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Être trans : plus facile à vivre aujourd'hui


Publié le 17 avril 2017

Mia Simard a décidé de vivre pour elle, en toute liberté.

©Photo TC Media - Sabrina Malaison

DIFFÉRENCE. Depuis quelques années, certaines organisations travaillent à développer des outils afin de supporter les jeunes trans, notamment, dans les écoles.

La Table nationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie des réseaux de l'éducation présentait récemment aux commissions scolaires une liste de modifications à apporter dans leurs établissements pour les soutenir. Un avancement qui fera une belle différence selon Mia Simard.

« Dans la vie, il faut que tu t'assumes si tu veux que les gens te croient. »

Mia Simard

« C'est une très bonne affaire parce qu'il y en a beaucoup qui s'empêchent de faire la transition à cause de ça. S'ils ont la chance de pouvoir s'assumer aujourd'hui, de faire leur coming out, et aller par exemple dans les toilettes qu'ils veulent sans distinction de genre, ça va vraiment les aider. »

Celle qui a subi une opération, il y a deux ans, pour révéler la femme qu'elle est aujourd'hui explique ne pas avoir eu cette chance à l'époque de sa scolarité.

« C'est sûr que j'ai vécu beaucoup d'intimidation au primaire et au secondaire en rapport avec ça. Je le disais à mes amis et mon entourage que j'étais une femme dans un corps d'homme. »

À partir du moment où Mme Simard a réalisé qu'elle était une fille, elle a dû composer avec l'idée d'être dans la peau d'un garçon et de se vêtir en conséquence.

« Quand tu sais que tu n'es pas dans le bon corps, tu ne te sens pas bien. En grandissant, j'en avais honte, je le cachais, je ne l'acceptais pas. »

À ce moment-là, il était très difficile d'obtenir du soutien, alors que ce n'était pas une condition acceptée en société, évoque-t-elle.

« Il n'y avait rien pour nous aider. J'ai rencontré des psychologues, des psychiatres et ils ne me croyaient pas. Je m'étais dit que le jour où je me retrouverais seule, je pourrais faire mon coming out et avancer. »

Les temps ont changé depuis et le fait que le processus de changement de sexe soit maintenant défrayé par le gouvernement lui a permis de franchir une nouvelle étape à 50 ans. Mia ne regrette pas son choix.

« Dans la vie, il faut que tu t'assumes si tu veux que les gens te croient. Du jour au lendemain, j'ai tout jeté mon linge d'homme et je me suis mise à m'habiller en femme. J'ai toujours marché la tête haute avec le sourire aux lèvres. Je n'ai jamais baissé les bras. »

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