Enfin, on se lève pour répliquer au maire Tremblay !
Depuis qu’il est maire de Ville Saguenay, Jean Tremblay joue de l’arrogance et de la mesquinerie en utilisant son statut de « grand patron » de la métropole de la région. Il réclame haut et fort, en écrasant parfois les pieds de tout le monde, que tous les investissements et projets devraient se retrouver dans son terrain de jeu. Et, dans les grands débats où les médias lui accordent une trop grande visibilité, il se prétend régionaliste et dit travailler pour l’avancement du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Mais enfin, les maires du Lac-Saint-Jean ne veulent plus laisser Jean Tremblay faire la pluie et le beau temps, dans les dossiers. Ils commencent à dire tout haut ce qu’ils ont tu depuis très longtemps. Comme journaliste, on recueille parfois des confidences, mais ce n’est pas toujours pour publication. Mais de la part des maires du Lac-St-Jean, la grogne contre Jean Tremblay ne date pas d’hier.
Deux exemples récents démontrent que Jean Tremblay ne détient pas nécessairement à lui seul la science infuse du développement social.
Dans le dossier de la construction de la nouvelle prison régionale à Roberval et dans le dossier de la taxation des barrages privés de la compagnie Alcan, notamment et les redevances qu’il voudrait en tirer, le maire Tremblay s’est lui-même tiré non seulement dans le pied droit, mais dans le gauche également.
Dans le dossier de la prison, Jean Tremblay crie haut et fort au scandale. Cependant, faut croire que « politiquement parlant », il s’est fait damer le pion par l’ex-député de Roberval, Karl Blackburn, qui a bien su manœuvrer et utiliser ses nombreux contacts dans les officines du gouvernement pour faire aboutir le projet de la prison régionale à Roberval.
Reste à voir le document de réflexion qui a mené à cette prise de décision. On pourra alors juger si c’est la « politique » ou bien la « logique » qui a eu le dessus.
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Mais dans le dossier de la taxe sur les barrages privés, le maire Jean Tremblay tente d’ouvrir une brèche qui, si elle pouvait s’avérer rentable pour Ville Saguenay, risquerait à moyen et long terme de devenir néfaste pour l’ensemble de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Déjà, par le passé, le maire d’Alma, Gérald Scullion, avait lancé quelques flèches envers son homologue saguenéen, mais pas plus.
Qui voudrait affronter en face à face un tribun de la trempe de Jean Tremblay ? Il a la langue bien pendue et ne mâche pas ses mots quand le besoin s’en fait sentir.
D’ailleurs, lundi soir dernier, à l’issue de sa prise de position sur la question de cette taxe sur les barrages privés, le maire Gérald Scullion a tenu à faire une petite mise au point, histoire de protéger à la fois la chèvre et le chou.
« Ce n’est pas un désaveu du travail de Monsieur Tremblay. J’explique simplement le point de vue de Ville d’Alma », a lancé Gérald Scullion, réalisant alors de façon consciente qu’il n’a absolument rien à gagner à soulever une polémique contre le « volubile » maire Jean Tremblay et risquer de mettre de l’huile sur le feu entre le Saguenay et le Lac-St-Jean.
Cependant, force est d’admettre qu’à titre de premier magistrat de la ville la plus importante au Lac-St-Jean, Gérald Scullion a un peu comme le mandat « non écrit » de faire contrepoids au maire Jean Tremblay afin de rééquilibrer le débat.
Dans le dossier de la taxation des barrages de la compagnie Alcan, Gérald Scullion se dissocie carrément de Jean Tremblay. Si ce dernier possède plusieurs barrages sur son territoire (appartenant autant à Alcan qu’Abitibi Consolidated), Gérald Scullion abrite sur son territoire plusieurs installations du même type, dont la centrale Isle-Maligne, les différents barrages de retenue de la compagnie Alcan et quelques infrastructures appartenant à Abitibi.
À ce titre, le maire Scullion est parfaitement justifié de prendre position et de faire valoir des arguments qui vont au-delà de la simple gourmande d’augmenter à brève échéance les revenus d’une municipalité.
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Je suis parfaitement en accord avec le commentaire de Gérald Scullion qui souligne que le propos de Jean Tremblay n’est vraiment pas un bon message à envoyer à la multinationale Alcan qui a le choix d’investir partout ailleurs dans le monde, si elle le désire, au lieu de se plier aux « gourmandises » de la région.
Dans le cas précis d’Alma, ce n’est véritablement pas la façon de faire et les élus entendent bien continuer à travailler en partenariat avec Alcan pour préparer adéquatement le terrain, en prévision, notamment, de l’agrandissement de l’aluminerie Alma, autour des années 2010 ou 2011.
Dans le cadre de tous les projets développés ces dernières années avec les grandes entreprises présentes sur son territoire, politiciens municipaux et hauts fonctionnaires ont développé une relation basée sur la confiance. Le principe du fonctionnement « chose dite, chose faite » s’applique et est respecté.
Les autorités de Ville d’Alma ont mis cartes sur table avec les multinationales pour les aider à donner plus de valeurs à leurs actions et la municipalité a réussi à très bien tirer son épingle du jeu.
Au nom de quelques redevances additionnelles sur le dos de la multinationale, Gérald Scullion n’est pas prêt à sacrifier l’éventuel investissement de près d’un milliard $ pour l’agrandissement de l’aluminerie Alma.
On appelle ça une relation « gagnant/gagnant ».