Un bon verre de lixiviat avec ça ?
J'ai comme l'impression qu'au moment où l'on aura réglé le dossier de l'enfouissement des déchets sur notre territoire, il n'y a pas grand monde qui va fêter l'événement en prenant un bon verre de lixiviat.
On va tellement avoir entendu parler de ce dossier et il risque d'y avoir tellement de blessures et de déceptions, que tout le monde voudra tourner la page, sans y revenir avant au moins 25 ans, minimum...
Les dernières semaines auront sans doute été les plus chaudes dans tout ce dossier avec les événements qui se sont produits.
Mais un fait demeure, la décision finale qui devrait être arrêtée le 8 mai prochain, lors de la prochaine rencontre de la MRC, fera des heureux et des malheureux, peu importe la décision qui sera prise.
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La Loi de 1976 fixant les normes d'enfouissement sanitaire avait servi de base pour l'établissement en 1982 d'un site d'enfouissement sur le territoire de l'Ascension. Il s'agissait de la solution adoptée pour se départir des déchets des municipalités de la MRC Lac-St-Jean-Est. Desbiens et St-Ludger-de-Milot ont fait cavalier seul pendant un certain temps mais elles ont fini par rejoindre le grand « trou » de l'Ascension.
Bien que l'on ait toujours dénoncé la proximité de la rivière Péribonka par rapport à ce site, tous les experts et le ministère de l'Environnent lui-même a donné les certificats d'autorisation.
En 2006, on a modifié la loi et la MRC se retrouve devant une évidence. À compter de la mi-janvier 2009, elle ne pourra pas poursuivre le type d'enfouissement comme elle le fait depuis 1982 au site de l'Ascension.
Confrontés à cette situation, depuis plus d'un an on travaille à la mise en place d'un Plan de gestion des matières résiduelles, le fameux PGMR comme disent les experts. Au départ, c'était le problème de la MRC Lac-St-Jean-Est. Mais, on s'est rapidement rendu compte que les deux MRC voisines vivaient les mêmes obligations et les préfets ont donc décidé de faire front commun pour trouver « une » solution qui permettrait de satisfaire tout le monde et qui surtout, ne coûterait pas les yeux de la tête pour gérer nos sacs verts.
Cette solution, c'est de tout venir enfouir ici à l'Ascension dans un nouvel aménagement que l'on appelle un lieu d'enfouissement technique.
Mercredi, les responsables du dossier à la MRC ont accueilli les journalistes en conférence de presse pour nous livrer un véritable cours d'enfouissement #101. Pendant près de 90 minutes, on a eu droit à un historique du site d'enfouissement, la différence entre un lieu d'enfouissement sanitaire et un lieu d'enfouissement technique, la nouvelle réglementation et les aspects économiques.
Cette même présentation a été reprise en soirée devant les gens de l'Ascension et ceux d'Alma jeudi soir.
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Présent à toutes ces démarches, je n'ai pas entendu les représentants de la MRC parler très souvent des aspects sociaux de ce projet alors que l'aspect économique est au cœur du projet.
Mais, à l'Ascension, c'est le public qui s'en est chargé, avec respect mais conviction.
Malgré la très haute tension qui régnait dans la salle mercredi, je lève mon chapeau à la population de l'Ascension qui a écouté avec respect les explications des représentants de la MRC.
Et lors de la période de questions, les gens faisaient ressortir les éléments nébuleux au dossier.
À combien évaluez-vous la baisse d'évaluation de ma maison ? Avez-vous analysé la qualité de l'eau en dehors du site ? Peut-on obtenir des garanties que ça ne coulera jamais ?
Les gens avaient plein d'interrogations et de peurs à manifester.
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Je fais ici un parallèle avec la compagnie Alcan lors de la construction de son aluminerie Alma et même pour un éventuel agrandissement. Jamais la multinationale n'ira de l'avant avec un projet qui ne rencontre pas l'acceptabilité sociale.
Dans le cas de l'Ascension, de toute évidence, après 26 ans à se faire passer des sacs verts sous le nez, les gens n'en veulent plus et demandent simplement que l'on profite de la présente situation pour trouver une solution autre, une solution alternative, sécuritaire et loin de la rivière et des nappes d'eau de consommation.
Leurs demandes sont parfaitement légitimes, personnes ne le conteste.
Le défi des élus, dans leur décision à venir, sera de décider comment on va concilier les intérêts des uns et des autres.
Si non, ce sera difficile « d'enfouir » la hache de guerre !