(Photo: La Production)
Conditions de vie des aînés: pas question d’attendre !
C’est drôle, mais j’ai comme un mauvais pressentiment face au rapport de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés. Dès le dévoilement des conclusions, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, criait haut et fort que pour aller de l’avant avec les recommandations, elle devra faire le pied de grue devant le bureau de la ministre des Finances afin d’obtenir les 500 millions $ requis pour faire avancer les choses.
La ministre en question qui doit déposer cette semaine son budget n’arrête pas de dire depuis des semaines qu’elle doit jouer de prudence et faire très attention dans la liste des dépenses et engagements du gouvernement. Ce serait surprenant qu’à quelques heures du dépôt du budget que Monique Jérôme-Forget trouve dans un tiroir les 500 M $ requis pour faire plaisir aux aînés.
Encore une fois, cette classe de la société va devoir compenser avec un gouvernement qui ne fait que pelleter par en avant les problèmes.
D’ailleurs, la consultation publique sur les conditions de vie des aînés n’aura été qu’une consultation de plus. En mal de visibilité sur le terrain, les Libéraux de Jean Charest ont passé une partie de l’année 2007 en consultation sur une foule de sujets.
Le hic, dans le cas des aînés, c’est que les problèmes les concernant sont connus depuis fort longtemps. Notamment, la Fédération de l’âge d’Or du Québec et l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic, qui représentent des centaines de milliers de membres au Québec, ont répété au gouvernement depuis des années la teneur de leurs revendications.
Malgré ce constat, le gouvernement a lancé sa consultation publique intitulée « Préparons l'avenir avec nos aînés ». Rappelons que plus de 4000 personnes ont assisté, l'automne dernier, aux 52 séances publiques et aux sept séances réservées aux experts qui se sont tenues dans quelque 25 villes de toutes les régions du Québec.
Au départ, lors du lancement de cette consultation, je n’étais pas en accord avec le choix du titre « Préparons l'avenir avec nos aînés ». J’y avais pensé, mais je ne l’avais pas écrit.
Il serait sans doute utile de rappeler à la ministre Blais que la vie comporte des étapes fondamentales : il y a la naissance, l’enfance, l’adolescence, la vie en tant que telle où l’on travaille, puis le stade d’aîné, au moment de prendre sa retraite. Après ça, c’est la mort. Si un enfant a un avenir, quel est l’avenir pour un aîné ?
Les personnes du troisième âge ne sont pas dans des conditions pour attendre, ils veulent obtenir dès maintenant des réponses claires et des actions face à leurs revendications.
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Oui, la consultation publique a été une occasion privilégiée pour la ministre d'écouter les personnes aînées et d'échanger avec elles.
Dans le rapport de la consultation, les pistes de solution suggérées sont regroupées sous trois thèmes.
On doit répondre aux besoins des personnes aînées et de leurs proches, ce qui requiert d'abord de favoriser le soutien à domicile le plus longtemps possible pour ceux qui le souhaitent.
Il est de première importance de faciliter l'intégration des personnes aînées dans la société. Favoriser leur participation au marché du travail et aux activités bénévoles, adapter les milieux de vie et améliorer les situations financières les plus précaires font partie des pistes de solution suggérées.
Finalement, la nécessité d'agir en prévention a également été abordée. Il faut préconiser la lutte aux stéréotypes et aux préjugés, prévenir les abus et la maltraitance, faciliter l'accès à l'information gouvernementale et promouvoir la santé.
Certes, la ministre responsable des Aînés s'engage à donner suite rapidement au rapport de la consultation publique. Elle a notamment déclaré : « L'amélioration des conditions de vie des personnes aînées est une priorité gouvernementale. Nous comptons donc mettre en place dans les meilleurs délais possible des mesures qui répondront concrètement aux besoins exprimés lors de la consultation ».
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Je déteste ce genre de phrase, vide de sens, sans engagement dans le temps alors que le temps est l’élément le plus précieux quand on est un aîné.
À cette étape de vie, on n’a plus le temps de perdre son temps et ça fait longtemps que l’on ne croit plus aux promesses électorales.