LE MAIRE DE la municipalité de Saint-Gédéon, Yvon Drolet et le directeur général de la Coopérative Val-Éo ont été déçus d’apprendre la décision du gouvernement du Québec et d’Hydro-Québec concernant les octrois des premiers contrats pour l’achat d’énergie éolienne.(Photo: Jacques La Haye)
Saint-Gédéon et Val-Éo sont déçus
De la décision d’Hydro-Québec
Lundi, le premier Ministre du Québec, Jean Charest et la direction d’Hydro-Québec annonçaient les 15 soumissions retenues dans le cadre de son appel d’offres lancé le 31 octobre 2005 pour l’achat d’énergie éolienne produite au Québec. Trois projets ont été présentés par la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais un seul projet a été retenu. Tant du côté de la municipalité de Saint-Gédéon que du côté de la coopérative Val-Éo, on se montre déçu par cette décision.
Depuis quelques années, la municipalité de Saint-Gédéon s’est placée à l’avant-garde des municipalités québécoises dans le développement éolien en prenant le leadership pour se positionner en gestionnaire de sa ressource éolienne : « Notre municipalité a appris avec déception la décision d’Hydro-Québec de ne pas retenir le projet éolien de 49,5 MW déposé par la Coopérative Val-Éo. Cependant, nous continuerons nos efforts afin de soutenir la Coopérative ainsi que nos citoyens qui croient que le développement de l’énergie éolienne est porteur d’avenir pour l’économie locale », de souligner le maire de Saint-Gédéon, Yvon Drolet.
Du côté du bureau de direction de la Coopérative Val-Éo, on s’est également montré déçu à la lecture des projets retenus par Hydro-Québec et ce, tout en sachant, dès le début, que la partie ne serait pas facile : « Lorsque la décision fut prise de participer à l’appel d’offres à l’automne 2006, le conseil d’administration et les membres de Val-Éo étaient conscients que le contexte de l’appel d’offres défavoriserait les communautés et s’adressait d’abord et avant tout aux grandes entreprises. Aucun projet communautaire n’a été choisi par Hydro-Québec malgré que plus d’une dizaine de projets ont été présentés par des communautés au travers le Québec », constate Patrick Côté, directeur général de la Coopérative Val-Éo.
Un risque
« Nous avons décidé d’aller de l’avant dans l’appel d’offres et de faire les investissements qui étaient requis pour se donner une occasion d’apprendre et pouvoir justement comprendre comment ce domaine fonctionnait et ainsi, aiguiser nos crayons pour pouvoir réussir la prochaine fois. Nous avons donc pris cette décision en toute conscience et l’expérience acquise nous permettra d’aller de l’avant dans notre démarche. Les administrateurs de Val-Éo sont très optimistes par rapport à leurs chances de voir leur projet accepté lors du prochain appel d’offres communautaire, qui sera lancé sous peu », de poursuivre Patrick Côté.
Cependant, tant du côté de la municipalité de Saint-Gédéon que du côté de la Coopérative, on s’interroge sur la stratégie employée par le gouvernement du Québec et Hydro-Québec qui écarte les communautés du développement de leur ressource éolienne, au profit des grandes corporations. Val-Éo plaide pour l’instauration d’un programme adapté aux régions et aux communautés comme on retrouve en Allemagne ou en Espagne et qui permet au milieu de développer lui-même leurs projets.
« Le gouvernement dit aux municipalités de se prendre en mains, trouvez des sources de revenus or, on constate que sur la très grande majorité des appels d’offres retenus, ce sont des multinationales qui sortent gagnantes. On a une chanson d’un côté et une autre chanson de l’autre côté. Les régions voudraient prendre le contrôle de l’énergie éolienne, mais le gouvernement vient, une fois de plus, d’en décider autrement. On nous a toujours dit; si la communauté est d’accord avec votre projet, nous allons le prendre en considération. Or, aucun projet communautaire n’a été retenu et c’est décevant », de conclure le maire de Saint-Gédéon, Yvon Drolet.
Rappelons que la Coopérative Val-Éo est composée de 60 fermes et de plus de 70 investisseurs locaux ainsi que plusieurs partenaires locaux. La Coopérative peut compter sur une mise de fonds de quelque 450 000 $, dont quelque 275 000 $ ont été engagés à ce jour dans diverses phases d’implantation du projet de parc d’éoliennes sur le territoire de la MRC Lac-Saint-Jean-Est.