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Forestiers et Greenpeace font un pas en avant

France Paradis par France Paradis
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Article mis en ligne le 12 octobre 2007 à 11:47
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Forestiers et Greenpeace font un pas en avant
Mardi dernier, il s’est produit quelque chose d’important à Alma, lors du forum organisé par la Fédération des travailleurs et travailleuses des pâtes et de la forêt de la CSN pour faire le point dans le dossier de la forêt boréale. Les forestiers et la représentante de l’organisme écologique Greenpeace étaient assis à la même table.
On ne s’est pas tiré de bûches de bois, on n’a pas sorti la hache de guerre ni la tronçonneuse et encore moins la débusqueuse: on s’est juste parlé bien calmement, poliment, on s’est écouté et chacun comprend mieux maintenant les positions de l’autre.

Il fallait un certain courage à la représentante du dossier forêt boréale chez Greenpeace, Mélissa Filion, pour venir s’asseoir devant quelque 140 représentants du monde forestier.

Non seulement, la salle était remplie à presque totalité d’hommes de la forêt, mais ces gens gagnent avant tout leur vie à partir de la forêt. Ce sont les arbres qui mettent du beurre sur leur pain et qui permettent de jouir de revenus décents.

Voir débarquer un extraterrestre de la trempe d’un membre de Greenpeace dans le décor, ça l’a de quoi déranger.

Déjà, en juillet dernier, Greenpeace avait mis son grain de sel dans l’épineux dossier de la forêt boréale. Le siège social de la compagnie forestière Abitibi Consolidated avait alors été la cible, à Montréal, d'un geste de désobéissance civile de la part de l’organisme Greenpeace qui dénonçait alors la destruction massive de la forêt boréale du Québec et du Canada.

Greenpeace demande à la forestière de participer activement à différer immédiatement les coupes sur les territoires de forêts intactes le temps qu'un réel réseau d'aires protégées soit mis en place et de certifier ces opérations par le FSC.

Les gens de Greenpeace affirmaient alors : « Abitibi Consolidated est un citoyen corporatif irresponsable. Voilà des années que cette entreprise pille les dernières forêts intactes du Québec, pille notre économie, pille nos travailleurs, pille nos communautés régionales et pille les Premières nations », soutenait la même Mélissa Filion, qui était présente à Alma mardi dernier.

Selon l’organisme, la protection de la forêt boréale est urgente. Abitibi Consolidated est l'entreprise forestière qui possède les plus importants volumes de bois alloué au Québec et en Ontario, et ce, presque uniquement en forêt boréale. Abitibi Consolidated détient des droits d'exploitation sur environ 16,8 millions d'hectares de forêts au Canada, une superficie légèrement plus grande que le Népal ou la Tunisie.

Au Québec seulement, la compagnie possède le droit de couper 5 491 850 m3, soit trois fois le volume de l'enceinte du Stade Olympique de Montréal. Quelque 175 millions d'hectares de forêt boréale, un territoire trois fois plus grand que la France, a été fragmenté ou modifié au Canada par l'exploitation et le développement industriel.
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Comme il fallait s’y attendre, Mélissa Filion, a reçu un accueil « froid » de la part des quelque 140 intervenants participants au colloque sur la forêt boréale. Elle a cependant répété devant tous que les demandes de Greenpeace sont raisonnables et que la position de son organisme est responsable.

Première intervenante dans le débat, histoire de casser la glace, Mélissa Filion qui savait très bien qu’elle était en terrain ennemi, a d’abord demandé s’il y avait des militants de Greenpeace dans la salle. Pas une seule main ne s’est levée.

La militante écologiste en a profité pour nuancer la position de son organisme en rapport avec l’appel au boycott lancé en juillet dernier.

Mélissa Filion s’en prend d’avantage aux compagnies forestières et surtout, à l’inaction du gouvernement dans le dossier alors que nombre de recommandations du Rapport Coulombe sont restées en plan.

Pourquoi ? Simplement parce que ces recommandations ne font pas l’affaire des compagnies forestières qui jouissent d’un très fort lobby auprès des instances gouvernementales.
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Les gens du monde forestier ne prennent pas au pied de la lettre les propos de Greenpeace. Cependant, on s’entend maintenant sur un point, il faut imposer aux entreprises des certifications plus pointues en matière de respect de l’environnement.

Si Greenpeace rêve de sauver la planète, les forestiers rêvent de sauver leur peau avant tout !

Le débat a fait un pas en avant, mais la route est encore longue.

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