OTTAWA - Les Canadiens de partout au pays profitent de l'actuel boom des ressources naturelles et contribuent à soustraire l'économie nationale aux affres de la récession, affirme la Banque du Canada.
"L'économie canadienne demeure solide", a affirmé en conférence de presse, jeudi, le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, après avoir rendu publique la mise à jour trimestrielle du Rapport sur la politique monétaire.
Dans le cadre d'une analyse étonnamment optimiste - compte tenu de son avertissement lancé deux jours auparavant au sujet de l'inflation -, la Banque du Canada a indiqué que les "données disponibles" démontraient que l'économie s'était relevée à la suite de sa contraction du premier trimestre et que le taux de croissance annualisé du produit intérieur brut (PIB) réel s'était chiffré à quelque 0,8 pour cent lors de la période d'avril à juin.
L'économie devrait prendre davantage de mieux et croître à un rythme de 1,3 pour cent lors du troisième trimestre en cours, de 1,8 pour cent au quatrième trimestre, et de 2,8 pour cent au cours des six premiers mois de 2009, a ajouté la banque centrale.
Contrairement à la plupart des pays industrialisés, le Canada tire profit de la hausse des prix du pétrole et du gaz naturel, a affirmé M. Carney, ajoutant que cela ne se reflétait pas qu'en Alberta et dans les autres provinces productrices.
"Il y a diverses industries qui se nourrissent de l'industrie de l'énergie, incluant les industries manufacturières en Ontario et dans d'autres secteurs du centre du Canada; cela a un impact sur la richesse des portefeuilles; cela a un impact sur les salaires au sein des industries secondaires et tertiaires de partout au pays", a-t-il dit.
Cet argent insuffle de la vigueur à d'autres secteurs, incluant ceux de la construction et des services dans le centre du Canada, a ajouté M. Carney.
Le gouverneur de la Banque du Canada a également affirmé que le système bancaire du pays faisait l'envie du monde entier, alors que les institutions financières des Etats-Unis et d'Europe demeurent embourbées dans les problèmes nés de la crise du crédit.
Selon le document de la Banque du Canada, le coût de l'emprunt a reculé de 0,75 point de pourcentage au pays depuis l'été dernier, au début de la crise du crédit.
Dans sa mise à jour du Rapport sur la politique monétaire, la banque centrale explique qu'une légère offre excédentaire est apparue dans l'économie au second trimestre de 2008, qu'elle devrait continuer d'augmenter durant le reste de l'année et qu'un retour au plein potentiel aura lieu vers le milieu de 2010.
Malgré tout, la fête des ressources naturelles commence à prendre certains airs de lendemain de veille au chapitre de l'inflation, notamment pour ce qui est des coûts du carburant.
La Banque du Canada souligne néanmoins que l'inflation sera passagère, passant de son niveau actuel de 2,2 pour cent à 4,3 pour cent au début 2009, avant de retomber au niveau-cible de deux pour cent d'ici la fin de l'an prochain.
Le ton général des huit pages de la mise à jour du Rapport sur la politique monétaire est positif, malgré la publication récente de certaines données économiques plus faibles.
Même pendant le recul de 0,3 pour cent du PIB au premier trimestre, le revenu intérieur brut a augmenté de 2,4 pour cent en taux annualisé grâce à l'amélioration de 8,1 pour cent des termes de l'échange - le prix des exportations par rapport au coût des importations.
Se retrouvant avec plus d'argent dans les poches, les Canadiens se sont remis à dépenser et continueront à stimuler l'activité économique, a noté la banque centrale.
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