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Jonathan Bouchard met son génie au service de l'imagerie médicale

Inventer un scanner d’imagerie cérébrale révolutionnaire


Publié le 13 juillet 2017

Jonathan Bouchard montre ici l'anneau de détection du futur scanner qui intègrera quelque 150 000 canaux dont les signaux formeront une image haute résolution 7 fois plus précise que tout ce qui se fait actuellement dans le monde.

©Photo: Courtoisie - Université de Sherbrooke

SANTÉ. Jonathan Bouchard, originaire d'Alma, amorcera en septembre son doctorat en génie électrique à l'Université de Sherbrooke. Il vient de décrocher une bourse d'études supérieures du Canada Vanier qui lui permettra de travailler sur la mise au point d'un scanner révolutionnaire pour le cerveau qui permettra d'imager des lésions sept fois plus petites que tout ce qui se fait actuellement.

Fils de Josée Fortin et Yvon Bouchard, Jonathan est venue au monde sur la rue Goyer, dans le quartier Naudville.

Je veux aider les gens à ma façon à travers ma passion de faire de l'électronique.

Jonathan Bouchard

Il a fait ses études primaires à l'école St-Sacrement, ses études secondaires à Camille-Lavoie et au Collège d'Alma, il a réalisé un double DEC, soit en sciences pures de la nature  et… en musique où il a apprivoisé la guitare électrique, sa deuxième passion.

Il s'est ensuite dirigé vers l'Université de Sherbrooke où il a d'abord réalisé son baccalauréat en génie électrique. D'ici septembre, il va compléter sa maîtrise dans ce même domaine pour ensuite amorcer son doctorat en génie électrique.

« Ce qui m'intéresse vraiment, c'est le génie comme tel, le développement de produits électroniques qui vont aider les gens à avoir une meilleure qualité de vie. Je veux aider les gens à ma façon à travers ma passion de faire de l'électronique et c'est pour ça que j'ai un penchant pour l'imagerie médicale. C'est un domaine de pointe, de super haute technologie, mais en même temps, c'est un domaine où l'application est concrète et permet d'aider les gens et d'apporter quelque chose dans la société », commente Jonathan Bouchard.

Projet ambitieux

Obtenir une qualité d’image cérébrale inégalée et une résolution supérieure, c'est en quelque sorte le défi que veut relever Jonathan. À cet effet, il recevra 50 000$ chaque année pendant trois ans pour s’y consacrer.

Déjà, en décidant de faire sa maîtrise en génie électrique, il avait travaillé sur le groupe de recherche en appareillage médical qui travaille déjà à développer l'imagerie médicale.

Le service faisait déjà de la recherche pour l'imagerie sur les petits animaux. Il utilisera donc les bases de cette recherche afin de concevoir un scanner de haute définition pour le cerveau humain.

« Plus spécifiquement, l’objectif de mon projet de doctorat sera de concevoir l’électronique d’un scanner de tomographie d’émission par positron (TEP) dédié à l’imagerie cérébrale clinique en utilisant les modules de détection de technologie LabPET II, un détecteur développé par le GRAMS pour l’imagerie sur les petits animaux. C’est un projet de grande envergure dans un domaine de pointe où aucun compromis sur les performances n’est possible. C’est un domaine de recherche concret, appliqué et très stimulant. Je serai entouré d’une équipe expérimentée et incroyablement talentueuse pour relever ce défi », précise Johathan.

Le projet vise donc à obtenir le premier prototype fonctionnel de scanner TEP pour l’imagerie clinique du cerveau humain possédant une résolution spatiale inférieure à 1,25 mm. À ce jour, les scanners TEP en imagerie cérébrale permettent de localiser, dans le meilleur des cas, des anomalies de l’ordre de 2,5 mm, ce qui n’est pas toujours suffisant pour poser un diagnostic précis, notamment pour comprendre les processus liés à l’évolution de la maladie d’Alzheimer.

Du côté de la recherche biomédicale, le gain considérable dans la résolution spatiale permettra d’imager des lésions dont le volume est 7 fois plus petit que celles détectées par le meilleur scanner TEP cérébral actuel.

Un tel scanner demandera l’intégration de plus de 150 000 canaux dans l’anneau de détection afin d’obtenir un champ de vue suffisant pour la tête d’un humain. Le défi de Jonathan sera de concevoir le système électronique capable d'absorber toutes ces données et restituer une image fidèle du cerveau en haute définition.

Une partie de la formation doctorale de Jonathan s’effectuera au Massachusetts General Hospital (MGH), affilié au Harvard Medical School.