Adoland à Alma : entrez dans la chambre de votre ado

Publié le 14 avril 2017

L’exposition est présentée gratuitement jusqu’au 28 mai.

©Photo TC Media – Francis Laroche

ADOLESCENCE. L’exposition Adoland est de passage au centre d’art actuel Language plus à Alma. Ayant attiré de nombreux curieux à travers la province, l’œuvre de la photographe Caroline Hayeur propose de jeter un coup d’œil sur la chambre de l’adolescent québécois.

Désordonnée, inaccessible, chaotique… Voilà le genre de cliché qui résonne souvent quand il est question de la chambre à coucher de l’être humain en pleine puberté. Seulement, comment ces mêmes êtres humains perçoivent-ils cet endroit dont ils ont la responsabilité ? C’est exactement la question que s’est posée Mme Hayeur avant d’entreprendre son projet en 2011.

La photographe montréalaise s’est déplacée pendant près de cinq ans à travers le Québec afin de documenter les chambres de 38 jeunes et moins jeunes issus de différents milieux. Elle propose d’ailleurs quelques clichés d’anciennes chambres conservées intactes après le départ des enfants.

De la chambre refuge à l’atelier de travail, les 38 modèles, dont quatre viennent de la région, partagent tous ce qu’ils pensent de ce lieu et la manière dont ils l’occupent. «La chambre est un prétexte, mentionne-t-elle. Grâce à cette thématique, on peut aborder toute sorte de sujets de société et en apprendre beaucoup sur une personne.»

La chambre est souvent le premier lieu que l’on s’approprie»

Caroline Hayeur

Cette intrusion dans le monde de l’adolescence lui a confirmé à quel point les émotions avaient beaucoup d’importance à cette étape ou la personnalité commence à se développer. « C’est très important que les parents prennent le temps d’écouter leurs enfants, car c’est une période qui peut marquer une vie entière », rappelle la Mme Hayeur.

Adoland-Gaspésie – Le film

Outre la photographie, l’exposition propose également un web-documentaire d’une trentaine de minutes réalisé par l’artiste. Celui-ci met en vedette huit jeunes de la péninsule gaspésienne qui présentent leur chambre, mais aussi leur vision de la vie et du futur.

Supportée par La Fabrique culturelle de Télé-Québec et le Conseil des arts et des lettres du Québec pour ce projet, l’artiste a remis un iPad à chacun des participants afin qu’ils répondent à une liste de questions et qu’ils documentent ce qu’ils avaient envie de partager. «On se rend compte qu’ils ont un besoin d’écoute», mentionne Mme Hayeur.

Le web-documentaire «Adoland Gaspésie, Ma chambre c’est mon territoire», est disponible en web diffusion sur le site Internet de La Fabrique culturelle.

©Photo gracieuseté

Invitation à la population

Si vous vous êtes promené dans le bas de la rue Collard, à Alma, et que vous êtes passé devant la gallérie Langage plus, vous avez peut-être aperçu une mosaïque de photos. La photographe propose en fait à la population de contribuer à cette mosaïque en y ajoutant une photo de leur adolescence.