(Photo: France Paradis)
Val-Éo et Algonquin Power établissent une formule gagnante
Le projet éolien dans la Plaine d’Hébertville
L’entreprise Val-Éo, une coopérative regroupant les agriculteurs concernés par le développement éolien dans la MRC Lac-Saint-Jean-Est, poursuit sa stratégie de développement en s’associant à la société de développement des énergies renouvelables « Algonquin Power » afin de présenter un projet dans le cadre de l’appel d’offre pour l’achat d’énergie éolienne d’Hydro-Québec.
Ce partenariat s’inscrit en droite ligne avec les stratégies de développement des ressources naturelles du Saguenay—Lac-Saint-Jean au plan du contrôle local, des retombées économiques et du développement d’expertise.
« Les conditions de l’appel d’offre mis en place par Hydro-Québec font en sorte de favoriser les grandes entreprises, notamment en exigeant des garanties financières hors de portée pour les entreprises régionales. Val-Éo devait donc trouver un partenaire en mesure de satisfaire les exigences d’Hydro-Québec. La coopérative a mené un long processus avant de choisir un partenaire pour le développement du projet », selon le président de Val-Éo, Rémy Boulianne.
« Nous avions des exigences élevées; nous cherchions à obtenir de meilleurs revenus, mais nous exigions aussi de conserver au moins 50 % des actions votantes du projet en plus de garantir que la communauté régionale puisse investir. Nous avons discuté avec plus de dix entreprises mais très peu étaient prêtes à ce que Val-Éo conserve le contrôle sur certaines décisions fondamentales », de poursuivre le président.
D’ailleurs, présentement au Québec, les projets éoliens sont presque tous contrôlés par des grandes entreprises telles que TransCanada, Kruger et autres grands investisseurs corporatifs. Dans certains cas, les municipalités se voient offrir la possibilité d’investir, mais l’expertise et les décisions importantes sont prises par des promoteurs qui ne proviennent pas des régions.
« Notre partenariat avec Algonquin Power nous permet de garder notre autonomie, d’acquérir une expertise inestimable et de garantir que la région pourra profiter à fond de l’opportunité d’investir dans le projet éolien », d’expliquer le président Boulianne.
Algonquin Power est un joueur majeur au Canada dans la production d’électricité à partir de ressources renouvelables. L’entreprise possède notamment 48 centrales hydro-électriques, dont 13 au Québec seulement. Les titres d’Algonquin Power se transigent à la bourse de Toronto (APF.UN). Selon le vice-président au développement, Ian Robertson, le partenariat avec les communautés locales est un élément fondamental dans le succès de l’entreprise.
« Notre entreprise cherche à développer des partenariats gagnant-gagnant avec les communautés. Val-Éo apporte une solution novatrice pour permettre aux communautés locales de s’impliquer au maximum dans les projets éoliens et à notre avis, ce genre de façon de faire apporte beaucoup de solidité au projet », souligne Ian Robertson.
Forme d’entente
L’entente conclue confirme que Val-Éo possèdera en tout temps un minimum de 50 % des parts votantes de la nouvelle co-société et conserve la mainmise sur certaines décisions telles que la taille du projet. L’entente ne prévaut que pour le présent appel d’offre et advenant un refus d’Hydro-Québec, Val-Éo conservera son autonomie et sera libéré de tout engagement avec Algonquin Power.
De plus, les citoyens, les entreprises et les municipalités de la région se verront offrir la possibilité d’investir dans le projet si celui-ci est accepté par Hydro-Québec. Algonquin Power comblera la proportion des capitaux que les investisseurs régionaux n’auront pas souscrits.
« Les projets éoliens sont de très bonnes opportunités d’investissement et, pour une fois, les ressources naturelles régionales feront fructifier les portefeuilles régionaux d’abord et avant tout », ajoute Claire Boily, administratrice de la coopérative.
Val-Éo et Algonquin Power ont déposé des propositions aux municipalités locales et à la MRC afin de leur offrir une opportunité privilégiée d’investir dans le projet si celui-ci est accepté par Hydro-Québec.
« Val-Éo demeure le propriétaire des tours de mesure des vents et des contrats avec les propriétaires fonciers mais à partir de maintenant, nous payons chacun 50 % des dépenses requises pour préparer le document d’appel d’offre. Algonquin Power apporte son expertise dans l’éolien et la solidité financière requise, alors que Val-Éo se charge de coordonner le projet avec la communauté locale », de renchérir Ian Robertson d’Algonquin Power, qui affirme également qu’un vrai travail d’équipe s’est installé.
D’autre part, pour Patrick Côté, directeur général de Val-Éo, un autre avantage majeur de l’entente est le développement d’expertise locale.
« Les gens d’Algonquin Power possèdent des compétences très élevées mais Val-Éo est impliqué à chaque étape du projet et nous acquérons grâce à eux une compréhension approfondie du développement éolien. On partage les scénarios financiers, on discute du choix des fournisseurs, etc... Ce genre d’expertise n’a pas de prix et est essentielle pour pouvoir prendre le taureau par les cornes dans le cadre du développement de nos ressources énergétiques », affirme Patrick Côté.
Parmi les étapes que le projet doit franchir avant le 18 septembre, mentionnons le vote des membres de Val-Éo en faveur du projet. En effet, aucun projet sur les terres des membres ne peut aller de l’avant sans que les membres votent majoritairement en sa faveur.
« Nous voulons nous assurer un maximum de transparence et de démocratie dans la gestion des droits éoliens des membres et ce genre de vote est obligatoire selon nos règlements internes » de conclure le vice-président de Val-Éo, Yvan Morin.