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Étude TECSULT: les citoyens d’Alma sont pris en otage

France Paradis par France Paradis
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Article mis en ligne le 26 octobre 2007 à 8:59
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Étude TECSULT: les citoyens d’Alma sont pris en otage
En prenant connaissance de l’étude TECSULT, rendue publique lundi par le ministère des Transports du Québec, je suis allé lire les conclusions avant de lire l’argumentation. J’ai comme eu l’impression de déjà vu ou de déjà lu. C’est comme si on avait écrit en premier les conclusions en demandant aux responsables de la firme de rédiger une argumentation qui se tient et qui vient supporter les grandes recommandations du document.
En bout de compte, quand on sait lire entre les lignes, le ministère des Transports refuse une nouvelle fois de mettre ses culottes; le MTQ en renvoyant la balle à la population, se justifie de reporter aux calendes grecques l’investissement requis pour finaliser l’autoroute Alma-La Baie; le MTQ prend ainsi en otage les citoyens de Ville d’Alma qui se retrouvent coincés dans le débat.

Si les gens d’Alma et le milieu des affaires ne changent pas d’idée, le projet n’avancera jamais et on les accusera de vouloir développer uniquement leur secteur, au détriment du reste de la région Lac-Saint-Jean.

S’ils changent d’idée, ce sera au prix de mettre de côté un consensus local vieux de plus de 30 ans tout en oubliant tout ce qui a été dit et écrit sur la question depuis la signature historique de 1976 où l’on annonçait la construction de la voie de l’avenir, l’autoroute Alma-La Baie.

Est-on prêt à mettre tous ces efforts de côté au nom de la solidarité régionale ?

Ça va certainement se décider encore une fois dans le cadre d’audiences publiques du BAPE avec son cortège de mémoires et de présentations où les frères « ennemis » devront s’affronter sur la place publique.
• • •
Je suis comme vous, fatigué d’entendre parler de ce dossier. Je fais partie de la génération de journalistes qui ont amorcé leur carrière au moment où l’on annonçait la construction de cette autoroute devant réunir les deux pôles majeurs que sont le Saguenay et le Lac-Saint-Jean.

Si je faisais un relevé du nombre de textes que j’ai écrits sur ce sujet, il y aurait de quoi publier un livre d’au moins 300 pages.

Mais, force est de constater, qu’avec la publication de l’étude TECSULT, en début de semaine, on est retourné à la case départ. En fait, on retourne au début des années 2000 et tout le houleux débat opposant Ville d’Alma et la municipalité de St-Bruno, notamment, sur le tracé que la route devrait suivre.

Il y a un vieux proverbe qui dit que seuls les imbéciles ne changent pas d’idée.

Je ne crois pas que les 6000 signataires de la pétition du groupe Accès Direct Alma soient des imbéciles. Je ne crois pas que leur position soit coulée dans le ciment.

Mais là, on leur demande de refaire un sérieux examen de conscience régional pour valider un changement de cap et d’option.
• • •
Dans ce dossier, la soupe est chaude, pour ne pas dire brûlante. J’ai donc bien aimé la première réaction de Stéphane Lefebvre, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lac-St-Jean-Est, l’un des organismes-pilier du mouvement Accès Direct Alma.

Représentant de plus de 700 membres, Stéphane Lefebvre demande à ce que l’on pousse plus loin la réflexion sur le choix de tracé pour finaliser le lien routier, à quatre voies divisées, vers le Lac-Saint-Jean.

La position est à la fois ferme, mais mesurée et le président veut avoir tous les éléments en main pour être en mesure de prendre une décision éclairée. C’est pourquoi la CCI réclamait haut et fort que l’étude soit rendue publique.

De toute évidence, la Chambre ne peut changer une position adoptée avec l’ensemble des intervenants du milieu, il y a plus de quatre ans, sans avoir tous les éléments en main pour permettre de reconsidérer sa position, si cela s’avérait nécessaire.

De façon très posée, la Chambre souhaite notamment que:

— Les intervenants préoccupés par ce dossier se rencontrent pour évaluer rapidement la suite des choses;

— La CRÉ ne prenne pas position sur ce dossier, avant que les intervenants n’aient l’occasion de prendre connaissance des études et de consulter les gens du milieu;

— Qu’il y ait une prise de position consensuelle du milieu.
• • •
Et voilà, le bal est reparti pour un autre deux ans. Pendant ce temps, en l’absence de consensus, Québec est justifié de ne pas investir dans le développement de la région et les politiciens enfourchent un vieux cheval de bataille boiteux et usé.

Plus ça change, plus c’est pareil !

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