« J'ai eu ma leçon et je vais me reprendre en main » — Pascal Pilote

Libéré sous de sévères conditions


Publié le 14 mars 2017

Pascal Pilote a plaidé coupable et repris sa liberté sous de sévères conditions.

©Photo: TC MEDIA - france Paradis

COUPABLE. L'homme d'affaires et conseiller municipal almatois, Pascal Pilote, a plaidé coupable aux accusations de harcèlement criminel et d'avoir contrevenu à une de ses conditions de libération. « J'ai eu ma leçon, ça m'a réveillé et je vais me reprendre en main, je vous le promets », a-t-il lancé au Juge Jean Hudon de la Cour du Québec, Chambre criminelle, avant que ce dernier ne prononce, sous de sévères conditions, sa remise en liberté.

Je n'acceptais pas la séparation, mais là, je comprends mieux. — Pascal Pilote

Dès dimanche prochain, le 19 mars, Pascal Pilote devra se présenter au Centre La Futaie, à Saguenay, un centre de thérapie privé pour homme et femmes. La thérapie débute par une évaluation psychologique et psychomédicale pour dresser un plan d'intervention spécifique. Pendant 30 jours, il devra se soumettre à une sévère thérapie en compagnie d'un psychologue et un médecin afin de prendre conscience de son côté violent qui l'a amené à commettre des actes répréhensibles de violence conjugale ces dernières années, ce qui a conduit aux accusations de harcèlement criminel.

Cependant, dès jeudi, il sera de retour devant le tribunal afin de procéder dans l'autre dossier où il est accusé de voies de fait et de menaces de mort envers un autre homme d'affaires d'Alma, des événements qui remontent à juin dernier, à la Brasserie Mario-Tremblay.

Négociations

De toute évidence, la remise en liberté de Pascal Pilote a fait l'objet d'intenses négociations depuis jeudi dernier, moment où il a été arrêté à son domicile à Alma par la Sûreté du Québec. Après interrogatoire au poste de Saguenay, il avait comparu en fin de journée à Alma devant le Juge Jean Hudon qui avait alors ordonné sa détention jusqu'à ce mardi

Du côté de la Couronne, Me Mélanie Paré, a notamment rappelé que les événements remontaient à 2011. La séparation physique du couple est survenue en 2013, mais Pascal Pilote aurait continué son harcèlement à l'endroit de son ex-conjointe. Notamment, celle-ci a remis en preuve des enregistrements de conversations téléphoniques où les propos laissaient craindre pour sa sécurité.

Face à ces preuves accablantes, Pascal Pilote a plaidé coupable et son avocat, Me Charles Cantin, a demandé la confection d'un rapport présentenciel.

Me Charles Cantin, en Défense, a négocié les termes de la remise en liberté de son client.

©Photo: TC MEDIA - France Paradis

« Ce rapport permettra de mieux connaître M. Pilote et comment il est un actif pour la société », a-il expliqué au juge Hudon.

Ce dernier, se tournant vers Pascal Pilote, a validé son choix de plaider coupable, avec les conséquences que cela entraînera, tout en lui demandant si le séjour en prison l'avait fait réfléchir.

« J'admets les faits. J'ai eu ma leçon et ça m'a réveillé. Je n'acceptais pas la séparation, mais là, je comprends mieux. Je vais tout faire, car je veux redevenir un actif positif pour la société », a lancé Pascal Pilote du box des accusés.

Pour la confection du rapport présentenciel, la cause a été reportée au 7 septembre prochain.

En plus d'un dépôt de 3000 $ en argent, une caution de 2000 $ de la part d'une amie, l'obligation de résider à un endroit précis, de se présenter à sa thérapie, de ne pas communiquer avec toute une série de personnes reliées au dossier, de ne pas consommer alcool ou drogues et fréquenter les bars et discothèques, Pascal Pilote a repris sa liberté.

Quant à l'avenir de Pascal Pilote comme conseiller municipal, son avocat a mentionné que son client avait entamé une réflexion sur le sujet et que l'on devrait en apprendre dans les prochains jours sur sa décision de continuer ou de démissionner.

Rappelons que pour ne plus être éligible à sa fonction de conseiller, Pascal Pilote devra être reconnu coupable et sanctionné pour une peine d'au moins deux ans de pénitencier.

Me Mélanie Paré de la Couronne a rappelé que le harcèlement criminel durait depuis quelque six ans.

©Photo: TC MEDIA - France Paradis