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Pompiers forestiers : quand la forêt devient ton bureau


Publié le 12 juillet 2017

Les pompiers de la forêt sont conscients que leur profession n’est pas bien comprise. Il y a très peu d’images des pompiers en action.

©Photo archives

INCENDIE. Actuellement, la SOPFEU connaît une saison particulièrement basse. Bien qu’un seul feu soit en activité, toute l’équipe demeure en état d’alerte.

Dans le cadre d’une journée préventive, trois pompiers ont fait un arrêt au Village historique de Val-Jalbert. Robin Tremblay et Jean-Sébastien Girard, deux nouveaux combattants, ainsi que Patrice Charest, chef de lutte stade 2, et travaillant à la SOPFEU depuis 15 saisons.

Parfois, nos histoires peuvent sembler irréalistes, comme si on leur racontait un film avec des effets spéciaux.

Patrice Charest

« On parle souvent de la SOPFEU, mais on parle rarement de ses pompiers. On embauche des gens qui ont un intérêt pour la forêt. La grande majorité de nos pompiers ont soit une formation en lien avec la forêt ou le service des incendies », souligne Josée Poitras, agente à la prévention et à l'information à la base de Roberval.

Peu importe le pompier à qui vous demanderez ce qui l’a amené à choisir cette carrière, la passion de la forêt fera partie de son discours.

« Je me suis toujours senti bien en forêt. Je ne savais pas trop vers quoi me diriger dans mes études, j’ai fait un DEP en Protection et exploitation de territoire faunique. Durant mes études on m’a beaucoup parlé de la SOPFEU. Les histoires étaient entraînantes. J’ai postulé dernièrement et j’ai été sélectionné », souligne Jean-Sébastien Girard.

Un défi quotidien

Patrice Charest adore les défis que lui apporte sa profession. Il n’y a pas une journée pareille.

« On ne sait jamais où nous allons. On est déposé dans les régions où les risques de feu sont élevés. Il y a aussi l’aspect que tous les feux sont tous différents. On a beau avoir un plan A, on peut réussir à combattre un incendie une fois le plan W mit à exécution. Plusieurs éléments peuvent changer nos plans, mais c’est ce qui nous motive. Pour moi, la forêt, c’est le plus beau bureau du monde », souligne M. Charest.

Les pompiers de la forêt sont conscients que leur profession n’est pas bien comprise. Il y a très peu d’images des pompiers en action.

Patrice Charest souligne qu’il en parle peu avec sa famille et ses amis.

« J’en parle uniquement avec les autres pompiers. Parfois, nos histoires peuvent sembler irréalistes, comme si on leur racontait un film avec des effets spéciaux. On est déposé en hélicoptère en plein milieu d’une forêt vierge où l’homme n’a jamais mis le pied. C’est donc difficile d’en parler avec les gens. On marche près du feu afin de le devancer et arrêter sa progression. Il y a parfois, les avions-citernes qui volent au-dessus de nos têtes. On voit des choses spéciales », souligne-t-il.

Une formation particulière

Si vous souhaitez devenir pompier forestier, ne cherchez pas la formation dans un collège à proximité, car elle n’existe pas.

« La SOPFEU prend 5 ans pour former ses pompiers. La formation de pompier forestier n’existe pas dans les écoles, c’est la SOPFEU qui donne les cours pour devenir combattant qualifié, chef d’équipe, chef de lutte stade 1, stade 2, etc. De plus, nous misons beaucoup sur la santé et la sécurité de nos pompiers forestiers », explique Mme Poitras.

Des outils appréciés

La SOPFEU met à la disponibilité des gens des outils précis et efficaces afin de réduire le niveau d’incendie. L’application mobile développée par la SOPFEU permet grâce à la géolocalisation d’avoir accès à toutes les données. De plus si un foyer d’incendie éclate à proximité, une alerte est aussitôt envoyée à l’utilisateur.

Un autre outil bien apprécié des amateurs de plein air est le sac imperméable pour éteindre le feu de camp. Il contient 10 litres d’eau et ne prend pas beaucoup de place dans un sac à dos. La SOPFEU a développé le produit avec Pronature et espère que les amateurs de plein air en feront l’acquisition, car annuellement 50 foyers d’incendie sont déclarés au Québec à la suite d’un feu de camp laissé pour mort.