, seule une partie de la laiterie a été épargnée par le violent incendie qui s'est déclarée vers 17 h 30, dimanche, lors de la traite du soir.

Un enquêteur du Service des incendies était sur place au lendemain de l'incendie afin de constituer un rapport.
Photo: TC MEDIA - France Paradis

Benoit et Diane Gilbert ainsi que leurs deux fils, Pascal et Gino, sont les propriétaires de La Ferme Gilbert & Fils qui compte quelque191 têtes, donc 112 vaches en lactations Holstein pur-sang. Ce troupeau principal a complètement été décimé dans l'incendie de même que les jeunes veaux qui sont nés au cours de la période hivernale.

Je partais avec et ça l'a fait Pouf !

— Gino Gilbert

Le bâtiment de quelque 350 pieds de long a totalement été rasé par les flammes en quelques heures.
Photo: TC MEDIA - France Paradis

« C'est une perte totale. Il y avait 140 têtes, soit le troupeau principal et quelques petits veaux de cette année. C'est un chariot hache-paille motorisé qui est à l'origine. Je venais juste de le remplir. Je partais avec et ça l'a fait Pouf !  J'étais juste à côté d'un mur de paille qui comptait encore quelque 200 balles empilées ainsi que de la paille par terre. Et avec la poussière qu'il y avait… La grange, ça l'a pris 10 minutes et le toit était écrasé », raconte avec émotion Gino Gilbert.

Le troupeau principal de même que les veaux nés cet hiver ont tous péri.
Photo: TC MEDIA - France Paradis

Ce dernier s'affairait à faire la traite du soir quand le feu, une combustion spontanée de la paille et de la poussière s'est déclaré. Le temps de courir chercher les extincteurs, il était déjà trop tard pour y retourner en raison de l'épaisse fumée.

Les propriétaires s'apprêtent à entrer dans la laiterie pour y récupérer les papiers.
Photo: TC MEDIA - France Paradis

« Nous autre, la ventilation, on prend l'air dans le toit, on n'était plus capable de rentrer dans l'étable qui a 350 pieds de long. Ça boucanait, mais on n'était pas capable d'y aller. Les pompiers sont arrivés, on a été capables de rentrer un peu et on a pu sorti huit vaches. Il y en a une qui s'est sortie toute seule et elle s'est réfugiée dans la grange où tout a brûlé autour d'elle. Elle est vivante, mais a inhalé de la fumée », d'ajouter Gino Gilbert.

Un 2e incendie

La petite histoire de la Ferme Gilbert & Fils remonte à 1969 alors que Benoit et son père achètent une première ferme avec une cinquantaine de têtes et 56 hectares de terre. Dès 1979, le troupeau est entièrement de race Holstein et c'est le début de l'investissement agricole avec l'achat de 23 hectares de terre. En 1984, l'étable et 28 génisses sont la proie des flammes.

Loin de se décourager, Benoit continue à faire des acquisitions et en 1994, il forme une compagnie avec son épouse Diane Gilbert. En 1999, ils font l'acquisition d'une autre ferme proche pour notamment  y installer les animaux de remplacement.

Finalement, en 2000, les fils Gino et Pascal sont incorporés comme actionnaires dans la ferme familiale qui possède une superficie totale de quelque 249,5 hectares.