Qu'y a-t-il derrière toute cette histoire ?
Mardi soir, quelques minutes avant le début de la séance publique de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, on pouvait se rendre compte que quelque chose de bien spécial était sur le point de se produire.
À quelques mètres de l'Hôtel de Ville d'Alma, on pouvait apercevoir une voiture de la Sûreté du Québec et deux patrouilleurs qui étaient en observation. Une demi-heure avant le début de l'assemblée publique, des voitures bondées de personnes arrivaient petit à petit pour se rassembler à l'extérieur de l'édifice municipal en attente du début de la séance publique tant attendue par les citoyens de l'Ascension, mais également par d'autres citoyens d'autres municipalités de la MRC Lac-Saint-Jean-Est. Sur le coup de 19 h 30, le préfet Réjean Bouchard donnait le coup d'envoi à cette rencontre des élus municipaux. La salle était bondée et on sentait que l'atmosphère n’était pas habituelle.
• • •
Après la lecture de l'ordre du jour, on s'est vite rendu compte que quelque chose était à la veille de se passer, les maires acceptant de modifier l'ordre du jour et devancer l'item de la résolution 5456-06-2007 concernant le prolongement des opérations d'élimination des matières résiduelles au lieu d'enfouissement de l'Ascension. La mise au jeu était alors faite et les parties en présence étaient sur le point de s'affronter dans l'arène.
• • •
Le porte-parole du Comité des matières résiduelles, Lucien Boily, conseiller de ville d'Alma, a fait la lecture du projet de résolution que l'on avait préalablement adopté sur division lors de sa rédaction en réunion de comité. Cette proposition a été secondée par le maire d'Hébertville, Léonard Côté. Après plusieurs tentatives pour apporter quelques amendements, notamment pour y inclure une clause de pénalité, le maire de Labrecque, Daniel Perron, a demandé le vote sur cette proposition. Le résultat : douze représentants ont voté en faveur de la résolution alors que six maires ont voté contre. La résolution était adoptée à la majorité.
La table était mise pour des échanges vigoureux entre les parties opposées. Le maire de Saint-Nazaire, Éric Girard, a parti le bal avec sa sortie de la salle des délibérations suivi quelques minutes après par le maire de Labrecque, Daniel Perron et le maire de Sainte-Monique, Georges Bouchard. Le maire de Saint-Henri-de-Taillon, André Paradis, a exprimé son désaccord sur le projet de résolution, mais a préféré demeurer à la table du conseil de la MRC.
• • •
Ce qui ressort de cette partie de bras de fer qui est survenue cette semaine, c'est cette volonté absolue des représentants du secteur Nord d'inclure dans le projet de résolution une clause de pénalité. Cet item avancé était loin de faire consensus auprès des autres représentants du conseil de la MRC.
D'un côté, on se butait à vouloir inclure la clause pour s'assurer de la bonne foi de la MRC et de l'autre côté, on se sentait froissé que des membres d'une même organisation qui a la mission commune d'un développement positif pour l'ensemble des municipalités qu'elle représente, puissent mettre en doute les décisions prises d'une façon démocratique. Le lien de confiance entre les partenaires était, tout compte fait, disparu.
• • •
Pour un observateur, il semble difficile de croire que c'est uniquement cette clause de pénalité qui puisse être le point majeur qui a fait dégénérer les événements, mardi soir dernier. Il doit bien y avoir quelque chose de plus que l'on ne veut pas nous dire ? À quelques occasions, j'ai eu la chance de discuter avec des maires de la MRC et lorsque l'on veut approfondir la question, on se bute toujours à cette même réponse évasive que les gens qui ont des choses à ajouter sur ce sujet, devront se lever pour expliquer clairement leur point de vue.
Entre temps, le conseil de la MRC Lac-Saint-Jean-Est va de l'avant dans sa volonté de fermer le lieu d'enfouissement de l'Ascension le 31 décembre 2013 et elle amorce dès maintenant les démarches pour trouver une autre alternative pour la disposition des matières résiduelles. On verra bien dans quelques années si cette lutte intestinale avait bien sa raison d'être…