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Le « prof » Scullion livre sa matière

France Paradis par France Paradis
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Article mis en ligne le 6 avril 2008 à 10:59
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Le « prof » Scullion livre sa matière
(Photo: La Production)
Le « prof » Scullion livre sa matière
C’est l’ancien premier ministre de la province, Maurice Duplessis, qui a lancé en quelque sorte la façon de faire. Avec la croissance des médias, au milieu des années 50, il avait développé une belle philosophie de communications. Avec un bon projet, tu fais trois conférences de presse: la première pour annoncer le projet, la deuxième pour la première pelletée de terre et la troisième pour l’inauguration des travaux et l’éternelle coupure de ruban. Ça fait toujours de si belles photos en Une des journaux !
Dans le dossier de l’autoroute Alma-La Baie, on pousse sur ce concept depuis plus de 35 ans et cette semaine, le maire d’Alma, Gérald Scullion, a tenu une autre conférence de presse sur le sujet. Cette fois-ci, par exemple, le maire voulait faire la démonstration que son changement de cap entre le tracé Nord et le tracé Sud, reposait sur du solide, sur une argumentation contre qui, on ne peut même pas argumenter.

Pour convaincre la galerie, le maire Scullion avait transformé la salle du conseil municipal en salle de cours. Quant à lui, il a troqué son marteau de président des délibérations en une baguette de prof et, tout en se promenant de tableau, de photos aériennes à l’écran vidéo, il livrait une masse de chiffres, de statistiques et d’arguments pour expliquer son changement de cap.
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Personnellement, la seule chose dont j’ai été convaincue, c’est que depuis 30 ans, on se fait charrier dans ce dossier.

D’ailleurs, lors de cette conférence de presse, je n’ai posé qu’une seule question.

« Monsieur Scullion, au milieu des années 70, j’étais alors jeune journaliste, je me rappelle d’une conférence de presse où les Jacques Brassard, Marc-André Bédard, Hubert Desbiens et Claude Vaillancourt se pétaient les bretelles en annonçant la poursuite de la construction de l’autoroute Alma-La Baie car le flux de circulation justifiait une pareille construction. Alors, comment se fait-il que plus de 30 ans plus tard, on nous parle encore de flux de circulation qui ne justifie pas avant 2024 le doublement de la route 169 et en 2058 avant que le tracé Nord puisse être viable. Est-ce que l’on s’est fait four… pendant tout ce temps dans ce dossier ? »

Le maire a « évité » la question. Non plutôt, il a détourné sa réponse pour faire gober que les normes de l’époque n’étaient sans doute pas les mêmes qu’aujourd’hui, et bla, bla, bla… et que les contextes ne sont plus les mêmes.
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Le maire Scullion part du raisonnement suivant pour expliquer son changement de cap. Le conseil s’était fixé deux objectifs: premièrement, choisir le tracé qui maximise le positionnement commercial et industriel d’Alma et deuxièmement, que ce même tracé permette le plus tôt possible la finalisation des quatre voies divisées entre Alma et la fin actuelle de cette route.

Dans un monde idéal où tout le projet se réaliserait, à partir du secteur où prend fin présentement la route à quatre voies vers St-Bruno, on poursuivrait le même tracé, côté Sud, jusqu’à la jonction avec la route 170 Ouest, près de l’ancienne salle Camaro. Entre la route St-Alphonse et la route 169, on réutiliserait l’ancienne assiette de la route qui existait à cet endroit. L’asphalte est toujours présent sur cette route abandonnée, mais qui reprendrait du service.

Puis, on emprunterait l’échangeur pour se retrouver sur la route 169 à quatre voies jusqu’à l’entrée d’Alma. Pour les camions ou les travailleurs de l’aluminerie Alma ou de la papeterie, ils prendraient la voie de contournement Ouest pour accélérer le temps de déplacement.

Ainsi, les quelque 6000 personnes qui empruntent le rang 6 seraient tentées d’utiliser cette voie, car dans le secteur de St-Bruno, on va leur compliquer passablement la vie pour s’assurer qu’ils vont rester sur la route à quatre voies divisées jusqu’à Alma. Le rang 6 va redevenir une route à utilisation locale par les résidents du secteur et les agriculteurs.
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Le seul échéancier dont on est certain pour le moment, c’est qu’à l’automne 2009, en pleine campagne électorale municipale à Alma, le maire sortant sera en mesure de couper le ruban pour l’inauguration de la nouvelle voie de contournement.

Pour le reste du tracé entre Alma et le rang 8 à St-Bruno, faites vos jeux. Même si Maurice Duplessis était vivant, il serait incapable de dire à quelle date, mais surtout en quelle année, on coupera le fameux ruban.

La politique est une route sinueuse où il n’y a pas d’affiches pour annoncer les détours. Pas surprenant que ça dérape de temps en temps.

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