(Photo: Les Archives)
Crise forestière: un front commun d’élus contre le désengagement des gouvernements
Manifestation lundi à Jonquière
Un front commun composé d’élus, de travailleurs et de la population se dresse contre le désengagement des gouvernements face à la crise forestière. Dans cet esprit, un mouvement de mobilisation se tiendra lundi prochain le 16 mars, à 14 h, devant les bureaux du député du comté Jonquière-Alma et ministre du travail Jean-Pierre Blackburn, à son bureau de Jonquière, auquel les organisateurs invitent aussi à venir les rencontrer Denis Lebel, ministre responsable de Développement économique pour le Québec.
Ce front commun régional regroupe tous les acteurs de l’industrie forestière, de « l’abattage au produit fini », sylviculteurs, transporteurs, usines, scieries, producteurs privés, ect…
« Même si certains ont réagi par incompréhension ou par partisannerie, en qualifiant notre cri du cœur d’inutile et d’excessif, nous souhaitons que notre appel soit entendu par nos collègues élus régionaux et surtout par la population ainsi que de nos ministres régionaux », soulignent les signataires de l’invitation, Gilbert Simard, maire de Saint-Fulgence; Martin Morissette, président du Syndicat scierie de Saint-Fulgence CSD; Jean-Marc Crevier, représentant régional FTQ et Pierre-Maurice Gagnon, SPB Sag-Lac (Forêts privées)
Les centrales syndicales feront front commun dans cette marche ultime, FTQ, CSN, CSD, SPB et plusieurs organismes régionaux ont manifesté leur appui et à cette manifestation et y ont confirmé leur présence. On y convie également toutes les personnes et organismes adhérents à cette cause à participer.
« En espérant que cette invitation soit entendue aussi par les cadres des installations forestières de toute la région. C’est une question de survie pour la région et certaines communautés rurales. Soyons solidaire », lancent les organisateurs.
Priorité aux gens
Ce front commun se manifeste au moment ou le ministre Denis Lebel publie une importante mise au point dans le dossier de la crise forestière où il accorde la priorité aux gens et non à la politique partisane.
Le ministre d’État de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec et député du comté Roberval—Lac-Saint-Jean, Denis Lebel, tient ainsi à rappeler aux citoyens de son comté et de la région son total engagement à les aider à traverser cette période difficile.
Devant des perspectives qui n’annoncent rien de bon à court terme, Denis Lebel croit qu’il est plus important que jamais de travailler en concertation et de faire preuve de solidarité afin que les effets de cette conjoncture défavorable aient le moins d’impacts négatifs possibles dans la population.
Du même souffle, le ministre revient sur les critiques formulées par le Bloc quant au soutien du gouvernement à l’industrie forestière.
« Pour apprécier une œuvre, il faut la regarder dans son ensemble. On oublie vite que notre gouvernement a réglé le différend avec les États-Unis dans le dossier du bois d’œuvre, ce qui a rapporté des revenus de cinq milliards de dollars aux entreprises. Contrevenir à cette entente engendrerait des répercussions pires que la crise elle-même. On l’a vu avec la pénalité de 68 millions de dollars imposée récemment à l’industrie forestière, qui croyait, de bonne foi, respecter les quotas. Le tribunal nous a dit le contraire. On va tous admettre que 68 millions de dollars de pénalités en période de crise, ce n’est pas une bien bonne nouvelle », souligne Denis Lebel.
Dans cette perspective, le rôle du gouvernement est de faire en sorte qu’il y ait une reprise de l’économie, lance Denis Lebel.
« La reprise au niveau de l’industrie forestière est principalement liée à la demande de nos voisins américains. C’est essentiellement une question de marché, les acheteurs se font rares. Nous avons la capacité d’agir dans différents secteurs et nous agissons. Entre autres, nous provoquons la demande en mettant de l’avant des programmes visant à stimuler la rénovation et la construction et nous investissons dans l’innovation et le développement de marchés », constate-t-il.
Le ministre rappelle que dans le Plan économique déposé le 27 janvier dernier, 170 millions de dollars sont prévus pour des projets novateurs et le développement de nouveaux marchés pour la forêt.
« Nous avons aussi créé un Fonds d’adaptation des collectivités touchées par la crise économique d’un milliard de dollars dont plus de 200 millions iront au Québec et seront gérés par le ministère que je dirige. Nous avons gelé les taux de cotisation à l’assurance-emploi et prolongé la durée d’éligibilité de 5 semaines. Nous avons ajouté 500 millions de dollars pour soutenir les prestataires qui souhaitent suivre une formation de longue durée et avons assoupli et allongé de 14 semaines le programme de travail partagé » affirme le ministre Lebel.
Naturellement, Denis Lebel ne manque pas l’occasion de taper sur le clou du Bloc Québécois et Robert Bouchard qui souhaiteraient que le gouvernement prenne le risque d’aller à l’encontre de l’entente sur le bois d’œuvre pour régler la crise, quitte à ce que l’industrie paie le même genre de pénalités qui l’a mise à mal il y a trois ans.
« Le Bloc et ses alliés ont choisi de faire de la petite politique sur le dos des travailleurs. C’est leur choix. Est-ce que le Bloc est conscient que son acharnement et son entêtement partisan sur cette question risquent de torpiller l'entente sur le bois d'œuvre ? Demandez aux travailleurs du secteur forestier si cela ferait leur affaire ? Mon objectif est plutôt de travailler avec des gens qui cherchent des solutions aux difficultés économiques mondiales qui ont des répercussions chez nous. Je fais et j’ai toujours fait de la politique pour le développement économique de mon milieu. Je choisis de rassembler plutôt que de diviser », de conclure Denis Lebel.