Vers la gratuité des médicaments pour les aînés à faible revenu
Le regroupement volontaire de personnes de 50 ans et plus, la FADOQ - Mouvement des Aînés du Québec, reçoit avec une relative satisfaction l'annonce de l'élargissement de la gratuité des médicaments à de nouvelles catégories de personnes à faible revenu, dont les personnes âgées qui reçoivent au moins 94 % du supplément de revenu garanti.
Telle est la réaction du plus important organisme du genre au Québec suite à la récente annonce, par Le ministre de la Santé et des Services sociaux, qui a finalement dévoilé la teneur de la nouvelle Politique du médicament dont il vient de doter le Québec.
Ainsi, à partir du 1er juillet prochain, ce sont donc près de 30 000 aînés vivant avec un revenu moyen de 13 000 $ qui seront exemptés de payer leurs médicaments. Toutefois, ces personnes ne représentent qu'une partie des aînés dont les revenus annuels sont inférieurs au seuil de faible revenu délimité par Statistique Canada (16 640 $).
Une prochaine étape devra conduire le gouvernement à rétablir la gratuité des médicaments aussi pour ces 350 000 aînés à revenu modeste afin de ne pas les placer devant le choix de sacrifier leurs médicaments à l'achat d'autres biens essentiels.
La FADOQ croit également que les propositions concernant les demandes d'autorisation pour un médicament d'exception mériteraient d'être examinées de plus près. La Politique indique qu'il sera possible de remplacer les formulaires actuels, réputés pour leur lourdeur administrative et le délai dans leur traitement, par un système de codes permettant un meilleur accès des patients à un médicament d'exception parfois indispensable à leur santé. Il est d'ailleurs de bon aloi que la Politique rappelle clairement l'interdiction d'imposer des frais à un patient qui doit recevoir un tel médicament d'exception.
Au chapitre de l'utilisation optimale des médicaments, l'organisame croit que l'informatisation du réseau de la santé et des services sociaux permettra d'éviter les interactions médicamenteuses indésirables en centralisant les informations contenues dans le dossier du patient. La Politique suggère également de nouvelles avenues telles que la révision de la médication à domicile ou l'envoi du profil de prescription, qui semble fort prometteuses pour conduire à une meilleure utilisation des médicaments.
« Toutefois, si le ministre souhaite assurer un meilleur suivi de la médication pour les patients à domicile, il va sans dire que le nombre de médecins de famille devra être revu à la hausse car ce suivi relèvera d'une collaboration entre le médecin de famille d'un patient et un pharmacien de son choix. Actuellement, un Québécois sur trois n'a pas accès à un médecin de famille. Enfin, l'idée d'évaluer les habitudes de prescription des médecins apparaît fort pertinente, comme elle permettra de comparer leurs pratiques avec les standards actuels », soutient l'organisme.
La FADOQ affirme que la Politique du médicament que vient de déposer le ministre doit être considérée comme le premier pas d'une démarche fondée sur la justice sociale qui devra assurer la gratuité des médicaments aux plus vulnérables de la société.
Autre réaction
D'autre part, l'Atelier de formation L'encrier d'Alma, se réjouit suite à l'annonce, faite par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, d'étendre la gratuité des médicaments à toutes les personnes assistées sociales et aux personnes qui reçoivent au moins 94 % du supplément de revenu garanti.
« C'est une grande victoire pour les personnes en situations de pauvreté et les groupes sociaux qui ont menés des luttes en ce sens. Cependant, tout n'est pas encore gagné. La gratuité des médicaments se doit d'être accordée à toutes personnes dont les revenus sont inférieurs à 12 000 $/ an, quelle que soit la source de revenus. On pense ici aux étudiantEs, aux travailleurs et travailleuses à faible revenus, aux personnes qui reçoivent des pensions de toutes sortes, etc... » souligne l'équipe de l'Atelier de formation L'encrier.
C'est pourquoi l'organisme entend continuer d'unir les forces et poursuivre collectivement les luttes afin d'améliorer les conditions de vie de toutes ces personnes.