(Photo: France Paradis)
Quand « l’immoralité » politique nous coûte 4 milliards $
Le gouvernement Conservateur a passé une Loi pour tenir à date fixe des élections au Canada. Pourtant, Stephen Harper se prépare à transgresser lui-même le projet de Loi qu’il a défendu bec et ongle. C’est de « l’immoralité » politique, mais en ce domaine, il ne faut plus se surprendre de tels revirements. Quand le fer est chaud, il faut le battre; quand les Libéraux sont au tapis comme présentement avec un chef de la trempe de Stéphane Dion qui ne va nulle part, c’est le bon temps de déclencher une élection générale.
Au moment de lire ces lignes, on sera peut-être ou du moins, à quelques heures du déclenchement d’une élection au Canada. Le premier ministre veut profiter de la situation et les stratèges du parti Conservateur ne s’offusquent pas de ce que Monsieur et Madame pensent de la situation: ils n’ont qu’un seul objectif en tête, c’est la réélection de Stephen Harper et si possible, l’élection d’un gouvernement majoritaire qui aurait les mains libres pour gouverner ce pays.
Ça ne changera pas grand-chose, car même minoritaire, Stephen Harper n’en fait qu’à sa tête en poursuivant sa « mission » de sauveur du Canada.
Il en a donné une belle preuve d’opportunisme politique mercredi alors que ses lieutenants au Québec ont fait l’annonce de l’entente « historique » pour moderniser les infrastructures au Québec. Il s’agit d’une manne de 4 milliards de beaux dollars, pas de l’argent neuf, mais bien de l’argent normé dans des programmes déjà annoncés en grande partie.
En fait, l’entente de principe avec le Québec est intervenue en mai dernier. Depuis cette date, tout le monde attendait qu’Ottawa se décide enfin à libérer les sommes d’argent pour le financement de dizaines et de dizaines de projets en attente.
Pendant tous ces longs mois d’attente, les ministres du gouvernement du Québec se défendaient de leur inaction en invoquant le fait qu’ils attendaient après l’argent d’Ottawa pour aller de l’avant. Maintenant, ils sont confrontés avec les engagements qui sont déjà liés à cette manne fédérale.
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Mercredi, au moment de l’annonce de l’entente fédérale-provinciale, notre député provincial, Alexandre Cloutier assistait à la levée de la première pelletée de terre pour la construction du nouveau pavillon des Arts d’interprétation au Camp musical du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Naturellement, il était « invité » par courtoisie à cette cérémonie, car ce sont les Libéraux de Jean Charest et les Conservateurs de Stephen Harper qui sont les grands financiers de ce projet de quelque 3,4 millions $.
Alexandre Cloutier ne se formalise pas de jouer le rôle de « pot de fleurs » dans de telles circonstances. Il en profite toutefois pour passer ses messages.
Notamment, il ne cache pas son inquiétude face à cette annonce d’injection de fonds pour les infrastructures.
Déjà, les projets prioritaires viennent gruger une partie de l’enveloppe monétaire de 4 milliards $ qui sera dépensée d’ici 2014.
«Il est essentiel que l’on inscrive rapidement nos dossiers si on veut obtenir quelque chose d’autant plus que les critères d’admissibilité sont tellement larges », a commenté le député Cloutier.
Et, je lui donne entièrement raison en ce sens ou le fonds Chantier Canada couvre à peu près tous les genres de projets.
Le député de Lac-St-Jean a déjà multiplié les représentations dans différents dossiers qu’il souhaite voir financer à même cette enveloppe budgétaire.
On pense ici à la bonification de la Véloroute des Bleuets, une infrastructure qui génère quelque 8 millions $ en retombées économiques.
Il y a aussi le projet de rénovation du Centre Mario-Tremblay. À ce sujet, Ville d’Alma et la Commission scolaire du Lac-St-Jean ont déposé un projet conjoint de quelque 22 M $, ce qui représente une participation de 7 à 8 millions $ de la part de Québec. Sur ce sujet, lors de l’annonce de mercredi, on a confirmé que Québec et Ottawa vont investir quelque 75 M $ pour rénover le PEPS à Québec. Est-ce que l’on peut penser qu’une somme de 8 M $ pour le CMT est démesurée ?
Du côté des eaux usées, inclus dans le programme d’infrastructures, Alexandre Cloutier cherche par tous les moyens de résoudre le cas des municipalités de Ste-Monique et Labrecque.
Finalement, il y a la finalisation de l’autoroute La Baie/Lac-St-Jean dont la réalisation du tracé Sud représentera une dépense de quelque 70 M $. On prévoit que les audiences publiques sur ce projet ne se dérouleront pas avant le printemps 2009.
Alexandre Cloutier affirme qu’il faut tout faire pour prendre notre part du gâteau dans ce 4 milliards $. Si on ne s’inscrit pas là, on va manquer le bateau pour plusieurs années à venir.
Je lui donne 100 % raison.