(Photo: France Paradis)
Comment honorer la mémoire de Maurice Paradis ?
Il y a de ces hommes dont on voudrait qu'ils ne s'éteignent jamais. Malheureusement, la vie suit inlassablement son cours et à l'âge vénérable de 90 ans, Maurice Paradis est décédé dimanche dernier. Paisiblement, sur le bord de son lac Saint-Jean qu'il aimait tant, il a quitté ce monde mais en laissant derrière lui un héritage tellement imposant qu'il faudra un immense livre pour en raconter toute l'histoire.
Pour qui connaît un peu son histoire de la Ville d'Alma et du Québec, on découvre rapidement que cet homme à la stature imposante, visionnaire et rassembleur, a joué un rôle de premier rang dans la mise en place d'éléments structurants qui ont contribué à façonner l'image de la Ville d'Alma.
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Même pour notre petite institution qu'est le Journal Le Lac-St-Jean, Maurice Paradis aura été un « père », le temps d'une transition entre deux propriétaires.
À l'automne 2002, le Journal avait la chance d'accueillir une jeune stagiaire en journalisme, originaire d'Alma, Audrey Tremblay. Elle était allée rencontrer Maurice Paradis, à sa résidence de St-Henri-de-Taillon, par une belle journée d'automne et sur les berges du lac St-Jean : il lui avait raconté la petite histoire de son passage dans notre entreprise.
Maurice Paradis était un ami personnel de Me Marcel Simard qui fut propriétaire du Journal Le Lac-St-Jean à la fin de 1970 et au début des années 80.
Lors de la nomination de Me Marcel Simard à titre de juge, ce dernier confia à Maurice Päradis la gestion en fiducie du journal tout en assurant la direction de ce dernier.
Un des mandats alors confié à Maurice Paradis était de trouver un nouvel acquéreur pour les Éditions du Journal Le Lac-St-Jesn.
Dans les notes post entrevue laissées par Audrey Tremblay, Maurice Paradis raconte « qu'il avait même contacté Pierre Péladeau de Québécor pour lui offrir le journal. Il s'était même rendu à Montréal à la demande de Monsieur Péladeau pour se faire faire une offre dérisoire, à peu près la moitié du million $ que valait le journal. Je leur ai dit qu'ils auraient pu me dire ça au téléphone », racontait alors Maurice Paradis.
Il lui aura fallu 14 mois de démarches et finalement, les hommes d'affaires Laval et Jeannôt Boulianne en devenaient les propriétaires en 1985.
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Mais le personnage est beaucoup plus que ça.
Sur le plan professionnel, il a notamment été directeur du personnel à l'ancienne Usine Isle-Maligne de la compagnie Alcan où il a œuvré pendant 33 ans.
Par la suite, il s'est fait connaître à travers sa longue et fructueuse carrière politique. Maurice Paradis peut-être considéré comme l'un des grands bâtisseurs de Ville d'Alma.
Il a été élu au sein du Conseil municipal d'Alma comme conseiller, le 8 novembre 1965. Puis, il a assuré l'intérim lors de la démission du maire J. Léonce Desmeules, le 2 juillet 1968. Il a été en poste jusqu'au moment de sa démission, le 1er mai 1975.
Puis, il deviendra conseiller économique sous le premier ministre Robert Bourassa, notamment dans les dossiers de développement de la Baie James.
Maurice Paradis était un visionnaire et un rassembleur. Il entrevoyait déjà pour « sa ville » des développements majeurs.
La rénovation urbaine au centre-ville d'Alma avec, notamment, la construction de l'autogare a longtemps été considérée comme une création géniale. Au moment ou le parc automobile était en pleine explosion, il ouvrait toute grande une porte de stationnement, pour les employés et les clients, à quelques pas des commerces du centre-ville.
La création du parc industriel Nord sur des terres à proximité des lieux où l'on retrouvait déjà l'industrie lourde (Alcan et Abitibi Price à l'époque) ouvrait la voie à l'établissement de toute une série de petites et moyennes entreprises qui ont prospéré depuis.
Et que dire de la construction du CREPS, un dossier réalisé en partenariat avec la Commission scolaire du Lac-St-Jean et qui a ensuite donné l'idée du PEPS à Québec.
Il fut le leader du débat au moment où ville d'Alma et la Commission scolaire formaient le comité de base chargé de marier le projet de la c.s. et les intérêts de la ville pour doter Alma d'un véritable complexe de sport, de loisir et récréatif.
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J'ai bien hâte de voir ce que choisiront les élus d'Alma pour honorer la mémoire de ce grand bâtisseur.
Personnellement, j'ai ma petite idée. Au lieu de l'Avenue du Pont parce qu'il y a deux ponts sur cette avenue, pourquoi pas « l'Avenue Maurice Paradis » ?