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Journal Le Lac St-Jean
Le commentaire de France
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Quand on étire l'élastique, on étire la facture !

France Paradis par France Paradis
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Article mis en ligne le 4 mai 2007 à 12:05
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Quand on étire l'élastique, on étire la facture !
Quand un propriétaire de maison attend à l'extrême pour remplacer la toiture qui coule depuis quelques années déjà, bien souvent, il doit remplacer et la toiture et le toit, avec la facture qui l'accompagne. En janvier 1977, il y a plus de 30 ans, on révisait à Alma les documents d'urbanisme de la ville et l'on élaborait un nouveau schéma routier avec une première consultation publique sur une éventuelle voie de contournement Ouest pour dévier le trafic lourd de l'Avenue du Pont.
En septembre 1986, il y a donc 21 ans, on adoptait le schéma d'aménagement de la MRC Lac-St-Jean-Est avec comme projet, la construction de la voie de contour Ouest. Et, en décembre 1988, il y a 19 ans, Ville d'Alma adoptait son plan d'urbanisme avec la voie de contour Ouest. En juin 1989. Ville d'Alma obtenait une résolution d'appui de la MRC Lac-St-Jean-Est pour une tentative d'obtention d'une aide gouvernementale pour la réalisation de cette voie de contour Ouest.

En trois mots, c'est ça le projet de voie de contour Ouest à Alma. Ça fait 30 ans que le projet est dans les tiroirs de la ville et en mai 2007, on présente un projet final qui, lundi dernier, était encore estimé à 14 635 000 $.

Mercredi, avec l'augmentation de quelque 8 cents du litre d'essence et en tenant compte de l'inflation d'ici la fin de la réalisation des travaux à l'automne 2009, c'est certainement une somme de plus de 20 millions $ que les contribuables de Ville d'Alma auront déboursée pour régler un problème latent depuis 30 ans. Et dire qu'en 2005, on nous parlait d'un projet de quelque 6 M $.
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Ce qui me révolte et me répugne le plus en même temps, c'est le laxisme dont font preuve les administrations publiques envers des dossiers qui sont des évidences.

Comment se fait-il que la population d'Alma, de toute la MRC Lac-St-Jean-Est et tous ceux qui doivent transiter par la Ville d'Alma se retrouvent encore face à cette évidence que l'on ne peut concilier trafic lourd et circulation urbaine sur une rue principale comme l'Avenue du Pont ?

Comment se fait-il que les administrations qui se sont succédé à l'hôtel de ville d'Alma n'aient pas mis en priorité le dossier de l'Avenue du Pont ?

Comment se fait-il qu'en 1998, au lieu d'investir quelque 5 M $ pour rénover le réseau routier de la Ville d'Alma pour le mieux être de la construction de la nouvelle aluminerie Alma de la compagnie Alcan, on n'a pas pris cet argent (valeur de 1998) pour la construire cette foutue voie de contournement Ouest ?

Encore plus désolant, on savait alors pertinemment que la compagnie Alcan envisageait de transborder quelque 100 000 tonnes métriques de son métal gris produit à Alma vers ses centres de coulée à Saguenay.

Alcan venait de donner le signal que tous les jours, 24 heures sur 24, 365 jours par année, elle enverrait sur les routes de la région et plus particulièrement sur l'Avenue du Pont, une flottille de camions transbordant ce métal liquide.

J'ai encore en tête l'image de nos hauts dirigeants de Transcontinental, qui, en 2002, lors de l'acquisition du Journal, étaient venus nous rendre visite à Alma.

Lors d'une tournée de la ville, on avait alors inévitablement croisé l'un de ces immenses camions surmontés de deux grands « bols de soupe » comme les appellent amicalement les gens d'ici.

Quand je leur avais expliqué qu'il s'agissait de métal en fusion, à plus de 700 degrés, que l'on transportait de l'aluminerie Alma vers une usine de coulée à Saguenay, à quelque 50 kilomètres d'ici, ils n'en croyaient pas leurs yeux et leurs oreilles.

« Mais c'est complètement fou et dangereux ! Et les gens qui vivent avec ces camions-là à longueur d'année, ça n'a pas de bon sens. Et la sécurité, elle ? »

Ce furent les premiers commentaires de ces Montréalais qui découvraient la réalité d'une industrie lourde en milieu urbain. Ils auraient dit : « Ils sont fous ces Bleuets » que je n'aurais pas été surpris.
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L'ancien premier ministre du Québec, à la fin des années 50, Maurice Duplessis, avait bien saisi tout le pouvoir que pouvait donner le nouveau média naissant qu'était alors la télévision.

Il avait développé un sens inné de la visibilité. Duplessis disait qu'avec un bon projet, tu fais trois bons coups médiatiques: d'abord, tu l'annonces, puis, tu fais la levée de la première pelletée de terre et après, tu l'inaugures.
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Regardez bien aller nos politiciens dans ce dossier, vous allez rapidement réaliser que le « Duplessisme » est encore bien vivant en 2007.

En 2009, année électorale municipale, l'avenue du Pont va retrouver sa quiétude avec le détournement de quelque 238 000 camions sur cette voie de contour Ouest.

On verra alors sur quel dossier nos élus tenteront de nous endormir.

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