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Au Paraguay: Alexandre Cloutier assiste à la victoire de la démocratie

France Paradis par France Paradis
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Article mis en ligne le 3 mai 2008 à 11:00
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Au Paraguay: Alexandre Cloutier assiste à la victoire de la démocratie
ALEXANDRE CLOUTIER A eu droit à une rencontre avec Fernando Lugo, élu président du Paraguay, le 20 avril dernier.(Photo: Courtoisie)
Au Paraguay: Alexandre Cloutier assiste à la victoire de la démocratie
Le 20 avril dernier, le député de Lac-St-Jean, Alexandre Cloutier, était en mission d’observation, au nom du Québec, dans la république du Paraguay, en Amérique du Sud. Il a donc assisté et surtout surveillé en direct l’élection de Fernando Lugo.
Surnommé « l’évêque des pauvres » car en 2006, Fernando Lugo, cet ancien évêque a remis sa démission de l’Église pour se lancer en politique et ainsi renverser une dictature qui se succédait depuis 1954 à la tête du pays.

À la demande de l’Assemblée nationale du Québec, Alexandre Cloutier a pris le poste de chef de mission de la délégation du Québec qui comprenait deux hauts-fonctionnaires, un du bureau du directeur général des élections et un de l’Assemblée nationale. Leur mission: joindre les rangs de la Corporation des parlementaires d’Amérique comme délégués par plusieurs pays afin d’assurer la surveillance du déroulement du scrutin au Paraguay, le 20 avril dernier.

« J’ai pleinement réalisé comment il est essentiel que le Québec participe à ce genre de mission pour favoriser l’émergence de la démocratie dans un pays comme le Paraguay, aux prises avec une dictature depuis près de 60 ans », a lancé d’un trait à son retour Alexandre Cloutier, lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal, à partir de son bureau de Québec.

L’histoire politique récente du Paraguay, selon Wikipédia, nous apprends que vers 1947, les membres du parti politique « Colorado » alors dominants, se sont lancés sur une période de guerres civiles, de coups d'état et de troubles dont sortira vainqueur au final le général Alfredo Stroessner en 1954. La dictature d'Alfredo Stroessner, qui a duré 35 ans, fut renversée en 1989 sous la pression des États-Unis. Le Brésil lui a offert l'asile politique jusqu'à sa mort en 2006.

Cependant, le parti Colorado, qu'Alfredo Stroessner avait noyauté à son profit, ainsi que tous les groupes de pression (syndicats, organisations étudiantes, ordres professionnels, organisations paysannes), demeure au pouvoir au prix d'une mise au goût du jour: les élections présidentielles sont donc désormais formellement libres et, en principe, sans manipulation.

Mais leur portée démocratique reste douteuse compte tenu du système de « clientèle » et de la corruption sous-jacente présente à tous les niveaux administratifs de l'état.

Des élections pour renouveler le président et les deux chambres ont eu lieu le 27 avril 2003. Nicanor Duarte Frutos, du parti Colorado, a été élu président. Le 20 avril 2008, le parti Colorado voyait cependant son règne de plus de 60 ans s'achever avec l'élection de Fernando Lugo à la présidence du pays.
Mitraillettes au bureau
« La corruption généralisée, la méfiance envers les élections et le parti Colorado, les anomalies dans les listes électorales, la fermeture de ces listes six mois avant l’élection, permettant de faire voter des morts: on a tout vu ou presque. Mais la forte présence de membres de l’Association des parlementaires de langue française et de représentants des médias de partout à travers le monde, ça l’a certainement ralenti les actions illicites des membres du parti Colorado », souligne Alexandre Cloutier.

Celui-ci a eu la chance de rencontrer les représentants officiels des partis en lice, de visiter de nombreux bureaux de votation et d’assister en direct, dans les rues de la capitale et aux festivités de la population satisfaite de l’élection de Fernando Lugo.

« Le jour du vote, chaque parti était représenté au bureau d’élection, incluant l’armée. C’est intimidant d’avoir en face de soi quelqu’un qui surveille comme toi mais qui traîne sa mitraillette. Autour des tables de vote, c’était la méfiance constante entre tous les représentants. Nous, on devait faire notre travail de surveillance dans ce contexte tendu. Et après le vote, il y a différents processus parallèles de décompte des votes. Mais avec plus de 40 % des voies exprimées, Fernando Lugo a bel et bien remporté l’élection présidentielle », raconte le député.

À l’issue de ses observations sur le terrain, Alexandre Cloutier demeure persuadé que s’il n’y avait pas eu autant d’observateurs et de journalistes internationaux, un quatrième coup d’État serait déjà survenu au Paraguay et le parti battu Colorado aurait ainsi repris le pouvoir.

« Voir une élection libre se dérouler sous ses yeux, ça donne l’espoir. C’est certain que le Paraguay a une lourde côte à remonter au chapitre économique, mais l’espoir est là. Nous au Québec, on n’a pas d’armée mais on a de l’expérience et de la matière grise pour venir en aide aux pays comme le Paraguay qui veulent retrouver la démocratie. Je suis fier du travail accompli », de conclure Alexandre Cloutier.

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