Aides fiscales: la région doit garder le bouclier levé
Jeudi après-midi, le Groupe de travail sur les aides fiscales aux régions-ressources et à la nouvelle économie était de passage au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Et, comme on dit par chez nous, les membres du comité étaient attendus avec une brique et un fanal par un nombre impressionnant d’intervenants de la région qui réclament haut et fort le maintien de ces mesures fiscales pour aider les régions plus éloignées.
La première partie des rencontres s’est déroulée en privé et une période de consultations publiques a suivi.
Ce groupe de travail a été mis sur pied par le gouvernement du Québec, le 27 juin dernier. Il a pour mandat, d'une part, de faire le point sur les aides fiscales aux régions ressources et à la nouvelle économie et sur leur impact et, d'autre part, de proposer les meilleures orientations à suivre pour le développement des territoires et secteurs d'activité spécifiques concernés.
Les recommandations qui en résulteront seront remises au gouvernement en décembre prochain.
Cependant, d’ici ce temps-là, il y a beaucoup d’eau qui va couler en dessous du pont, car il y a des entrepreneurs, au Centre du Québec, notamment, qui ne digèrent pas du tout que l’on puisse bénéficier d’un pareil traitement. Ils affirment être dans la même situation et demandent que ces aides fiscales nous soient retirées pour une question d’équité entre les régions administratives du Québec.
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Non, ce n’est pas le temps de baisser le bouclier. Bien au contraire, tout le monde doit se rallier derrière un organisme économique, politique ou syndical afin de réclamer non seulement le maintien, mais même l’extension des aides fiscales au-delà de 2009.
Pour un, le Regroupement des chambres de commerce du Saguenay–Lac-Saint-Jean était présent lors de la consultation publique afin de défendre les intérêts de leurs milliers de membres. Le Regroupement est composé des Chambres de commerce de Saguenay, de La Baie, de Lac-Saint-Jean Est, de Roberval, de Saint-Félicien, de Normandin et de Dolbeau-Mistassini. Il réunit plus de 2500 membres et oeuvre sur des prises de position et des projets d’envergure régionale, afin d’aider au développement économique.
La remise en question des aides fiscales aux régions ressources est le résultat de pressions constantes de la part d’entreprises et d’organismes des régions du Centre du Québec, afin d’abolir ces mesures fiscales.
Le Regroupement des chambres de commerce a présenté ses recommandations. De plus, les démarches réalisées par le Regroupement des chambres de la région seront transmises à la Fédération des chambres de commerce du Québec. Le débat va rapidement prendre une ampleur provinciale et ça risque de faire des remous.
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De l’autre côté, il y a la nouvelle coalition pour mettre fin à la concurrence déloyale causée par les subventions aux régions. Au départ, le nom est très évocateur et en dit long sur les intentions.
Dans leur argumentation, les membres de cette coalition affirment « qu’aider les régions en difficulté, c'est très important. Mais le faire au détriment des régions dynamiques, cela n'a pas de bon sens. Pour mettre fin à la concurrence déloyale, nous revendiquons une véritable politique manufacturière axée sur l'entraide équitable. »
Des hommes d’affaires influents du Centre du Québec ont lancé officiellement, cette semaine, à Québec, la Coalition des régions pour l'entraide économique équitable (CREÉÉ), un nouvel organisme regroupant les entreprises, groupes et municipalités de toutes les régions qui veulent remplacer la politique de concurrence déloyale actuelle de Québec par une politique d'entraide équitable entre régions dynamiques et en difficulté, pour une prospérité durable.
À titre d’argument, on cite une étude toute récente réalisée par la firme KPMG et qui démontre que durant la période 2001-2005, le nombre d'entreprises dans le secteur manufacturier en régions centrales et métropolitaines a chuté de 308, soit 3,5 %, alors que celui des entreprises bénéficiaires en régions ressources a augmenté au même moment de 111 soit 10,3 %.
On souligne également que les valeurs d'entraide sont très fortes au Québec. Mais pour que l'aide aux régions en difficulté soit durable, celle-ci doit s'appuyer sur la richesse des régions dynamiques, et non l'étouffer comme c'est le cas actuellement.
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Facile de comprendre que le débat va se jouer très serré et que les enjeux sont de taille. On risque même, après le bouclier, de devoir sortir l’armure au complet !