La période fin juin/début juillet devrait être diabolique

Moustiques, mouches noires et autres


Publié le 4 juin 2017

Moustique

©Photo depositphotos.com - dabjola

INSECTES. Si les gens ont pesté contre le froid et la pluie en mai, ils vont tout simplement s'arracher les cheveux quand va intervenir entre le 15 juin et le 15 juillet, la période des moustiques, des mouches noires et autres insectes piqueurs, selon Robert Loiselle, expert entomologiste et retraité de l'UQAC après 37 ans de service.

Arrivé au Saguenay en 1979, Robert Loiselle a été tour à tour assistant de recherche sur les fourmis au Québec, chargé de cours et responsable des laboratoires de biologie. Il travaille maintenant une journée ou deux par semaine pour la firme Desjardins Environnement, une firme antiparasitaire où il fait de l'identification et de la formation.

Oui, on va se faire manger tout rond en début d'été.

Robert Loiselle

« Cette année, le printemps a deux semaines de retard. Là où le bât va blesser, c'est quand les maringouins vont sortir. Il faut savoir que les maringouins, ce sont des eaux stagnantes alors que les mouches noires, ce sont des eaux courantes. Il faut déjà séparer ces deux groupes-là. On a eu plein de pluie en mai et ça va les favoriser tous les deux, mais pas de la même façon », explique Robert Loiselle.

Robert Loiselle, expert entomologiste, prévoit que les moustiques et mouches noires seront en grand nombre entre la St-Jean-Baptiste et le 15 juillet.
Photo: Courtoisie - Robert Loiselle

Les maringouins, ils sont associés avec la fonte de la neige. Il y a alors formation des étangs de fonte de la neige. Ce printemps très pluvieux ajoute de l'eau régulièrement à ces étangs. Les larves se développent rapidement. Dès qu'il y a de l'eau libre, la vie biologique démarre rapidement. Les larves broutent des algues qui se développent sur les feuilles mortes ou les bouts de branches. Le temps pluvieux va donc favoriser le développement de presque toutes les larves présentes.

Si au contraire, le printemps est rapidement chaud et sec, avec peu de précipitation et de bonnes journées de chaleur, les larves vont manquer d'eau et ne se développeront pas toutes.

Attention

« Ici en région, cette année, ce sont les étangs de fonte de la neige qui sont étirés. Oui, on va avoir beaucoup de maringouins et quand ça va sortir, d'ici à la deuxième semaine de juillet, on sort les vêtements pâles, on garde un ciré pour se protéger et la canette de DEET, le répulsif contre les maringouins et les mouches noires. Oui, on va se faire manger tout rond en début d'été », affirme Robert Loiselle, par expérience alors que dès 1970, ce dernier réalisait sa thèse de maîtrise sur les maringouins dans le Sud du Québec.

Les étangs de fonte de la neige génèrent des moustiques en début d'été, mais après, c'est terminé pour ce groupe.

De l'eau stagnante, comme cette fontaine, devient vite un incubateur à maringouins.

©Photo: TC MEDIA - france Paradis

« Là, on passe à un autre groupe, les moustiques des crues. Quand on a un été très pluvieux qui fait monter le niveau des rivières et des ruisseaux. Quand la rivière reprend son cours normal, ça laisse plein de flaques d'eau sur le bord qui favorisent les moustiques des crues. Ça leur prend une aux stagnante contrairement aux mouches noires qui doivent être dans une eau courante d'où ils attrapent leur nourriture au passage », explique le spécialiste en entomologie.

La période critique demeure donc entre la St-Jean-Baptiste et la mi-juillet.

Après ça. on devrait être relativement tranquille, même s'il restera toujours d'autres indésirables comme les brûlots.