Des algues bleu vert dans mon lac ? Merde alors… !
L’information a de quoi surprendre et déranger. Si le fait de mettre le gros orteil dans les eaux du lac Saint-Jean représente un danger, on est en mesure de se poser de sérieuses questions, dont la plus cruciale : où s’en va la planète ?
Quand la nouvelle est tombée sur les fils de presse mercredi, mes deux yeux avaient du mal à lire le court et laconique communiqué de presse émis par la direction du Parc national de Pointe-Taillon.
Quatre petits paragraphes qui font état de la découverte avec un titre qui sonne une véritable sonnette d’alarme : « MISE EN GARDE FACE À LA PRÉSENCE POTENTIELLE DE PARTICULES DE CYANOBACTÉRIES (ALGUES BLEU-VERT) SUR LA PLAGE DU PARC NATIONAL DE LA POINTE-TAILLON (Secteur Taillon).
Et vlan ! Notre symbole national, notre fierté individuelle, notre mer intérieure, notre source de joie et de détente, notre lac vient de tomber de son podium.
Dans ce court texte, la direction du Parc national de Pointe-Taillon émet un avertissement sur la présence potentielle de particules de cyanobactéries (algue bleu-vert) sur la plage du parc, secteur Taillon. Selon la direction du parc, la présence de particules vertes ressemblant à des cyanobactéries a été observée dans la zone de baignade du parc.
On attend les résultats d’analyse, en début de semaine, afin d’avoir la confirmation qu’il s’agit bien de cyanobactéries présentant un risque pour la santé humaine.
La baignade demeure toutefois autorisée et toutes les activités du parc sont offertes. Les usagers sont invités à la prudence si l’eau devait devenir verte ou trouble. Dans tous les cas, il faut éviter d’ingurgiter de l’eau. Également, des réservoirs d’eau ont été installés pour accommoder les campeurs dans certains secteurs du parc.
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Tout le monde en est conscient, l'eau est essentielle à la vie. Comme simples humains, nous en sommes les gardiens pour sa qualité et également tributaires pour notre santé, nos loisirs et notre qualité de vie.
Pourtant, on connait la chanson et la large contribution de l’espèce humaine dans ses activités quotidiennes irrespectueuses de l’environnement fait en sorte que plusieurs de nos lacs et cours d’eau se sont détériorés.
L’accélération à très grande vitesse de l’eutrophisation (vieillissement du plan d’eau), la surabondance de plantes aquatiques envahissantes ou d’algues, comme les algues bleu-vert, sont devenues une problématique importante.
L'eau est une ressource tellement précieuse et si fragile qu’aucun individu et encore moins, aucun décideur, ne peut dire qu’il s’en lave les mains !
Il faut dès maintenant s’engager à poser personnellement des gestes simples qui contribueront à protéger, restaurer et mettre en valeur nos plans d’eau au Québec, dont notre lac Saint-Jean.
Mais avant de partir à la guerre, il faut connaître l’ennemi !
Mais qu’est-ce que les cyanobactéries et à quoi ressemblent ces fleurs d’eau ?
Les algues bleu-vert, dont le terme scientifique est cyanobactéries, sont des microorganismes qui existent depuis plus de 2 milliards d'années. Elles sont naturellement présentes dans les lacs et les rivières du Québec à de faibles concentrations. Elles ne causent généralement pas de problème. Sous certaines conditions, cependant, les algues bleu-vert se reproduisent rapidement et en abondance. Elles forment alors ce qu'on appelle des fleurs d'eau. Certaines espèces d'algues bleu-vert produisent des toxines, ce qui peut présenter un risque pour la santé.
Les fleurs d’eau (blooms) de cyanobactéries résultent de la prolifération excessive de leur communauté. Ces fleurs d'eau peuvent ressembler notamment à une soupe au brocoli, à une purée de pois ou à un déversement de peinture (écume). Ces fleurs d’eau sont rarement rougeâtres, mais souvent vertes ou turquoises.
Ces fleurs d’eau peuvent affecter la santé des usagers du milieu aquatique si les cyanobactéries et les toxines qu’elles produisent (cyanotoxines) sont présentes en trop grande quantité. Les usages sensibles concernent surtout ceux qui entraînent un contact direct avec les eaux affectées (baignade, planche à voile, enfant qui s’amuse sur le bord de l’eau, etc...). Des sources servant d’approvisionnement en eau potable peuvent aussi être touchées. Un traitement adéquat doit alors être appliqué. Une fleur d’eau de cyanobactéries peut donc présenter des risques pour la santé des baigneurs et des autres usagers du milieu aquatique.
Le phosphore en surplus est le principal responsable de la formation et du maintien des fleurs d’eau de cyanobactéries. D’autres facteurs moins importants y contribuent, dont notamment l'ensoleillement, la température, le pH ainsi que les faibles courants ou les eaux stagnantes.
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Maintenant que l’on connait l’ennemi, à l’attaque !
On doit d’abord tout faire pour réduire les charges de phosphore parvenant directement ou indirectement dans ce milieu (bassin versant). Ces charges peuvent provenir d’activités agricoles, d’eaux usées domestiques (réseau d’égout ou installation septique), de certaines industries, de fertilisants, etc…
D’autre part, les habitats riverains ou humides doivent être protégés ou réhabilités afin de minimiser le ruissellement du phosphore vers le milieu aquatique.
Et si on s’y mettait immédiatement ?