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Intimidation et saluts nazis

Hausse des propos et gestes haineux dans les écoles du Québec

Le 24 février 2026 — Modifié à 08 h 29 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Une recherche menée par le politologue Francis Dupuis-Déri et rendue publique hier par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) met en lumière une montée préoccupante de la misogynie, de l’antiféminisme, de l’homophobie et de la transphobie dans les écoles primaires et secondaires du Québec. L’étude repose sur des témoignages d’enseignants issus de près de 200 écoles publiques, situées dans huit régions de la province.

Selon les personnes interrogées, les propos et gestes discriminatoires sont non seulement plus fréquents, mais aussi davantage assumés qu’auparavant. Plusieurs affirment que ces comportements s’expriment désormais ouvertement et parfois en groupe.

Les témoignages recueillis documentent que ceux-ci prennent diverses formes telles que des propos sexistes ou antiféministes, des attaques verbales visant la diversité sexuelle et de genre, des graffitis, de l’intimidation collective, de la dégradation de drapeaux arcenciel et même des saluts nazis.

L’étude révèle également que les comportements les plus visibles seraient majoritairement le fait de groupes de garçons sportifs, un constat que la FAE juge central pour mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre et cibler les interventions futures à effectuer dans les milieux scolaires.

« Plus que jamais, il importe de prendre acte de cette réalité et d'agir. Il faut cesser de banaliser ces formes de violence et il faut outiller les milieux afin d'offrir à toutes les personnes qui œuvrent dans le réseau - élèves et personnel scolaire - un environnement sécuritaire, inclusif et respectueux. », a affirmé Annie-Christine Tardif, vice-présidente à la vie professionnelle de la FAE.

Par ailleurs, selon les témoignages, les comportements rapportés ne seraient pas associés à une origine ethnoculturelle ou à une appartenance religieuse particulière. Ils apparaissent dans toutes les régions du Québec, dans des écoles aux profils variés, qu’elles soient homogènes ou très diversifiées.

« Ce que montrent les témoignages, c'est une montée de gestes et de paroles décomplexés qui fragilisent les milieux scolaires. Et ce constat ne peut plus être évité.  Ce que nous avons observé est sérieux et préoccupant. Mais ce n'est ni inévitable ni insoluble. Documenter rigoureusement ces réalités, c'est refuser de détourner le regard et se donner les moyens d'agir de façon plus lucide et plus efficace. », a déclaré Francis Dupuis-Déri, auteur de la recherche.

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