LET à l’Ascension: la MRC peut aller de l’avant
Le certificat d’autorisation est émis
Jusqu’à la dernière minute, les opposants à l’établissement d’un lieu d’enfouissement technique (LET) à l’Ascension ont tenté de dévier le débat. Mais mardi soir, à la reprise de l’assemblée spéciale, ajournée en août dernier en raison de l’imposition du droit de véto du maire de St-Bruno Réjean Bouchard, le préfet de la MRC Lac-St-Jean-Est, Léonard Côté, avait en main, tel que promis, le fameux certificat d’autorisation exigé par certains maires. Majoritairement, le contrat a été attribué pour entreprendre dès cette semaine les travaux d’aménagement du site.
Le contrat est donc confié au plus bas soumissionnaire, la firme Terrassement Jocelyn Fortin, au montant de 3 867 691,38 $. Ce dernier dispose d’une période de 18 semaines pour réaliser les travaux. Cependant, en raison du retard apporté à l’acceptation du contrat et de l’échéance qui est fixée au 19 janvier 2009, on va regarder avec l’entrepreneur pour s’assurer qu’au moins une cellule d’enfouissement technique sera prête à cette date, ce qui permettrait de mettre définitivement fin à l’enfouissement dans le site actuel (le lieu d’enfouissement sanitaire de la phase I) et d’amorcer l’enfouissement dans la phase II (le lieu technique d’enfouissement).
Lundi dernier, autour de 16 h, la MRC Lac-St-Jean-Est a reçu le certificat d’autorisation émis par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Le préfet Léonard Côté a immédiatement convoqué la reprise de l’assemblée spéciale ajournée en août dernier et mardi soir, tous les élus étaient présents (à l’exception de la mairesse de Desbiens, Johanne Vézina) pour participer à ce vote historique qui vient clore quelque trois ans de débats souvent hargneux autour de la table de la MRC.
Le certificat d’autorisation permet à la MRC d’aménager un lieu d’enfouissement technique d’une capacité totale de 395 000 mètres cubes à l’intérieur des limites du lieu d’enfouissement sanitaire de l’Ascension.
Ce projet comportera notamment quatre cellules d’enfouissement d’une superficie totale de 41 100 mètres carrés, un système de captage et de pompage du lixiviat (niveau primaire et secondaire), la mise à niveau des installations de traitement du lixiviat (partie LES et LET) et l’ajout d’un regard déversoir, l’aménagement d’un système de traitement tertiaire constitué de trois lits de polissage d’une superficie de 300 mètres carrés chacun et d’un poste de pompage équipé de trois pompes de refoulement, l’installation des équipements connexes nécessaires à l’exploitation d’un lieu d’enfouissement technique
Accouchement difficile
Comme il fallait s’y attendre, l’accouchement du dossier n’aura pas été facile et comme c’est le cas depuis quelque trois ans, la question des « poubelles » de la MRC irritait encore mardi les esprits.
Le directeur général de la MRC, Sabin Larouche, a d’abord fait la lecture intégrale de la résolution en plan, avec ses attendus et la condition majeure à l’effet que ce lieu d’enfouissement technique sera en opération de janvier 2009 jusqu’au 31 décembre 2013, ce après quoi, les trois MRC de la région Lac-Saint-jean devront avoir trouvé une autre solution pour disposer de leurs déchets. Au début, on prévoit enfouir quelque 70 000 tonnes par années mais en appliquant progressivement le Plan de gestion des matières résiduelles, incluant les commerces, institutions et industries, on vise comme objectif de ramener à 30 000 tonnes par année la quantité de déchets à enfouir en janvier 2014.
Une fois la lecture de la résolution complétée, le maire de Métabetchouan—Lac-à-la-Croix, Lawrence Potvin, secondé du maire Gérald Scullion d’Alma, a apporté un amendement afin d’ajouter à la résolution « Attendu qu’il est dans l’intérêt public d’accorder le contrat aujourd’hui ».
Immédiatement, le maire André Paradis de St-Henri-de-Taillon s’est insurgé contre cette modification en prétextant que toutes les décisions de la MRC sont toujours prises dans l’intérêt du public et qu’il était inutile de le signifier par écrit dans la résolution.
Ce à quoi, le maire Potvin a sèchement répliqué: « On a assez tergiversé. La question de l’intérêt public, je la maintien et ceux qui ne sont pas contents, ils voteront contre… comme d’habitude », a-t-il décroché en flèche contre les opposants.
Prenant immédiatement la parole, le maire de St-Bruno a signifié qu’il allait à nouveau utiliser son droit de véto en raison du fait que l’on modifiait la résolution d’août dernier. Sur ce, on lui a fait comprendre que ce droit de véto s’applique une seule fois sur un dossier et non pas sur une résolution.
C’est alors que le maire de l’Ascension, Louis Ouellet, premier intéressé dans tout ce débat a lancé à ses paires: « On est rendu à la fin dans ce débat. Faut pas s’enfarger dans les mots et je demande à tous les maires de faire diligence dans l’acceptation de cette résolution. On y va ! », a-t-il lancé.
Les mains se sont levées et majoritairement, la résolution a été acceptée.
« On va de l’avant et on a un contrat ferme avec les gens de l’Ascension jusqu’au 31 janvier 2013. Dépassé cette date, je me ferai un défenseur des gens de l’Ascension et pas une tonne additionnelle de déchets ne sera enfouie à cet endroit » s’est formellement engagé Léonard Côté qui considère qu’une parole a la même valeur qu’un écrit.
Le maire Louis Ouellet a tenu à signifier publiquement envers le préfet toute sa gratitude pour la façon dont il a mené cet épineux dossier, dans le respect des intérêts des municipalités et du public.
Pour Léonard Côté dont le mandat prendra fin à l’automne 2009, il faut immédiatement enclencher le processus pour aligner les futurs dirigeants de la MRC vers une solution durable qui sera adoptée en prévision de janvier 2014.
Quant au maire Louis Ouellet, il est satisfait de la finalité du dossier. Notamment, sa municipalité touchera une indemnité additionnelle de 100 000 $ par année d’ici 2013. Avec le premier versement, il entend, sous son mandat, apporter des améliorations à la route menant notamment vers le lieu d’enfouissement technique.