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Greenpeace: devrait-on boycotter nos cure-dents ?

France Paradis par France Paradis
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Article mis en ligne le 24 août 2007 à 10:27
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Greenpeace: devrait-on boycotter nos cure-dents ?
Lundi soir, j’écoutais les réactions suite à l’appel au boycotte de la part du groupe écologiste Greenpeace envers les compagnies forestières Abitibi-Consolidated, Bowater, Kruger et SFK Pâte. J’ai alors regardé mon cure-dents en me demandant sérieusement laquelle de ces compagnies fournissait en matières premières l’entreprise qui les a fabriqués et si je devais suivre la directive de Greenpeace et boycotter mon propre cure-dents.
Ridicule comme raisonnement ? Pas tant que ça quand on regarde comment le bois, sous toutes ses formes, occupe une place majeure dans notre environnement et comment l’appel au boycotte de la part de Greenpeace n’est sans doute pas nécessairement la bonne manière de faire les choses.

D’ailleurs, avec Greenpeace, le slogan est « Sauvons la planète à tout prix », mais ces idéalistes oublient souvent de se poser la question « Quel prix devra-t-on payer pour sauver la planète ? »

Mais avant tout, de quoi Greenpeace se mêle-t-il ? Ce groupe écologiste qui s’est taillé une solide réputation internationale en matière de défense de l’environnement a manqué cette semaine une belle occasion de se fermer la gueule dans le dossier de la forêt au Québec.

Les représentants de Greenpeace, sans étude étoffée de la situation, mettent leurs grosses pattes pour venir fouler au pied une industrie qui est déjà par terre et qui ne voit pas le jour où elle pourra se relever.

Le Québec, ce n’est pas la destruction sauvage de la forêt comme en Amazonie; le Québec, c’est un monde pacifique où le gouvernement exerce un contrôle sur le prélèvement de la matière ligneuse en harmonie avec l’environnement.
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Au départ, lundi dernier, Greenpeace a encore une fois tenu sa conférence de presse dans un grand hôtel du centre-ville de Montréal, là où la forêt de béton est tellement dense que c’est par miracle qu’un minus arbre ne réussisse à pousser.

Les responsables de Greenpeace savaient très bien que s’ils étaient venus en région pour tenir une telle conférence de presse, ils se seraient fait servir la même médecine de la manifestation pour les empêcher de parler.

Lundi, on a dévoilé les résultats de l’enquête de Greenpeace sur la chaîne de destruction et de consommation de la forêt boréale. Greenpeace presse les marchés internationaux de protéger la forêt québécoise.

Selon cette enquête, Greenpeace a révélé l'identité de plus de 35 grandes compagnies canadiennes, américaines et européennes qui encouragent la destruction de la forêt boréale du Québec et de l'Ontario afin de fabriquer des produits de consommation courante.

Greenpeace vise les grandes entreprises qui achètent du bois ou de la pâte à papier à des compagnies ayant de mauvaises pratiques forestières telles qu'Abitibi-Consolidated, Bowater, Kruger, ou encore SFK Pâte, une importante papetière.

« Aujourd'hui, nous identifions publiquement les clients des compagnies forestières récalcitrantes, bla ! bla ! bla ! », soulignait alors Mélissa Filion, responsable de la campagne Forêt boréale de Greenpeace, la « granola » de service pour cette conférence de presse.
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J’ai bien aimé la réplique du président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Guy Chevrette, un homme qui est loin d’avoir une « langue de bois ».

Il juge irresponsable la campagne de peur menée par Greenpeace auprès des clients de certaines entreprises forestières. La suspension complète des activités forestières en forêt boréale et l'action menée auprès des clients pourraient ni plus ni moins que condamner à mort plusieurs communautés dont l'économie repose sur la mise en valeur de la ressource forestière.

« Il est absolument essentiel que la population réalise qu'en employant une telle tactique pour arriver à ses fins, ce groupe pose un geste qui ne sert pas les intérêts du Québec. Quelle notion de développement durable ce groupe a-t-il pour ignorer complètement les volets économique et social ? Pour qui travaille-t-il donc ? Réalise-t-il que le bois est le matériau écologique par excellence ? », signale Guy Chevrette.

L'ensemble des intervenants du milieu forestier, incluant les groupes environnementaux, travaillent tous ensemble depuis des mois pour essayer de trouver des solutions afin de continuer l’amélioration du régime forestier québécois.

La solution Greenpeace, quand j’y pense, est-ce que ça vaut un cure-dents ?

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