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Article citoyen :
SUJET QUI FACHE?





Publié le 10 Novembre 2011
Publié le 10 Novembre 2011
Abdelmadjid ADOUR

SUJET QUI FACHE ?

Certains, il s’agit surtout de ne pas généraliser, parmi ceux qu’accueille le Québec et qui s’y sont établis, parlent épisodiquement de refus de l’autre ou pour employer un terme un peu excessif, de ségrégation ou de comportement discriminatoire des Québécois vis-à-vis d’eux.

(Enquête citée en fin d’article)

En réalité, les Québécois sont très respectueux de la façon d’être et de penser des autres, de leur religion ou de la couleur de leur peau et le seul critère légitimement exigé est le respect des lois en vigueur quand on arrive chez eux. Les Québécois aiment aller à la rencontre de l’autre, ils ont tant et tant à échanger et ce n’est guère tel ou tel sondage qui utilise tous les subterfuges possibles pour se vendre, qui les fera changer de comportement vis-à-vis de leurs invités. Mais soyons raisonnables ! Les Québécois forment une nation et ne peuvent pas non plus disparaître en tant qu’entité distincte et spécifique seulement parce qu’il faut plaire aux autres. La légitimité de garder des spécificités dans l’utilisation de la langue de Molière et les particularités dans l’accent propre aux Québécois peut  paraitre aux arrivants comme un refus du français de France ou des pays officiellement francophones tel qu’il est parlé normalement là-bas. Ce rejet des Québécois d’une langue trop rigide est parfois si exacerbé que d’aucuns refusent de parler un français non québécois. Pourtant, s’il y a un endroit au monde où la langue française est le mieux défendue, c’est bien au Québec !  La langue française comme dénominateur commun contribuerait-elle dès lors au refus de l’autre alors qu’en théorie et logiquement elle doit être un vecteur de rapprochement ?  Les Québécois ont horreur de recevoir des leçons de français. Des personnes françaises ou non françaises mais largement francophones et francophiles ont eu parfois à être priées de ne pas trop pavoiser  en donneurs de leçons de français au Québécois.  Justement, ce qu’il faudra reprocher aux francophones et aux français en particulier établis au Québec, c’est cette propension à se croire tenu de donner des leçons aux Québécois aussi bien en linguistique qu’en économie et société

Il y en a qui dès leur arrivée au Québec se croient en droit d’être hautainement paternaliste, de corriger, d’expliquer des expressions, d’imposer des locutions, d’exiger une certaine manière de prononcer les choses, bref, de se sentir en terrain conquis alors que la moindre déontologie consisterait à être humble devant son amphitryon et à l’accepter tel qu’il est

En réalité le Québec a certes besoin d’apport humain et toujours plus de savoir-faire pour le développement de son immense territoire mais le pays est déjà une société de consommation nantie et fondée sur la recherche permanente du bien-être et du confort. Un pays qui se garde jusqu’à preuve du contraire de subir les fléaux et la tyrannie de la vie facile et autres moyens sophistiqués d’existence, du luxe et des paillettes, qui essaie d’éviter le chômage et la misère de ses autochtones entre autres couches de sa population. Un pays qui travaille. Il faut reconnaître par ailleurs au Québec une certaine affabilité dans les relations sociales, un certain goût de bien vivre, une fierté d’être québécois et surtout son exigence perpétuelle de la performance et du mérite, seuls critères finalement en cours pour parvenir dans la hiérarchie.  Alors, il va de soi, les leçons peuvent être légitimement  mal perçues dans la mesure où elles viennent de quelqu’un qui a quitté sa contrée pour s’établir ici laissant derrière lui un pays endetté, une société éprouvée, des employés en grève à longueur d’année, des hommes politiques corrompus, des difficultés énormes pour trouver du travail, un logement etc. ( la liste est longue)……La plupart du temps, si on vient s’installer au Québec c’est parce que on recherche paix, stabilité et bien être.

Une petite fable:

Un jour un érable sycomore vit arriver chez lui une petite touffe de gazon. Épuisée par un long périple, la touffe demanda à l’érable de l’autoriser à se reposer un peu à son pied. L’érable peiné par l’état de la touffe d’herbe éreintée ne se fit pas prier et permit affablement à la nouvelle venue à s’établir à ses pieds pour un moment. « Le temps pour la touffe de gazon de récupérer des forces et partir », se dit-il. Quelque temps passa et la touffe bien installée, revigorée, sembla refuser de partir. Bien au contraire, elle se plaisait tellement qu’elle devint si envahissante et elle occupa bientôt toute la surface du sol environnant l’arbre. Ce dernier commença à sentir qu’il étouffait, ses racines ne communiquaient plus avec l’air naturel et ressentaient un effet d’asphyxie. Cela fit réagir l’érable qui demanda alors à la désormais tentaculaire touffe de gazon de partir et de le laisser respirer.                                                                                                                                         -Que non ! lui répondit catégoriquement l’intruse, depuis le temps que j’occupe cet espace, il m’appartient désormais et je ne bougerais plus jamais d’ici. L’érable insista et expliqua à la touffe qu’il était là bien avant elle.                                                                                                                                                -Qui te croira  répondit-elle ? Venons donc dénombrer nos racines respectives et tu verras que tu es loin du compte !

                Est-il moral de trouver à critiquer la conduite de celui qui vous héberge, qui vous nourrit, qui vous habille, qui vous soigne, qui vous paie, qui met à disposition les bienfaits de l’école, qui vous permet de vivre heureux en veillant à votre sécurité et à celle de vos enfants etc.                                                                                                                                            Les chats, c’est connu, font l’amour et crient en même temps !

                                                                                                                                                                                                Jean-Jacques Rousseau disait  si bien :                                                                                                 « Je me sens le cœur ingrat par cela seul que la reconnaissance est un devoir »

 Abdel  ADOUR

 

 

**  Se  référer à l’enquête  réalisée sur  le sujet (depuis un bon bout de temps déjà) par L'institut Léger Marketing mandaté par le Journal de Montréal, le réseau de télévision TVA et la station de radio 98,5FM.

 

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