Budget Leitao: plusieurs organismes régionaux restent sur leur faim

La députée Mireille Jean ressent de la tristesse


Publié le 28 mars 2017

De nombreux organismes s'étaient réunis pour écouter le budget provincial.

ÉCONOMIE. À l’exception de Loge m’entraide, les organismes communautaires de la région se sentent tout simplement délaissés par le 4e budget du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao.

« On donne 55 $ à la population. Ce n’est pas énorme par rapport à tous les milliards qui sont allés chercher. Seul le PSOC (programme de soutien aux organismes communautaires) va être augmenté. Les groupes des défenses des droits n’ont rien dans ce budget, même pas une indexation. Nous sommes tout à fait déçus. C’est encore un budget pour aider les entreprises et non le peuple qui a élu ce gouvernement. Il se réserve des sommes pour le prochain budget en vue de se faire réélire », a déclaré Sylvain Bergeron, coordonnateur de L.A.S.T.U.S.E. du Saguenay (Lieu d’Actions et de Services Travaillant dans l’Unité avec les Sans-emploi).

De son côté, le président du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSN), Engelbert Cottenoir, affirme que ce budget Leitao est de la poudre aux yeux. « C’est très clair qu’il s’agit d’un budget préélectoral parce qu’il annonce des choses positives en apparence. Il faut tenir compte de l’ensemble de l’œuvre des trois dernières années. On dépose un budget équilibré alors qu’on sait très bien qu’il va y avoir un autre surplus pour en donner encore plus lors de l’année électorale. Ces montants attribués ne répondent pas aux augmentations du système, dont les compressions en milliards de dollars des trois dernières années. »

Ce qu’ils ont dit…

-Julie Bilodeau, Service budgétaire de Chicoutimi: « C’est toujours décevant de voir que les personnes démunies sont laissées de côté et n’auront pas plus d’aide. »

-Brigitte Claveau, Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec: « L’absence de réinvestissements importants dans les ministères et organismes de notre région se fera au prix de nouvelles diminutions de personnel, lesquelles auront un impact direct sur les services à la population et l’activité économique régionale. »

-Audrey Villeneuve, Table de concertation Récif 02: « Il n’y a pas de modulation pour les frais de garde pour les familles, et c’est les Tables des préfets qui ne comptent pas de représentants de la société civile, qui va gérer les 100 M$ attribués aux régions. »

-Manon Girard, Accès condition vie Lac-Saint-Jean Est: « Ils ne parlent pas de la base dans ce budget. Les gens démunis et les travailleurs à faible salaire. L’espoir, comme le ministre appelle son budget, c’est tout ce qu’il nous reste. »

Noëlla Vincent, Accès condition Vie: « Imposer la pauvreté, c’est de la maltraitance, de la cruauté mentale envers les personnes démunies. »

Pour sa part, Sonia Côté de Loge m’entraide se montre soulagée par le retour d’investissements dans le logement social. « Après deux ans de vache maigre, le gouvernement investit 255 M$ pour la construction de 3000 unités de logement. Toutefois, ces investissements représentent le nombre de logements qui n’ont pas été financés depuis deux ans en raison des coupes budgétaires.

Loge m’entraide croit tout de même que pour répondre aux besoins des 40 000 ménages en attente de HLM au Québec et devant le surplus budgétaire de 3,7 milliards, le gouvernement aurait dû investir davantage, surtout avec les 400 millions $ qu’il recevra du gouvernement fédéral.

Pour Mireille Jean, présidente du caucus régional du Parti québécois, elle avoue que la reconstruction en Santé et en Éducation représente une bonne nouvelle en soi.

« Toutefois, on réinvestit après trois ans d’austérité. Quand on analyse les investissements prévus, on est encore en déficit sur ce qui a été coupé. Les gens ne paient pas d’impôts pour avoir des gros surplus budgétaires, mais pour obtenir des services. »

Sans avoir encore eu le temps de décortiquer le budget lors de son entretien avec TC Media, la députée de Chicoutimi avoue qu’il n’y a pas grand-chose dans celui-ci pour les régions.

« Il y a une bonne nouvelle pour Saguenay, par contre, puisqu’il y aura de l’argent supplémentaire pour le transport adapté. Je ne connais pas le montant que recevra la municipalité, mais il faut savoir que la Ville doit combler 300 000$ pour ce service. D’un autre côté, il n’y a rien dans le budget sur la condition féminine. Je parle de la violence faite aux femmes, que ce soit les agressions sexuelles et les violences conjugales qui ont besoin d’une intervention gouvernementale. »

Enfin, Mireille Jean avoue ressentir de la tristesse pour tous ceux qui n’ont pas eu de services lors des dernières années. « Aujourd’hui, le gouvernement libéral se pète les bretelles en disant qu’il réinvestit. Ce n’est pas franc comme geste et ça me met mal à l’aise. »