L’inflation rattrape les almatois et la vraie vie !
Il fallait bien s’y attendre. Les contribuables almatois vont devoir absorber en 2008 une augmentation de 2,4 % de leur compte de taxe foncière. Pour une résidence moyenne, évaluée à 108 000 $, cette hausse représente un montant de 27,75 $. Si l’on tient compte du fait que le compte de taxes des citoyens d’Alma est gelé depuis huit ans, cette augmentation représente un maigre 0,3 % par année et une hausse de… 3,47 $ sur la facture.
Depuis 1999, année de l’arrivée des premiers certificats d’évaluation de la nouvelle aluminerie Alma de la compagnie Alcan, la vie municipale n’est plus la même.
Dans les faits, les élus de la Cité de l’hospitalité ont décidé d’offrir « l’hospitalité » à leurs propres citoyens en les protégeant d’augmentations de taxes, année après année.
Ce que les élus ont fait, c’est d’utiliser les nouveaux revenus de la taxe Alcan pour en faire profiter les contribuables, pour imposer un radical remboursement de la dette tout en mettant en place un programme de non emprunt permettant de payer comptant tous les investissements de la municipalité.
Personnellement, je n’ai jamais été en faveur de cette formule trop drastique du non emprunt et du gel de la taxe.
Dans un monde où tout augmente en terme de coûts, il y a comme une aberration de voir un compte de taxe gelé pendant huit ans.
Certes, les politiciens sont en politique pour faire des promesses et essayer de les tenir. Présenter année après année un gel de la taxe, c’est politiquement rentable et ça donne une belle gueule pour la prochaine élection.
Mais dans les faits, si le crédit n’existait pas, il n’y a pas un contribuable qui aurait sa propre résidence personnelle, il n’y a pas un contribuable qui aurait de véhicule automobile, de chalet, de motoneige, de VTT ou de bateau.
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Oui, autour de 45 millions $, la dette de ville d’Alma, en 1999, faisait de ses contribuables les citoyens faisant partie du groupe des plus endettés au Québec.
L’administration de l’époque, sous la gouverne du maire Jean-Maurice Harvey, a cru bon de mettre un terme à cette mauvaise condition financière. Le choix était censé et normal dans les circonstances en ramenant pour Ville d’Alma, des dépenses à la mesure de ses revenus.
Si j’avais été un élu, j’aurais proposé un « deal » avec les contribuables: une augmentation de 1 % du taux de la taxe foncière à chaque année afin de couvrir en partie l’augmentation du coût de la vie. Le aux d’inflation a été en moyenne d’au moins 2 % pour chacune des huit dernières années.
Ainsi, la ville aurait pu appliquer en toute liberté son plan d’action de réduire la dette, de payer comptant ses achats et d’assurer un développement harmonieux du milieu.
Oui, les contribuables ont profité, par la bande, des nouveaux revenus de la taxe Alcan. Mais en bout de ligne, l’inflation rattrape le conseil municipal et les contribuables.
En vertu de la Loi des cités et villes, une municipalité n’a pas le droit de faire de déficit et doit en conséquence présenter un budget équilibré. À Alma, on est habitué depuis près de 10 ans à ce que la ville termine son année financière avec un surplus variant entre un et deux millions $, surplus que l’on applique sur la prochaine année sans pour autant baisser la facture finale du budget.
Les questions: est-ce normal qu’une ville termine une année financière avec un tel surplus ? Est-ce parce que c’est mal administré ? Est-ce parce que les dirigeants sont trop « frileux » face à l’avenir ? Est-ce parce que l’on est trop peureux de prendre le moindre risque ?
Poser la question à un administrateur municipal et il va vous sortir toute une série d’éléments qui vont de l’impossibilité de prévoir la quantité de neige qui va tomber et le coût du déneigement à des provisions en cas de catastrophe naturelle comme si on avait un déluge comme en 1996 ou un tremblement de terre comme en 1988, à toutes les années.
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Au 31 décembre prochain, la dette de ville d’Alma sera d’environ 14,5 millions $ et de plus ou moins 4 millions $ pour la MRC Lac-St-Jean-Est.
Au budget 2008, on a prévu que le remboursement de la dette à long terme sera de 2 910 500 $. En 2009, le montant sera sensiblement le même mais devrais chuter à 2,5 M $ en 2010.
On parle déjà que pour la voie de desserte industrielle et de contour Ouest, pour la seconde phase en 2008, il manquera 2 M $ que la ville devra emprunter, sur une période de 15 ans, à un taux d’intérêt qui devrait osciller autour de 4,5 %.
Décidément, ce n’est pas la mer à boire et la décision est facile à prendre de mettre fin à la politique du non emprunt.
Il n’y a personne qui va aller contester la vertu et le maire Scullion va avoir une belle gueule, à l’automne 2009, quand il va inaugurer « sa » voie de contour… en pleine campagne électorale municipale.