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Les chefs reprennent la route pour les 12 derniers jours de la campagne

Presse Canadienne Article mis en ligne le 26 novembre 2008 à 0:00
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Les chefs reprennent la route pour les 12 derniers jours de la campagne
Mario Dumont, le 26 novembre, 2008, en Quebec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
MONTREAL - Les chefs des trois principaux partis ont repris la route mercredi, au lendemain du débat télévisé, pour le dernier droit d'une campagne électorale jusqu'ici sans relief.
Même si elle traîne loin derrière Jean Charest dans les sondages, Pauline Marois s'est dite confiante de pouvoir former un gouvernement majoritaire péquiste, le 8 décembre.
Gonflée à bloc par sa performance lors du débat de la veille, la chef péquiste est parue mercredi plus combative et ambitieuse que jamais, d'abord devant les étudiants de l'Université de Montréal, puis en point de presse, visiblement déterminée à prendre le pouvoir, voire former un gouvernement majoritaire.
Son message à la population est le suivant: "Vous avez besoin d'un gouvernement majoritaire, et moi je suis prête à exercer la fonction", a-t-elle dit, en point de presse.
Le fait que plusieurs analystes et commentateurs de l'actualité aient jugé qu'elle avait offert la meilleure performance des trois chefs, lors du débat, "ça consolide la confiance qu'on peut avoir en soi", a-t-elle dit.
Celle qu'on soupçonnait la semaine dernière d'être trop fatiguée pour faire campagne, parce que ses journées se terminaient tôt dans l'après-midi, est passée en deuxième vitesse depuis le débat.
Mercredi, sa caravane a quitté Québec tôt le matin pour Montréal, où elle a enfilé discours, bain de foule, entrevue, rencontres, point de presse et rassemblement de militants en soirée. Jeudi, elle entreprend une tournée régionale, qui devrait la conduire de la Côte-Nord jusqu'aux Iles-de-la-Madeleine, en passant par le Saguenay et la Gaspésie.
Sans le dire clairement, Mme Marois semble voir dans la déconfiture récente de l'Action démocratique dans les sondages une brèche favorisant le retour au bipartisme. Elle n'exclut pas le scénario de voir le parti de Mario Dumont éliminé de la carte.
"Dans le système parlementaire dans lequel on est, un système parlementaire de type britannique, c'est un système qui est davantage bâti sur le fait qu'il y ait deux partis majeurs, généralement. A vous de tirer les conclusions", a-t-elle commenté.
M. Dumont a pour sa part dit vouloir profiter des 12 derniers jours de la campagne pour convaincre les 31 pour cent des électeurs qui ont appuyé son parti en 2007 de le faire de nouveau. Selon les plus récents coups de sonde, l'ADQ ne récolterait plus qu'environ 12 pour cent d'appuis.
"Les gens au Québec qui veulent se redresser l'échine et dire: ce n'est pas vrai au Québec qu'on va continuer à endetter les prochaines générations, il y a un choix de changement, c'est l'Action démocratique du Québec", a-t-il déclaré lors d'un point de presse dans un local électoral de Québec.
Le chef de l'ADQ a affirmé qu'il n'a pas l'intention de modifier son message pour tenter de contrer l'hémorragie constante subie par son parti dans les sondages.
"En priorité, à partir de maintenant, on va miser sur ce 31 pour cent de gens qui ont voté pour l'ADQ la dernière fois, a-t-il dit. Ca ne veut pas dire qu'on ne peut pas en convaincre de nouveaux, mais ça veut dire que s'ils l'ont fait, il y a 18 mois, ce sont les premiers électeurs à convaincre de l'importance de continuer."
Quant à Jean Charest, il s'est affiché comme le seul leader des trois principaux partis politiques au Québec à pouvoir représenter tous les citoyens.
A ses yeux, tant Pauline Marois que Mario Dumont "ont les mains attachées" et ne sont donc pas en mesure de bien défendre les intérêts du Québec.
Pour appuyer sa thèse, le chef libéral a cité son adversaire péquiste, qui au cours du débat des chefs de la veille a confié qu'elle avait "les mains attachées avec (sic) le mouvement souverainiste".
En point de presse à Shawinigan, en Mauricie, M. Charest a dit voir dans ces propos la preuve que Mme Marois n'est pas en mesure de représenter l'ensemble des citoyens.
"Je suis le seul des trois chefs capable de parler au nom de tous les Québécois sur tous les enjeux. Mme Marois le confirme: elle a les deux mains attachées par le mouvement souverainiste et donc par le Bloc québécois, alors que M. Dumont a décidé de s'attacher au Parti conservateur", a fait valoir le leader libéral, après avoir visité une entreprise de fabrication de pièces d'hélicoptère.
Dans le cas de Mario Dumont, le chef libéral a rappelé que son vis-à-vis de l'Action démocratique s'était compromis en faveur des conservateurs pendant la dernière élection fédérale.
La Caisse de dépôt
Par ailleurs, M. Dumont n'a pas écarté la possibilité qu'un gouvernement adéquiste renfloue certaines des pertes de la Caisse de dépôt et placement, dont il réclame en vain la publication des résultats.
Cette décision serait préférable à l'augmentation des cotisations ou à la diminution des prestations de retraite, a affirmé M. Dumont, qui a rejeté tout recours au déficit.
"Si on devait arriver dans une situation où, pour éviter l'un et l'autre, il faut renflouer la Caisse, nous on est le parti qui s'est donné une marge de manoeuvre", a-t-il dit en faisant référence au cadre financier adéquiste.
M. Dumont n'a pas voulu dire s'il couvrirait l'ensemble des pertes que son parti a estimées à 30 milliards $ dans le bas de laine des Québécois, à la suite de la récente chute des marchés boursiers.
Il a cependant évoqué les pertes du Régime des rentes du Québec, dont les dépôts sont confiés à la Caisse.
"Le 30 milliards $, c'est sur l'ensemble des avoirs de la Caisse, a-t-il dit. Le RRQ, on évalue à l'heure actuelle qu'il a perdu dans ça sept à neuf milliards, ce qui fait le déficit actuariel."
M. Dumont a toutefois affirmé qu'il faudrait connaître l'état des actifs avant de savoir ce qui devrait être renfloué.
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